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Carburant : la crise se poursuit

La population haïtienne continue de payer les frais dans la lutte entre la classe des oligarques et le régime en place. La situation n’est pas encore revenue à la normale dans toutes les stations-services en Haïti, qui sont en rupture de carburant dans tous les départements du pays. Dans certaines régions en Haïti, le précieux liquide se vend dans les rues à plus de 500 gourdes le gallon, notamment à l’Anse-A-Veau. Ce sont les plus pauvres qui paient les frais des querelles entre l’oligarchie rapace haïtienne et le clan Jovenélien, pour le contrôle de ce secteur. Les compagnies pétrolières veulent avoir l’autorisation d’importation. Le torchon brûle entre le BMPAD et les compagnies pétrolières pour le contrôle de l’intermédiation dans le secteur. Le directeur du Bureau de Monétisation de l’Aide Publique au Développement (BMPAD), Paul Ignace Saint-Fleur, a fait savoir que le problème réside dans l’incapacité des compagnies locales à verser les fonds en dollars américains. C’est un problème qui risque de perdurer puisque, selon un dirigeant de l’ANADIPP avait déclaré que les compagnies paient en gourdes puisqu’ils ont vendu en gourdes. En outre, le Forum économique demande au gouvernement de libéraliser l’importation des produits pétroliers. « La population et les entreprises haïtiennes font face, sur l’ensemble du territoire, et ce, depuis plusieurs semaines, à de sérieuses difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers. Cette situation affecte la fourniture d’énergie électrique ainsi que la production de nombreuses entreprises. Elle perturbe le fonctionnement régulier des stations d’essence et crée un sentiment d’incertitude, dangereux pour la stabilité des prix. Pour remédier à ces pénuries chroniques, les ventes en bidon d’essence et de diesel au bord des routes se multiplient à des prix, de 3 à 5 fois plus élevés qu’en stations-service. Ces prix anormalement élevés ne font que renforcer la frustration de la population qui doit supporter, par ailleurs, l’inflation et la hausse des prix des produits de première nécessité », a écrit le Forum économique dans une note de presse, le jeudi 17 janvier. De plus, le ministre des Finances, Ronald Décembre, souhaite conserver le BMPAD en tant que régulateur, mais assure que l’autorisation d’importation par les compagnies est à l’étude. Par ailleurs, de nombreux taxi-motos haïtiens franchissent la frontière et se rendent à Dajabón en République Dominicaine, pour s’approvisionner en carburant. Si plusieurs affirment que: sans essence, ils ne peuvent plus travailler, d’autres reviennent 6 à 7 fois dans une même journée, pour obtenir du carburant, soit pour faire des réserves, approvisionner d’autres collègues ou plus simplement, pour alimenter le marché parallèle, très lucratif, de vente de carburant sur les trottoirs en Haïti. « Sans essence, il n’y a plus de travail, c’est pourquoi nous traversons en territoire dominicain pour nous approvisionner. Je suis entré trois fois et, si j’arrive à revenir d’autres fois, je le ferai, car la situation est grave » a déclaré un chauffeur de moto haïtien qui faisait la file avec d’autres compatriotes, à la station-service à l’entrée de Dajabón.

Par ailleurs, le vendredi 18 janvier, au Parc Ste-Thérèse de Pétion-Ville, lors du lancement des jeux sportifs par Edwing Charles, le ministre de la Jeunesse et des Sports, le Président Jovenel Moïse, le menteur avec aplomb, qui était accompagné de son épouse Martine, a été empêché de prendre la parole par les milliers d’élèves venus aux lancements et qui scandaient en cœur : « Nou pa gen kouran Jojo ».

Emmanuel Saintus

 

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