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La presse et ses travailleurs font la Une

Les travailleurs de la presse sont souvent les cibles de la pieuvre mafieuse à travers le monde, ce qui les contraint notamment à se protéger et à collaborer entre eux, décrit l’ONG Reporters sans Frontières (RSF), dans un rapport publié le jeudi 29 novembre 2018. RSF dénombre également au moins cinq tentatives d’assassinats de journalistes dont les commanditaires et les exécutants étaient issus des rangs de la mafia, «sans compter les nombreuses agressions, menaces et destructions de médias ». À leur domicile, à leur travail ou via les réseaux sociaux, des journalistes se voient exhortés à choisir entre « se taire ou mourir ». L’Europe n’a pas été épargnée, avec, entre autres, les assassinats des journalistes d’investigation Daphné Caruana Galizia, tuée en 2017 dans l’explosion de sa voiture à Malte, et du jeune Jan Kuciak, tué avec sa compagne en février 2018, en Slovaquie. Tous deux s’intéressaient à la mafia italienne et à certaines de ses opérations financières, impliquant businessmen et hommes politiques. Dans les Pouilles (sud), la journaliste Marilù Mastrogiovanni qui enquête sur l’organisation mafieuse Sacra Corona Unita, reçoit continuellement des menaces et vit sous protection. «Il n’y a pas assez de policiers pour combattre la mafia et encore moins pour défendre les journalistes», regrette Mme Mastrogiovanni. Face aux menaces, certains journalistes mettent un terme à leurs enquêtes, d’autres choisissent de déménager, de s’exiler. Bien qu’en Haïti on ne dénombre pas de cas récents d’assassinat de journaliste, hormis la disparition suspecte de Vladjimir Legagneur, néanmoins, certains journalistes reçoivent continuellement des menaces de tout genre, pas de la mafia mais des proches de certaines grandes figures de la politique ou de l’État. D’autres ont même été agressés durant l’exercice de leur fonction. À cet effet, l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) condamne les cas d’agression de journalistes de différents médias, enregistrés lors des récents mouvements revendicatifs. « De tels agissements, d’où qu’ils viennent, sont condamnables», critique-t-elle, dans une note de presse. «Les mouvements revendicatifs, organisés depuis des mois dans plusieurs régions du pays, divisent la société», constate l’AJH qui dit craindre que ces moments de trouble ne polarisent la presse. Elle appelle les autorités compétentes, les protestataires, les partisans et sympathisants des différents groupes, au respect et à la protection des travailleurs de la presse. Les journalistes et les médias sont aussi invités à garder leur sérénité, en cette période de confusion. L’AJH rappelle également aux journalistes et aux médias, l’obligation qui leur est faite de travailler au respect et à la protection des libertés d’expression et de presse, garanties par la Constitution haïtienne.

Pour sa part, l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) appelle les autorités concernées à prendre des dispositions immédiates contre certains médias qui, dit-elle, incitent à la violence. Ces dispositions doivent être prises par le Conseil national de Télécommunications (CONATEL), le gouvernement et la justice, suggère-t-elle, tout en dénonçant des excès qui se seraient produits dans certains médias, depuis un certain temps. « La violence, sous n’importe quelle forme, ne saurait être tolérée et, ses auteurs et ceux qui la prônent doivent être immédiatement punis », exige-t-elle. Toutefois, l’ADIH dit supporter et défendre la liberté d’expression, reconnaît l’importance de la presse libre et des conquêtes en matière de liberté citoyenne. Par ailleurs, l’Association prône un climat propice aux investissements, dans la sécurité et la paix, tandis que le pays connaît une situation d’insécurité et de violences généralisées.

Altidor Jean Hervé

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