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Une semaine de paralysie et de manifestations en Haïti

Après la grande mobilisation du 18 novembre et plusieurs autres jours de grève dans la capitale et dans d’autres villes du pays, le jeudi 22 novembre les activités ont repris peureusement dans l’aire métropolitaine et le vendredi une grande manifestation du secteur démocratique et populaire est venue totalement clôturer une semaine inanimée. Les banques commerciales ainsi que de nombreuses entreprises avaient ouvert leurs portes, sans oublier les pompes à essence et les restaurants. Même constat pour le transport en commun qui avait repris timidement, dans certaines zones comme le Centre-ville, Pétion-Ville, Delmas, Route de Frères et Kenscoff. Par ailleurs, les établissements scolaires, publics et privés, étaient restés fermés, en raison du climat d’insécurité qui régnait dans plusieurs endroits. Le ministre de l’Éducation nationale ne s’est pas prononcé sur une probable réouverture des classes. Depuis le lundi 19 novembre, les activités économiques étaient perturbées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Peu de véhicules de transport en commun étaient visibles dans les rues de Carrefour, de Delmas, de Pétion-Ville, de Tabarre et des zones avoisinantes, après la journée de manifestations du 18 novembre 2018. En dépit de l’appel du ministre de l’Éducation, Pierre Josué Agénor Cadet, les établissements scolaires étaient restés fermés sur l’ensemble de la région. Le climat de tension était toujours perceptible dans les artères de la capitale. Le lendemain, on croyait que les activités allaient reprendre mais la quasi-totalité des activités économiques étaient encore paralysées le mardi 20 novembre, au niveau de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Dans la capitale haïtienne qui concentre plus de 80% des activités financières, toutes les institutions bancaires étaient fermées. Par crainte de violences, les entreprises commerciales, les établissements scolaires et les organismes publics étaient également fermés. Le transport en commun était paralysé sur l’ensemble des circuits de la région métropolitaine et dans les gares routières. Des motocyclettes étaient en grand nombre dans les diverses artères de la capitale. Toutefois, il y avait peu de passagers pour utiliser leurs services. Le gouvernement avait mis à la disposition de la population des autobus de la compagnie Dignité, afin de faciliter le déplacement des quelques rares téméraires qui ont, malgré eux, bravé les dangers d’une capitale vide et anxieuse. Quelques rares stations à essence étaient fonctionnelles dans la région métropolitaine. De rares détaillants du secteur informel étaient présents dans certaines artères de la capitale.

En dépit d’une légère tentative de reprise, en certains endroits et surtout au niveau du commerce informel, les activités ont toujours été perturbées, le mercredi 21 novembre 2018, en Haïti, notamment dans la capitale Port-au-Prince et dans différentes villes en province, après trois journées de mobilisations anti-gouvernementales. Les activités scolaires ont été complètement paralysées depuis trois jours, du lundi 19 novembre 2018 au mercredi 22, un peu partout sur le territoire national, excepté aux Gonaïves et pour quelques établissements scolaires à Saint-Marc (Artibonite /Nord), selon les informations disponibles. Globalement, les grands commerces, les banques, les stations à essence, les supermarchés, les institutions publiques et privées n’ont pas fonctionné dans la zone métropolitaine de la capitale. Sur les artères de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, la circulation des véhicules de transports publics connaît encore un net ralentissement, sauf pour des motos-taxis qui continuent à desservir diverses zones. Quelques rares véhicules étaient disponibles à l’angle des routes de Delmas et de l’aéroport international de Port-au-Prince, pour permettre à certaines citoyennes et à certains citoyens, de vaquer à leurs activités. Notons que la journée de mobilisation du dimanche 18 novembre 2018, en Haïti, en vue de demander des comptes sur la dilapidation des fonds PetroCaribe, s’est soldée par 6 morts, selon la police, mais 11 personnes tuées, selon des organisateurs. 6 morts, 5 blessés et 23 arrestations ont été enregistrés, selon un bilan fourni par la police. Mais, le bilan, dressé par la coalition Secteur démocratique et populaire, fait état de 11 morts, 47 blessés et 75 arrestations à la capitale et dans plusieurs villes de provinces. La journée du 18 novembre 2018 a été doublement marquée par la commémoration du 215e anniversaire de la Bataille de Vertières et la mobilisation populaire autour du dossier PetroCaribe dont les participants exigent également le départ du Président Jovenel Moïse.

Altidor Jean Hervé

 

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