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Quelle honte! pour la nation haïtienne

L’esclave a choisi son maître. L’esclave du Palais national a parlé, il a tranché en faveur de son maître, le proconsul. Pour une toute première fois, les sales ordures peuvent se dire supérieures à certaines créatures. Le vote d’Haïti contre le Venezuela à l’OÉA fait de Jovenel Moïse un encombrant fatras, a dit Réginald Souffrant. Jovenel Moïse a condamné la Nation devant le monde, pour sauver sa peau devant les États-Unis. Quelle honte, pour la nation haïtienne! Haïti tourne le dos à Nicolas Maduro. Haïti, par la voix de Jovenel Moïse, un inculpé au Palais national, ne reconnaît pas la légitimité de Nicolas Maduro comme président réélu du Venezuela. Jovenel Moïse a voté contre la légitimité de Nicolas Maduro. Le vote a eu lieu à Washington, le jeudi 10 janvier, dans le cadre d’une séance à l’extraordinaire du Conseil permanent, où les pays membres de l’Organisation des États Américains étaient conviés à statuer sur la situation de crise qui prévaut à la République Bolivarienne. 19 pays dont Haïti ont voté pour l’adoption de la résolution visant à ne pas reconnaître la légitimité de Nicolas Maduro comme président réélu du Venezuela. 6 ont voté contre et 8 ont fait abstention, dans le cadre de cette séance à l’extraordinaire, décisive, recommandée par les missions permanentes de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, des États-Unis, du Guatemala, du Paraguay et du Pérou. Bien avant le vote, des informations qui circulaient faisaient croire qu’Haïti subissait des pressions de la part des États-Unis pour orienter son vote dans le sens de la résolution. À travers ce vote, Jovenel Moïse a choisi de tourner le dos à un allié historique et économique. L’accord PetroCaribe en dit long sur la sincérité des liens d’amitié existant entre Haïti et le Venezuela. Contrairement à ce que l’opposition et la grande majorité de la population haïtienne espéraient, Haïti s’est rangée aux côtés de 18 autres pays votant contre le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le jeudi 10 janvier 2019, lors de la réunion du Conseil permanent de l’OEA. Par cet acte, le pays « ne reconnaît pas la légitimité de Nicolas Maduro, réélu pour un second mandat en mai 2018. Selon le ministre des Affaires Étrangères d’Haïti, Bocchit Edmond, cette position résulte de la dynamique des discussions, puisque Haïti ne détenait pas de « position arrêtée » bien avant la tenue de cette réunion du Conseil. «Cela aura des lourdes conséquences sur les relations haïtiano-vénézuéliennes. La position d’Haïti aura de grandes conséquences », a prédit Jean-Charles Moïse. Selon le leader de Pitit Dessalines, en tout premier lieu, le pays perdra la confiance des autres États de l’hémisphère. Ensuite, dit-il, ce geste ne sera pas sans conséquence sur les relations diplomatiques entre les deux pays. « Haïti a raté l’occasion d’un vote historique et de se montrer solidaire avec ce pays qui l’a tellement soutenu », déplore l’ex-sénateur du Nord. « Le vote d’Haïti contre la République du Venezuela est un vote fratricide et ingrat. C’est un acte qui rappelle Caïn et Judas. Haïti, dans cette situation honteuse, doit se sentir inconfortable et ne pourra, en aucun cas, en tirer bénéfice. Le crime fait la honte et non l’échafaud, » a déclaré l’ex-ministre de l’Environnement, Pierre Simon Georges. Pour sa part, le Secrétaire général de la Plateforme de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) déclare qu’il ne s’agit que de tractations. «Cette résolution prise dans le cadre de la première rencontre extraordinaire de l’OEA pour l’année 2019, ne vise que la déstabilisation et l’anarchie au Venezuela», dit-il. Camille Charlmers voit dans cette décision une volonté des pays impérialistes à isoler le Venezuela sur la scène internationale. Pour lui, les élections qui ont porté Nicolas Maduro au pouvoir étaient transparentes et crédibles. Et, ce n’est pas à l’OEA de les remettre en question. En mars 2017, lors d’une rencontre de l’Organisation des États américains, Haïti avait pourtant apporté son soutien au peuple vénézuélien, dénonçant le rapport du secrétaire général de l’OEA qui appelait à la suspension de la République bolivarienne de l’organisation et à des élections anticipées au Venezuela. Ensuite, le 23 mai, le président Jovenel Moïse avait salué la réélection du président Maduro. Dans sa déclaration, le jeudi 10 janvier, le Représentant d’Haïti à l’OEA, Léon Charles, a indiqué que « la République d’Haïti croit fermement que le triomphe de la gouvernance démocratique demeure la voie royale, en vue de faire face à la situation de crise qui prévaut au Venezuela». Pour Nicolas Maduro, il n’en est pas question. «Je laisse 48 heures aux gouvernements du groupe de Lima pour rectifier leur politique interventionniste et grossière». S’ils ne veulent pas obtempérer, le chef de la République Bolivarienne promet de prendre des mesures diplomatiques sévères et urgentes, en vue, dit-il, de défendre l’intégrité, la souveraineté et la dignité du Venezuela. « Une lettre de protestation a été adressée à tous les gouvernements du Groupe de Lima, dans laquelle nous exigeons une rectification de leur position sur le Venezuela dans les 48 heures, ou bien le gouvernement du Venezuela prendra les mesures diplomatiques les plus rapides et les plus sévères, » a déclaré le Président Maduro qui voit dans cette démarche, la préparation d’un coup d’État orchestré par les États-Unis contre son Gouvernement.

Emmanuel Saintus

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