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Pas d’élections à la Jovenel Moïse

À présent, le régime «jovenélien» ne vit pas ses meilleurs jours, et ses dirigeants craignent ce qui les attend. Cette peur se manifeste à travers les déclarations et les discours des responsables. N’ayant obtenu aucun acquis ni face au peuple, ni face au secteur de l’opposition démocratique, Jovenel Moïse devrait se rendre compte qu’il vit un des pires moments de son histoire. S’appuyer sur des politiciens «rat do kale», Jovenel ne fera que renforcer l’isolement, la haine et le dégoût, dont il fait l’objet à l’échelle nationale. Les réalités sur le terrain en Haïti ont déjà changé et ce, à tel point, que les «jovenéliens» et alliés ne peuvent plus manipuler les choses à leur avantage. Ce n’est pas en soi une coïncidence que la décision de certains alliés de se retirer du camp «jovenélien» intervienne, au moment même où Jovenel Moïse parlait d’entente, de dialogue qui ouvrirait la voie à des élections en 2019. Il prend des vessies pour des lanternes. C’est le cas du sénateur de l’Artibonite, Youri Latortue, dont l’absence à la cérémonie de célébration des 215 ans de l’indépendance d’Haïti, aux Gonaïves, le 1er janvier 2019, a été fort remarquée. L’ancien président du Sénat de la République a allégué deux raisons pour expliquer son absence aux côtés du Président de la République, du Premier Ministre Jean-Henry Céant et de son cabinet ministériel, des présidents des deux branches du Parlement et du président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) : les promesses non tenues de la part du président Jovenel Moïse envers les habitants de la région et la mauvaise gouvernance qui a caractérisé la gestion du chef de l’État en 2018. «Je suis l’un de ceux qui avaient soutenu la campagne du président Jovenel Moïse et ses promesses dans le département de l’Artibonite. Il avait promis de construire un complexe administratif aux Gonaïves. Il avait promis de reconstruire le port. Il avait aussi pris l’engagement de stabiliser le prix de l’engrais à 900 gourdes, au profit des agriculteurs de la vallée de l’Artibonite», a révélé Youri Latortue, déplorant qu’aucune de ces promesses n’a été jusqu’ici concrétisée. Il a reproché au chef de l’État d’avoir menti aux parlementaires proches du pouvoir, en leur demandant de voter en faveur du budget de l’année, afin qu’il puisse avoir les moyens de ses ambitions, a fait savoir Youri Latortue, sur les ondes de radio Magik 9. Entre temps, réagissant à l’annonce du Président de la République, qualifiant 2019 d’année électorale, le porte-parole du parti Òganizasyon Pèp kap Lite (OPL) doute que le gouvernement actuel puisse faciliter la réalisation d’élections honnêtes et démocratiques, sans prendre des mesures préalables. Pour Danio Siriac, l’une de ces mesures consiste en la mise en place d’une campagne de désarmement, afin de mettre les bandits hors d’état de nuire, car, dit-il, ce sont les membres des trois pouvoirs de l’État qui financent et arment les gangs dans les quartiers populaires. «Si ces politiques parlent d’organisation d’élections dans ces conditions, c’est parce qu’ils ont déjà leurs groupes armés qui occupent le terrain» affirme-t-il. Si l’OPL est pour la tenue des élections cette année, cette structure politique invite, néanmoins, les autorités concernées, à mettre un terme à ces mauvaises pratiques, afin de créer un climat propice à la réalisation des élections. En outre, l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) se dit préoccupée face à la détérioration de la situation socio-politique du pays, qui contribue à la dévaluation de la gourde, et demande aux autorités d’adopter, dans le meilleur délai, des dispositions nécessaires pour corriger cette situation.

Emmanuel Saintus

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