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Haïti en Pologne, pour la COP24

Le ministre de l’Environnement, M. Joseph Jouthe, était parti en voyage officiel depuis le lundi 10 décembre 2018, en vue de rejoindre une délégation haïtienne qui participera aux négociations de la 24ème Conférence des Parties COP24. L’événement se déroulera à Katowice, en Pologne, jusqu’au 14 décembre 2018. Le réchauffement de la planète n’est pas un conte de fée. Sur 200 pays réunis à la 24ème Conférence des Parties (COP24), un petit nombre déploie des efforts réels, en vue de limiter le réchauffement climatique en deçà de +2°C ou +1,5°C, d’après le « Climate change performance index ». Si la COP23 a voulu être la COP des pays insulaires, avec comme ambition de viser plus loin, plus vite et tous ensemble, l’une des tâches les plus importantes de la vingt-quatrième session consistera à élaborer et à adopter un ensemble de décisions garantissant la pleine application de l’Accord de Paris, (ratifié par Haïti en février 2017), conformément aux décisions adoptées à Paris (COP21) et à Marrakech (CMA1.1). Cet événement qui a réuni de nombreux acteurs étatiques et non-étatiques, a inclus le «dialogue de facilitation», destiné à soutenir la mise en œuvre des engagements autour des points tels que : l’irréversibilité des engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris (AP), l’avancement de l’action climatique avant 2020, la mise en œuvre intégrale et efficace de l’Article 8 dudit Accord sur les pertes et préjudices. Les participants ont aussi discuté sur une meilleure accessibilité pour les PMA aux différents mécanismes de financement, du respect des engagements pris par les pays développés pour alimenter le Fonds vert climat, à hauteur de 100 milliards de dollars USD, à partir de 2020, de la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN), du soutien technique et financier pour l’adaptation, la recherche, l’innovation, le transfert de technologies et le renforcement de capacités. Le ministre Joseph Jouthe qui a participé à cet événement, prévoyait des rencontres de haut niveau dont le segment de la COP24 qui réunit les hauts responsables d’États, dans le but de présenter le triple objectif d’Haïti, en relation aux Changements Climatiques. Un rapport spécial du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) devait permettre de changer la donne, dans la mesure où il fournit un solide appui scientifique aux risques disproportionnés auxquels sont exposées les petites îles, à une température de plus 1,5 degré Celsius. Ce rapport est le fruit du travail des pays en voie de développement, notamment les petits états insulaires en développement qui ont fait de ce seuil critique, leur principal cheval de bataille lors des négociations qui ont conduit à l’accord de Paris en décembre 2015. Les évaluations scientifiques et les multiples recommandations du GIEC joueront un rôle important dans l’orientation des décisions politiques qui découleront de la COP24, d’ici la fin de la conférence, le 14 décembre. Les scientifiques et de nombreux délégués à la conférence de Katowice ont été sur le choc quand de grands pays pollueurs tels que les États-Unis, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Koweït, ont contesté ce rapport bien accueilli pourtant à la COP24 par la majorité des gouvernements du monde. Une situation qui commence à frustrer les négociateurs qui devront, d’ici la fin de la COP24 qui réunit plus de 20 000 participants, trouver un accord satisfaisant pour toutes les parties. James Cadet, de la direction du changement climatique dudit ministère de l’Environnement, rencontré sur le site de la conférence, nous explique « qu’Haïti, comme tous les autres petits États insulaires, redoute les incidences incommensurables et sans précédent des changements climatiques sur les secteurs vitaux de l’économie nationale, notamment l’agriculture, le tourisme et les infrastructures. Cadet précise que « malgré une conjoncture politique difficile et les contraintes budgétaires, Haïti a pu assurer sa place de pays-partie à la COP24, depuis le déroulement des réunions préparatoires ». Il a par ailleurs confirmé la contribution des experts haïtiens à la deuxième mouture du rapport du GIEC, à la suite d’un atelier de travail organisé par le MDE, en janvier de l’année en cours. Pour le représentant de la plateforme de la société civile sur le changement climatique, Christin Calixte, pour sa 4ème participation dans les grandes conférences annuelles sur le climat, il raisonne que la question n’est pas de remettre en cause ce rapport. « Il n’y a pas à sortir de plus 1,5 degré Celsius. Avec un niveau d’un degré, on voit déjà les dommages causés. Avec une autre hausse de température, ce sera davantage d’inondation des villes côtières, les mangroves détruites, les productions de céréales affectées », tenant à rappeler qu’il n’y a ni plan B, ni planète C. « Les recommandations de ce rapport invitent à l’action et il faut agir vite », soutient-il. Plus loin, le représentant de la PSCCC espère qu’au point de vue stratégique, les délégués du gouvernement puissent défendre la position d’Haïti, tout en prenant en compte les questions de pertes et de dommages et l’accessibilité aux sources de financement. Christin pense qu‘au niveau national, le gouvernement doit convertir ces engagements en termes de politiques et de stratégies, jusqu’à la mise en œuvre au niveau local.

Altidor Jean Hervé

 

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