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Les bandits font la loi

Des hommes armés continuent d’imposer leur loi dans divers quartiers populeux de la capitale et dans des villes de provinces, notamment à Limbé (département du Nord).  À Savane Pistache (Carrefour Feuille), des bandits armés, sous l’ordre d’un certain « Ti Je » ainsi connu, sèment la pagaille dans la zone.  Plusieurs maisonnettes et des voitures des résidents de la zone ont été brulées.  Le sous-commissariat de Savane Pistache a été incendié par les bandits armés, le samedi 22 décembre 2018.  L’incident survenait après une opération menée par la Police Nationale d’Haïti dans la zone de Savane Pistache où dix-sept (17) personnes ont été appréhendées, parmi lesquelles : la femme de « Ti Je » et ses enfants.  Le chef « Ti Je » a promis de brûler la zone si les autorités policières ne libèrent pas sa femme et ses enfants.

Dans la nuit du vendredi au samedi 22 décembre, dans la commune de Carrefour, Saint-Hilaire Charleson, un agent de la Police Nationale d’Haïti (PNH), a été abattu par des individus non identifiés, alors qu’il revenait d’une boîte de nuit à Côte-Plage 18.  

Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 décembre, à la suite de l’assassinat par balle de            « Bouligan », un farouche opposant au député Frandy Louis (VERITE), par 2 individus non identifiés à bord d’une moto, des affrontements d’une rare violence ont éclaté à Limbé (département du Nord) entre les partisans de la victime qui criaient vengeance et ceux du député.  Les partisans de « Bouligan », en colère, pour venger sa mort, ont incendié la résidence de Jacot Leroi que des proches de la victime accusent d’être le meurtrier (un proche du député Frandy Louis) pointé du doigt par la clameur publique, comme commanditaire de cet assassinat.  Plusieurs autres maisons ont été incendiées, dont celle de la mère du député, celle de Jacot Leroi et celle d’un frère du représentant de la commune au Parlement.  Une pompe à essence appartenant au député a également été détruite par le feu, après une tentative d’incendie de sa résidence.  Au moins 2 véhicules, dont un, immatriculé « Service de l’État », ont également été calcinés.

 

Par ailleurs, 500 policiers, appuyés par des agents de la MINUJUSTH, FPU et de la UNPOL, ont été  déployés à Port-au-Prince, en vue d’assurer la sécurité des vies et des biens des citoyens, pendant les fêtes de fin d’année, a fait savoir le porte-parole adjoint de la PNH, l’inspecteur principal, Gary Desrosiers.  « La présence policière sera renforcée aux alentours des boîtes de nuit, restaurants, hôtels et casinos, entre autres.  Dans le cadre de l’opération baptisée  «  Mache pran yo », lancée depuis le 1er décembre, dans plusieurs communes du département de l’Ouest, dont Port-au-Prince, Pétion-Ville et Léogane, par la Direction Centrale de la Police Administrative, plus d’une dizaine d’armes à feu ont été saisies, 110 motos et 11 voitures confisquées», a dit Gary Desrosiers.

 

Parallèlement, 5 armes à feu dont 4 pistolets et un « Taurus TFW21143 » apparemment propriété de la PNH, un revolver, 4 327 cartouches, 20 livres sterling, 16 grammes de marijuana, 5 véhicules dont 4 motos, 3 balances, 3 moteurs à bateau et une forte somme d’argent ont été saisis par la Police Nationale d’Haïti, dans le cadre d’une opération menée le jeudi 20 décembre à Saint-Louis-du-Sud, dans deux localités appelées  « Nan Sable et La Pointe », très fréquentées par les trafiquants de drogue.  Cette opération a été menée conjointement par les policiers de la Garde-côte et ceux de la Brigade de Lutte Contre le Trafic de Stupéfiants.  Elle a aussi permis aux agents de l’ordre de mettre la main au collet de 10 individus dont 2 Jamaïcains rentrés illégalement au pays.  Un individu nommé Fritznel Mésidor a été neutralisé, lors d’un échange de tirs avec des agents de la Police Nationale.

 

D’autre part, l’Inspection générale de la Police Nationale d’Haïti demande à la Direction Générale de procéder à la révocation de Jimmy Cherizier, alias Barbecue, et de Gregory Antoine dit « Ti Grèg ».  Les noms de ces agents de la PNH figurent dans deux rapports du RNDDH et de la Fondation Je Klere, pour leur présumée implication dans les graves événements survenus à La Saline le 13 novembre dernier.

 

Dans la même lignée, la police de Croix-des-Bouquets a procédé, le jeudi 20 décembre, au démantèlement d’un réseau de malfaiteurs qui opéraient au niveau de Dimilsceau et de Rémi, des quartiers limitrophes de Thomazeau, une commune située à environ 12 kilomètres de la capitale.  Ce coup de filet a conduit à la saisie de divers objets dont : des téléphones portables, plusieurs armes à feu, des « laptops » ainsi que des véhicules, par les agents de l’ordre.  Cette opération s’inscrit dans le cadre du plan de sécurité mis en place par le haut commandement de la Police nationale, pour contrer les actes de banditisme et permettre, du coup à la population, de vaquer à ses occupations en toute quiétude, à l’occasion des fêtes de fin d’année.

 

Entre temps, l’IGPNH reconnaît la culpabilité de ces individus pour possession d’armes illégales et abandon de leur poste, d’après les informations confirmées par le porte-parole adjoint de l’IGPNH, le commissaire divisionnaire, Jean-Claude Benjamin.

 

Les événements sanglants du mardi 13 novembre 2018 au cours desquels 59 personnes dont 16 femmes et 6 mineurs ont été assassinées constituent ’’un massacre d’État’’, selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans un rapport publié récemment.  En outre, dans un document publié le 20 décembre, le RNDDH a informé avoir recensé 12 autres victimes dans ce même drame survenu à La Saline le 13 novembre dernier.  Le nouveau bilan de ce           « massacre d’État » s’élève maintenant à 71 morts.  Le RNDDH continue de dénoncer l’implication de certaines autorités dans la planification et l’exécution des événements du 13 novembre dernier.  Rappelons que Jovenel Moïse avait promis, le 10 décembre, que la justice fera la lumière sur ce dossier.  « Le gouvernement travaille activement pour faire la lumière sur les actes criminels enregistrés dans le pays ces derniers jours » avait déclaré le chef de l’État à propos du drame de La Saline.  « J’ai demandé au Premier ministre de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les enquêtes puissent aboutir » avait-t-il ajouté.  Après la « Fondation Je Klere », le Réseau National de Défense des Droits Humains avait publié un rapport détaillé expliquant les causes, les circonstances et le déroulement des événements sanglants survenus à La Saline, au début du mois de novembre.  Selon l’organisme de droits humains, le massacre de La Saline constitue le deuxième plus criminel massacre qu’a connu Haïti après celui de Jean-Rabel qui avait fait 139 morts, après la chute des Duvalier en 1986.

Emmanuel Saintus

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