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Le déficit budgétaire, le mal de l’économie haïtienne

Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, Jean Baden Dubois, a exhorté les autorités fiscales haïtiennes à réaliser une meilleure gestion des ressources financières. Le déficit budgétaire contribue à une accentuation de la dépréciation de la gourde, par rapport au dollar américain. Un contrôle des dépenses et la création d’un environnement propice aux investissements, sont indispensables pour la relance de l’économie en 2019, argue M. Dubois. D’autre part, dans son dernier rapport CEPALC, la Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes a noté une hausse des dépenses publiques en Haïti. Le rapport, qui fait état de statistiques modestes sur le plan macroéconomique, a indiqué que la charge fiscale du gouvernement central, 12,7% du Produit Intérieur Brut (PIB), a légèrement diminué par rapport à l’année précédente (13,6% du PIB). La collecte fiscale totale a diminué, en termes réels, de -4%, en raison de la réduction des revenus directs (-5%) et indirects (-11%) et de la contraction des recettes douanières (-8%). Selon la CEPALC, les dépenses totales de l’administration centrale ont augmenté de 17,7%, en termes réels, à la suite d’une variation positive des dépenses courantes (17%), notamment des subventions (37%), mais aussi des investissements publics (26%). Le déficit global de l’administration centrale (6,5% du PIB) a été en grande partie financé par les contributions nettes de la Banque centrale (BRH). Ce déficit est supérieur à 26 milliards de gourdes, ce qui va à l’encontre du programme Staff Monitoring du Fonds Monétaire International (FMI), prévoyant un déficit inférieur à 4% du PIB. Le déficit record viole également l’accord entre les autorités fiscales et monétaires sur l’alignement des dépenses publiques, en fonction du revenu disponible. De plus, la dette publique extérieure d’Haïti est de 2,1 milliards de dollars, (22% du PIB), avec une augmentation de 0,2% en 2018.

Par ailleurs, le gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois dénonce le rôle assigné à la production locale des biens et services. La balance commerciale demeure négative à 5,6 milliards d’importations pour les biens et services. Les seules importations de biens atteignent les 4,5 millions de dollars pour l’année 2018. Par contre, les exportations de biens et services n’atteignent que 1,6 milliard de dollars américains. Dans les grandes composantes de la croissance du PIB, le commerce occupe une part de 28%. Le secteur des Bâtiments et Travaux Publics (BTP) a enregistré une augmentation de 2,1%, pour se chiffrer à 10 % du total. La politique économique, telle que nous la pratiquons en Haïti jusqu’ici, mérite un coup d’arrêt, selon le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Jean Baden Dubois déclare haut et fort qu’ «il est temps de changer de cap. Et selon lui, c’est fondamental, on ne saurait résoudre des problèmes structurels avec des outils conjoncturels. Cela ne marche pas, ne marchera jamais, a avancé le patron de la banque centrale haïtienne. En réalité, l’inflation a atteint 14,6 % (base 2004) ou 13,2 % (base 2008). Parallèlement, l’économie n’a cru que de 1,5 %. Une croissance dérisoire par rapport au taux de croissance de la population. Les appréciations du gouverneur de la BRH l’ont porté à affirmer que cette croissance du PIB est négative, en tenant compte de l’accroissement de la population du pays. En réalité, dit-il, la croissance de l’économie a été boostée par le secteur agricole, de l’ordre de 20 %, soit une augmentation de 1% comparée à 2017. L’autre grande composante de la croissance totale est le commerce, 28%, avec une augmentation aussi de 1%. Le secteur des Bâtiments et Travaux Publics (BTP) a enregistré une augmentation de 2,1% pour se chiffrer à 10 % du total, selon des chiffres fournis par le gouverneur de la BRH. Jean Baden Dubois qui répondait, le mercredi 2 janvier 2018, aux questions de l’économiste Kesner Pharel, à la 24e édition de l’Interview Lesly Delatour, sur les ondes de Radio Métropole, est certes persuadé qu’il faut tenir compte du conjoncturel. Mais, il demeure convaincu qu’un changement de cap, est la condition sine qua non, pour faire sortir le pays du marasme. « Il faut enfin prendre la décision de se concentrer sur la production pour attirer des investissements, faire entrer des flux de dollars dans l’économie », a prôné le gouverneur de la banque centrale qui a pointé du doigt les mauvais choix de politique économique des dirigeants de l’administration publique haïtienne, au cours des trois dernières décennies.

Emmanuel Saintus

 

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