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Remaniement : une idée qui ne plaît qu’à Jean Henry Céant et Jovenel Moïse

Moins de deux mois après la rentrée en fonction du gouvernement Céant, un possible remaniement du cabinet ministériel est évoqué à travers les médias par différents acteurs. Au niveau des parlementaires, on n’entend pas de la même oreille cette idée de remaniement, notamment chez les députés du Bloc majoritaire APH, proches du régime en place. Si le président de l’APH, Jean Wilson Hyppolite, député de Léogâne, intervenant au nom de la majorité, demande un « remaniement en profondeur » au sein du gouvernement, son collègue du même bloc, Wolf Papillon, député de Corail, est loin de partager cette position. « C’est une déclaration doublement indécente », affirme-t-il. Membre du Bloc majoritaire dénommé APH à la Chambre des députés, Wolf Papillon, député de la commune de Corail, ne partage pas l’avis de son président voulant un remaniement au sein du cabinet ministériel du gouvernement de Céant. Il est plus que formel là-dessus. « Le président Hyppolite a menti », précise-t-il. « Quels résultats tangibles attendre d’un gouvernement à un mois et demi de son entrée en fonction ? », se questionne le député qui s’interroge aussi sur la déclaration de son collègue président? « Je pense que c’est indécent », insiste-t-il, déplorant le fait que le Président dudit bloc fasse des déclarations sans aucune concertation avec les autres membres. « La dernière rencontre de l’APH date du 12 juillet, deux jours avant le renvoi du Premier ministre Jack Guy Lafontant », révèle l’élu de Corail, en net désaccord avec le député de Léogâne. « Jamais l’Alliance Parlementaire pour Haïti (APH) n’a exigé de remaniement ministériel » a fait savoir, le mardi 13 novembre 2018, le député de la circonscription Cayes/Iles-à-Vaches, Clauvy Robas, contestant lui aussi les déclarations du président de son bloc, Jean Wilson Hyppolite. Selon lui, de telles déclarations n’engagent nullement le Bloc majoritaire de la Chambre basse, sinon Jean Wilson Hyppolite, lui-même. Le député Clauvy Robas n’écarte pas la possibilité que certains autres parlementaires aient pu appuyer la démarche du représentant de Léogâne à la Chambre basse. En ce sens, il demande à son collègue de citer nommément les députés dont il a le soutien. Le député Clauvy Robas juge inconcevable qu’on demande une modification au sein du gouvernement alors que les nouveaux ministres n’ont pas encore 6 mois à leurs postes. Le député Jean Wilson Hyppolite avait menacé, la semaine dernière de tourner le dos au président de la République, Jovenel Moïse, si des dispositions ne sont pas prises pour effectuer des changements au sein du gouvernement. Pourvu que cela aide à trouver une atténuation politique dans la crise qui secoue le pays, le Premier ministre se dit prêt à remanier son gouvernement. Toutefois, pour la classe politique, notamment les opposants au pouvoir, un nouveau gouvernement, encore moins un remaniement ministériel, ne changeront en rien la situation. Sans budget depuis son investiture, le 17 septembre dernier, il est difficile pour le gouvernement Céant d’imposer sa marque. Les deux premières grandes décisions du Premier ministre, à savoir la création d’une Task force pour faire baisser les prix des produits de première nécessité sur le marché et la formation d’une Commission de Vérité pour faire la lumière sur l’utilisation du fonds PetroCaribe, battent de l’aile. La situation socioéconomique du pays ne s’améliore pas. Pire, les perspectives ne sont pas rassurantes. C’est dans ce contexte que le chef du gouvernement, en visitant les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), a déclaré : « aucun sacrifice n’est au-dessus de l’amour qu’on a pour le pays. Si c’est le remaniement qui peut aider à trouver un apaisement, pourquoi pas ? » Jean-Henry Céant a précisé que le président de la République est aussi de cet avis. Le chef de la Primature a toutefois nuancé ses propos, en précisant que le remaniement de son gouvernement dépendra du dialogue engagé avec toutes les couches de la société. Le notaire veut dialoguer même avec ceux qui ne veulent pas dialoguer. Pour la plupart des partis politiques, qu’il s’agisse de ceux qui sont proches du pouvoir, ceux qui sont dans l’opposition modérée ou les farouches opposants du pouvoir qui exigent le départ du chef de l’État, un remaniement du gouvernement ne va rien changer à la situation actuelle du pays.

Altidor Jean Hervé

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