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Paralysie éternelle au Palais de justice

Environ un mois et demi après les derniers incidents survenus au parquet de Port-au-Prince, impliquant des policiers et des avocats, les activités sont toujours au point mort au Palais de justice de la capitale. La mesure prise à l’encontre de Berson Soljour ne satisfait pas les revendications des hommes de la basoche. « Il ne s’agit que d’une mesure administrative, la mise à pied de Berson Soljour à la DDO ne nous concerne pas », avancent des avocats qui continuent d’exiger la mise en mouvement de l’action publique contre l’ex-directeur de la Direction Départementale l’Ouest de la PNH et contre les agents de la police nationale d’Haïti ayant participé à des abus à l’égard des leurs. Après l’adoption à l’unanimité de la résolution en date du 26 octobre dernier, les avocats brandissent des pancartes et collent des affiches aux murs du Palais de justice et à la porte du bureau du chef du parquet, Me Daméus, pour continuer de faire passer leurs revendications. « La résolution est encore maintenue. Nous n’entendons pas lâcher prise, tant que la justice ne soit pas rendue aux confrères victimes des agressions physiques des policiers », indiquent les protestataires qui dénoncent la gestion de cette affaire, faite par l’Exécutif. Par ailleurs, le Front national des organisations de résistance pour une Haïti stable et démocratique, par la voix de son Secrétaire général, Rosemond Jean, dénonce l’arrêt de travail observé par les avocats du Barreau de la capitale. Rosemond Jean qualifie le mouvement des avocats de manœuvre politique, orchestrée par l’ex-bâtonnier Gervais Charles, proche du parti Fanmi Lavalas, pour boycotter le pouvoir en place. « C’est une situation qui paralyse tout le système judiciaire haïtien », a dit Rosemond Jean qui invite l’actuel bâtonnier, Me Stanley Gaston, à revenir sur sa décision. Monsieur Jean pointe du doigt également les organisations de droits humains qui, dit-il, ne se prononcent pas sur ce mouvement qui viole les droits des justiciables. Cette paralysie qui est née le 9 octobre 2018 avec un arrêt de travail de deux jours, observé par les avocats du barreau de Port-au-Prince, a été suivie d’une résolution corroborant le prolongement d’un arrêt de travail spécial jusqu’au 16 octobre. Face à l’inaction du parquet, une autre réunion s’est tenue le 20 octobre, fixant une assemblée générale le vendredi 26 octobre. Faute de quorum, cette assemblée a été reportée à huitaine. C’est au cours de cette assemblée qu’on a réclamé le départ du commissaire du gouvernement, Clamé-Ocnam Daméus, l’arrestation du commissaire Berson Soljour et celle des deux autres policiers ayant agressé deux jeunes avocats du barreau de Port-au-Prince. Depuis, ce dossier n’a pas avancé. Malgré les stratégies multiples employées par les avocats protestataires, notamment la fermeture de la barrière principale du Palais de justice pendant une semaine, les autorités n’ont pas pipé mot. Jusqu’à aujourd’hui, aucune rencontre officielle n’a été fixée entre les autorités et les avocats protestataires.

Altidor Jean Hervé

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