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Le micmac des fêtes de fin d’année

Dans tous les pays du monde, traditionnellement chrétiens ou pas, la période allant de la fin de l’année au début de l’autre, est considérée comme la plus grande période festive de l’an. Cette période qui a comme point d’ancrage, la nativité pour les chrétiens, est un moment important et aussi un moment de partage et de réconciliation. Pour nos dirigeants, cette année, c’est une période de dialogue. Dialogue avec qui, pour qui, pourquoi? On ne le sait pas encore. Toutefois, le climat anxieux de la politique n’a pas été sans effet sur la période des fêtes de fin d’année et du nouvel an. Bien qu’il y ait eu pas mal de bals avec les groupes musicaux et les artistes solo, une quantité de festival ou de fête en famille, ces évènements ne se sont déroulés qu’en espaces fermés et dans des zones potentiellement «apolitiques» dirais-je, ou encore pour les gens blindés de fric. Le mot Nativité désigne principalement la naissance à Bethléem de Jésus de Nazareth, fils de Dieu, venu au monde pour sauver l’humanité, selon la croyance chrétienne. Cette date de cette naissance marque aussi l’année originelle du calendrier grégorien qui fait aujourd’hui référence dans la majeure partie du monde. La Nativité est célébrée le 25 décembre par les catholiques et les protestants et correspond à l’acception chrétienne de la fête de Noël, une période d’espoir et d’espérance, dit-on. La Noël, dans notre pays, est une période de fête où les Haïtiens mettent tout de côté, pour se décontracter, pour oublier les soucis de toute une année toujours trop stressants pour eux, une période pour les enfants de jouer un peu plus, de sortir avec les grands, pour les jeunes, de faire l’imbécile, boire un peu trop d’alcool, faire la fête toutes les nuits, jusqu’à la réouverture des classes. Pour les adultes, c’est la période du bonus au travail, du repos, de la messe ou des prières sans fin. Mais cette année, ces évènements étaient de moins en moins remarqués, car, même si la volonté ne manquait pas, toutefois, les moyens et la quiétude d’esprit étaient trop absents chez les Haïtiens pour penser à la débauche. Tout ceci met à nu un pays et des citoyens laissés pour compte, sans appui et sous le regard d’un État irresponsable. La situation politique du pays a non seulement ralenti l’ambiance festive des fêtes, en cette fin d’année, elle a aussi aggravé la situation économique, crucifiée par la dépréciation incessante de la gourde face au dollar, ce qui diminue le pouvoir d’achat. Ceci est dû à l’accroissement des prix des produits sur le marché, rendant insignifiant la rentrée des chômeurs déguisés (employés mal payés). Cette année, à la période de Noël, ou des fêtes de fin d’année et du début du nouvel an, on a non seulement senti une vague montée de l’insécurité, la cherté de la vie, l’absence d’espace de loisirs pour tous, mais pire encore, le programme «atè plat» du gouvernement de Jean Henry Céant ne s’est pas fait sentir comme cela aurait dû l’être. Le fossé entre la classe économique dominante et la classe pauvre, est devenu de plus en plus imposant, d’où une fête de fin d’année ballottée entre l’anxiété et l’incapacité de satisfaire ses désirs de loisir. Espérons que l’an prochain, elle sera meilleure.

Altidor Jean Hervé

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