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Les relations haïtiano-dominicaines s’empirent

On aurait cru que les deux pays de l’Ile d’Haïti finiraient par s’entendre mais, au vu des évènements, tout semble aller de mal en pis entre les deux frères d’Hispaniola. De ce fait, des dizaines de Dominicains ont manifesté, le dimanche 22 décembre 2018, dans les environs du parc Mirador Sul, pour dénoncer la présence des Haïtiens dans leur pays. Cette marche a été organisée en réponse à l’Organisation des Haïtiens vivant en République Dominicaine qui avait prévu une marche, le même jour, afin de « remercier les Dominicains pour leur hospitalité ». Les membres de l’organisation ont dû revenir sur leur décision, à la suite des polémiques déclenchées par des politiciens et quelques extrémistes dominicains. Les manifestants qui ont porté des gilets verts, ont brandi des pancartes renvoyant à des messages racistes. « Manny Solano, l’un des organisateurs de la manifestation, a qualifié de traître, le gouvernement du président Danilo Medina, pour ne pas avoir rapatrié les Haïtiens qui représentent 50% de ceux qui habitent cette partie de l’île.» « La patrie ou la mort » ont scandé les manifestants tout au long de cette marche qu’ils ont bouclée en exaltant l’hymne national.

D’autre part, Alfredo Núñez Brito et Franklin Mieses de Jesús, deux Dominicains arrêtés à Saint-Marc, l’année dernière, avant d’être condamnés à 5 ans de prison, viennent d’être libérés, à la suite des démarches menées par des organismes de Droits humains. Les deux hommes, reconnus comme des vendeurs de produits de nettoyage de véhicules installés en Haïti depuis 2013, ont été arrêtés à la suite d’une altercation avec des changeurs de devises qui les ont accusés de leur avoir remis deux faux billets de 100 dollars. Les résultats d’une enquête ont révélé que ces échangeurs de devises étaient réputés dans la transaction de faux billets à Saint-Marc. Lors d’une séance déroulée le 9 décembre 2017 et présidée par le juge Roland Alexandre, les deux hommes ont été condamnés à 5 ans de prison, malgré l’absence du corps du délit. L’Association des Résidents dominicains d’Haïti (ADDREH) s’est activée pour exiger la libération des deux hommes. D’autres organisations telles que la Fondation Zile et la Fédération des femmes de l’Artibonite (FEFBA) se sont alliées à la cause des deux hommes. Plusieurs réunions ont été organisées au ministère de la Justice, avec les membres du cabinet de Jovenel Moïse au Palais national et également avec le responsable des affaires de l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo, Yves Roody Jean. Ces organisations ont également sollicité le soutien de la MINUJUSTH, de l’Office de la Protection du Citoyen, du Consulat dominicain à Pétion-Ville, celui de Mirebalais et de la Direction du ministère des Affaires de la République Dominicaine. Les deux Dominicains ont été libérés le mercredi 19 décembre dernier.

Emmanuel Saintus

 

 

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