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Violences: Ne touchez pas aux femmes

Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), l’Organisation des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), ont organisé une conférence-débat, le samedi 8 décembre 2018, à l’hôtel Karibe. Cette activité a été organisée dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre dernier. Des études disponibles ont montré que 7% des filles de 15 à 19 ans ont subi une violence sexuelle, 17% des femmes ont affirmé qu’il est justifié que l’homme frappe violemment sa femme, 32% des adolescentes de 15 à 19 ans et 36 % des femmes de 25 à 29 ans sont victimes de violence physique ou sexuelle. C’est « une étude qui prouve que la mission de l’équité de genre et la lutte contre les violences faites aux femmes sont loin d’avoir des résultats concrets, mais, en unissant nos forces pour trouver les solutions adéquates, nous y arriverons », a déclaré Evelyne Saint-Vil, ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, dans une ambiance conviviale. En présence de plusieurs organisations de femmes, filles et garçons et représentants de la communauté internationale, les participants ont discuté sur le thème: « Femmes et jeunes ensemble pour mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles ». Evelyne Saint-Vil a réaffirmé l’engagement du MCFDF, en répétant d’une voix ferme, le slogan de la journée « Nan zafè vyolans sou fanm ak tifi, nou pa p bay legen ». De son côté, Sandra Beauvil-Daniel, présidente de Femmes en Démocratie, a centré son intervention sur les conséquences de la violence. La violence sur les femmes peut avoir des conséquences physiques, sociales et économiques, ce qui traduit des conséquences sur l’éducation des enfants dans la famille, sur le physique de la victime, ses capacités de travailler, etc. « Les femmes dépendantes sont les plus victimes de violence dans la société haïtienne, je vous conseille de vous instruire davantage pour être indépendante, à l’avenir », a-t-elle-conseillé aux femmes et aux filles. Par ailleurs, le débat était à son paroxysme, quand elle a parlé de l’inceste qui est une forme de violence que subissent les filles au sein de leur famille, et celles-ci ont souvent peur d’en parler. Pour sa part, dans une note rendue publique, Le Collectif pour les Droits à la santé sexuelle et reproductive (DSSR) dénonce « l’absence totale » de dispositions juridiques adéquates, dans la législation haïtienne, pour combattre les crimes sexuels incestueux et la pédophilie. Le Collectif DSSR condamne également les cas de viols et d’abus sexuels, commis contre des femmes, des jeunes filles et des fillettes en Haïti. « Cette pratique prédatrice, malgré son caractère éminemment préjudiciable, tant physiquement que psychologiquement pour la victime, n’est pas du tout prise en compte par le droit positif haïtien ». « Malgré certaines avancées récentes », le droit positif, en Haïti, « accuse un sérieux retard sur l’état actuel des moyens et instruments internationaux de protection, de défense de la dignité et des droits de la femme et des enfants ». Le Collectif DSSR exhorte les législatrices et législateurs à veiller, particulièrement, à la protection des droits des personnes vivant dans des situations de vulnérabilité, à garantir le respect de la dignité humaine, en tout temps et en tout lieu, que ce soit au niveau de la sphère privée ou de la sphère publique. Le viol incestueux doit être inclus dans le code pénal en Haïti, en tant que crime odieux, avec circonstances aggravantes pour les cas de viols sur mineurs de moins de treize ans, suggère le Collectif DSSR. « Ce type de viol laisse un profond traumatisme, indélébile, chez celles et ceux qui l’ont subi », fait remarquer le Collectif DSSR, appelant la justice à participer à la reconstruction des vies des personnes victimes d’agressions sexuelles. « Le système judiciaire se doit d’assurer l’effectivité des droits à la santé sexuelle et reproductive, en mettant en œuvre les moyens de protection et de défense des personnes victimes en général, des femmes et des enfants en particulier », insiste le Collectif DSSR. Il appelle les juges, la police, les législatrices et législateurs, les représentantes et représentants élus et le gouvernement à s’engager à prendre les mesures qui s’imposent, afin de rendre la justice accessible indistinctement à toutes les Haïtiennes et à tous les Haïtiens.

Altidor Jean Hervé

 

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