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L’année 2019 débute mal, pour les migrants Haïtiens

Selon les déclarations de Géralda Sainvil, Responsable de communication du Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR), l’année 2019 a débuté très mal pour les migrants haïtiens. Pour preuve, elle cite les trois cas d’interception de bateaux de fortune avec certains Haïtiens à bord, au large de Miami et des Bahamas. Un mineur haïtien qui faisait partie de l’un de ces voyages, le 1er janvier, a disparu dans les eaux. Les autorités américaines avaient suspendu les recherches, au bout de 72 heures. Questionnée à ce sujet, Géralda Sainvil n’a pas eu plus d’informations. Cependant, elle réitère sa position de lutter contre le mauvais traitement de certains pays à l’égard de ces migrants. Elle se tourne particulièrement vers les autorités de la République Dominicaine qui, selon elle, ont violé les accords de principe sur la migration, établis avec Haïti. «Des cas de séquestration de documents, de saisie des objets de valeurs tels que les vêtements et les téléphones portables, de séparation des familles sont, entre autres, des cas de violations de droits humains que dénoncent généralement les migrants», fustige Mme Sainvil. Ce sont des cas de violations qu’ils subissent depuis leur arrestation jusqu’à ce qu’ils soient déposés à la frontière. Pour les fêtes de fin d’année de 2018 et du nouvel an (2019), le ministère de la Défense de la République Dominicaine a renforcé la présence militaire à la frontière. Une déportation massive d’Haïtiens a succédé aux diverses opérations menées par ces forces de l’ordre. Dans une déclaration rapportée par Listin Diario, José Ramón Fadul, ministre de la Défense dominicaine, a rassuré que les opérations menées respectaient les principes légaux des deux pays. «Aucun pays n’a mieux géré un plan de régularisation que nous, mais tout le monde sait qu’il y a des personnes qui entrent dans le pays illégalement, mais chaque fois que cela est détecté, elles sont rapatriées correctement, dans le respect des droits de l’homme», a déclaré l’autorité. Ces propos contredisent ceux de Géralda Sainvil qui promet que GARR publiera son rapport sur le nombre de déportations effectuées au cours de l’année dernière. La République Dominicaine, en 2018, a déporté 57 000 immigrants issus d’au moins 35 pays. D’autre part, le 1er janvier dernier, la République Dominicaine a investi le Conseil de l’ONU en tant que membre. En même temps, il présidera ce dit conseil, tout au long de ce mois. Le 3 janvier, le ministre dominicain des Affaires Étrangères, Miguel Vargas, a présenté les différents thèmes que son administration a choisi de débattre au cours du mois. Parmi eux se trouvent «les impacts et l’insécurité causés par les catastrophes naturelles ou la dégradation de l’environnement». Les experts et les politiciens dominicains qui sont vraisemblablement satisfaits de ce choix, plaident néanmoins pour que le gouvernement aborde particulièrement le cas d’Haïti. Le président du Parti Révolutionnaire Moderne (PRM), José Ignacio Paliza, estime que ce sujet est une opportunité à saisir. «Haïti est à l’ordre du jour depuis 2004, année de la création de la MINUSTAH, qui a terminé son mandat en 2017, cédant sa place à la MINUJUSTH (Mission d’appui à la justice en Haïti), pour une période de deux ans, avec pour seul objectif de : Soutenir Haïti pour renforcer l’État de droit. À l’exception des contingents de police, la mission est basée exclusivement à la capitale, Port-au-Prince», a-t-il commenté dans les colonnes d’un article de Diario Libre. Pour Nathanaël Concepción, Directeur de l’Observatoire politique dominicain, le problème d’Haïti est «fondamental» aux thèmes que vont débattre les dirigeants dominicains à l’ONU. Le développement et la sécurité d’Haïti revêtent une grande importance. Son effondrement, dit-il, menacerait «la paix et la sécurité internationale» et affecterait également la stabilité de la République Dominicaine.

Altidor Jean Hervé

 

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