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Commémoration des périodes noires des années 80

29 novembre 1987 – 29 novembre 2018 : 31 ans depuis la perpétration du massacre à la ruelle Vaillant, lors de l’organisation des premières élections dans le pays, après la chute de la dictature des Duvalier. À l’occasion de ce 31ème anniversaire du massacre de la ruelle Vaillant, le secrétaire d’État à la Communication, Eddy Jackson Alexis, salue la mémoire des électeurs lâchement assassinés par des militaires et des paramilitaires proches du Conseil National de Gouvernement. Eddy Jackson Alexis rappelle l’importance de cette date, dans la lutte en faveur de la démocratie en Haïti. Le secrétaire d’État en a profité pour lancer une pique à l’opposition démocratique en dénonçant ceux qui, par leurs actions, selon lui, voudraient rompre avec les principes démocratiques et constitutionnels, en remettant en question les mandats des élus. Le secrétaire d’État à la Communication demande aux acteurs politiques de se montrer responsables et de respecter le principe de l’alternance politique.

Le régime des Tontons Macoutes avait eu recours à une vague de répression, en 1980, procédant à des arrestations arbitraires et expulsant des journalistes et hommes politiques influents, opposés à la dictature. Dans le viseur de Baby Doc étaient: Konpè Filo, Liliane Pierre-Paul, Jean Dominique, Marvel Dandin, Pierre Clitandre, etc. Ainsi, ce 28 novembre 2018 fait exactement 38 ans, depuis qu’une vague de répression ait touché une palette de journalistes, célèbres aujourd’hui, qui revendiquaient la liberté d’expression et qui, par-dessus tout, traçaient à Jean-Claude Duvalier, le chemin de sa chute. Le « président à vie » arrêtait et expulsait systématiquement ces figures de la presse haïtienne et ces hommes politiques connus pour leur charisme et leur franc-parler, amers dans leurs articles d’opinion comme à la radio. Parmi eux : Anthony Pascal, plus connu sous son nom de scène : Konpè Filo (aujourd’hui présentateur vedette de Kalfou à Télé Ginen), Liliane Pierre-Paul (journaliste vedette à Radio Kiskeya), l’écrivain Pierre Clitandre du Petit samedi soir, Jean-Dominique et Henry Alphonse (reporters à Radio Haïti Inter), Michèle Montas (épouse de Jean-Dominique et journaliste chevronnée), Jacques Jean-Baptiste (rédacteur en chef au service créole de la Voix de l’Amérique, VOA), Elsie Éthéart, journaliste, Jean-Robert Hérard, auteur de l’ouvrage «Le Temps des Souvenirs : Le Mouvement démocratique en Haïti 1971-1986» sur le règne de Jean-Claude, Nicole Magloire (militante des droits humains sous Duvalier), Vivianne Duroseau (secrétaire, accusée d’avoir tenu des réunions «subversives» chez elle, relate Le Monde), Jean-Jacques Honorat (agronome de profession), Gabriel Hérard, professeur d’université, Marcus Garcia, actuel patron de Mélodie F.M. Parallèlement, 1980 rappelle le débarquement de nombreux réfugiés sur le sol de la Floride. Vers le milieu des années 80, soit en 1985, le régime a broyé trois jeunes écoliers à la ville des Gonaïves, secouée par des manifestations anti-gouvernementales. Un macabre bilan de trois morts : Jean-Robert Cius, 19 ans, Mackenson Michel, Daniel Israël. Ce qui devait accélérer la chute de Baby Doc.

Emmanuel Saintus

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