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Le peuple demande le départ du menteur

Alors que le peuple demande le départ de Jovenel et de son équipe au pouvoir, les menteurs avec aplomb continuent de tergiverser. En effet, le Premier Ministre Jean Henry Céant, réagissant à une question sur un éventuel remaniement ministériel, comme solution pour résoudre la crise politique qui sévit en Haïti, a répondu : « aucun sacrifice n’est au-dessus de l’amour qu’on a pour le pays. Si c’est le remaniement qui peut aider à trouver un apaisement, pourquoi pas ? » Un point de vue qui, selon Céant, serait partagé par le Chef de l’État, mais qui dépendrait du dialogue avec toutes les couches de la société. Toutefois, pour la plupart des partis politiques, qu’il s’agisse de ceux proches du pouvoir ou de ceux qui sont dans l’opposition et qui exigent le départ du Chef de l’État, un remaniement du Gouvernement ne va rien changer à la situation en Haïti.

Jean Wilson Hippolyte, président du Groupe majoritaire (Alliance Parlementaire pour Haïti – APH) de la Chambre basse, avait exigé un « remaniement en profondeur du Gouvernement », position qui s’oppose à celle de Gary Bodeau, président de la Chambre basse, qui ne juge pas propice un remaniement du Cabinet. Selon le député de Léogâne, Jean Wilson Hippolyte, président du Groupe majoritaire (Alliance Parlementaire pour Haïti – APH) de la Chambre basse, il est urgent que l’Exécutif envisage de remanier véritablement le Gouvernement, afin de favoriser l’intégration d’autres secteurs. Concernant l’exclusion de 16 conseillers du Cabinet du Président Moïse, il avait déclaré: « Nous prenons acte de ce geste du Chef de l’État d’écarter de son cabinet certaines personnes soupçonnées d’avoir des comptes à rendre dans le cadre du dossier PetroCaribe. Nous exigeons qu’il continue à s’en débarrasser ». Et de poursuivre que l’APH exige que le Gouvernement mette à la disposition de la justice, tous les moyens nécessaires pour mener à bien son travail vers la réalisation du procès PetroCaribe. «L’APH met la pression sur l’Exécutif, lance un avertissement au Chef de l’État, à son Premier Ministre. S’ils veulent continuer à avoir le soutien du Groupe Majoritaire, nous exigeons des actions concrètes et la prise en compte (de la) totalité de nos exigences pour rester solidaires au Gouvernement. », a dit le député Hippolyte.

Pour Clarens Renois, coordonnateur général de l’organisation politique UNIR, qui a déjà refusé un poste au gouvernement de Céant, penser qu’un remaniement ministériel va apaiser la situation, « c’est passer à côté du problème. » « Un replâtrage ne va rien changer. Nous sommes dans un système qui ne peut plus tenir. Il faut aborder sérieusement les problèmes du pays. Sinon, on va changer de gouvernement chaque mois… », a-t-il fait savoir. L’ancien candidat à la présidence estime que la demande des députés de l’APH est en contradiction avec les déclarations du Président de la République qui avait annoncé aux Nations unies en septembre dernier qu’il allait former un gouvernement d’union nationale. Pour Clarens Renois, si c’est maintenant que des parlementaires proches du Palais national veulent un gouvernement avec la participation de tous les acteurs, cela veut dire que le gouvernement de Céant n’est pas un gouvernement d’union nationale.

Le porte-parole du Secteur démocratique et populaire est, quant à lui, sans appel. Un remaniement ou nouveau gouvernement ne veut rien dire. « Nous ne sommes pas des demandeurs d’emplois. Jovenel Moïse, Président de la République, placé au pouvoir par les dilapidateurs du fonds PetroCaribe, représente le principal obstacle à l’aboutissement de ce procès. Le chef de l’État ne peut plus garantir le maintien de l’ordre dans le pays, donc il doit partir « pour éviter le chaos. » Me André Michel soutient que le moment est venu pour toutes «les forces vives de la société et les amis de la communauté internationale de s’asseoir pour négocier une sortie de crise qui passera par la démission de Jovenel Moïse».

Même son de cloche au niveau de la Fusion qui a, de son côté, déclaré qu’un remaniement du gouvernement ne va rien changer. Le secrétaire général de ce parti politique, Rosemond Pradel, affirme qu’il ne marche pas dans la logique d’intégrer un gouvernement, rien que pour avoir un poste ministériel. « La crise n’est pas conjoncturelle », a-t-il fait remarquer, soulignant que depuis plus de 200 ans, rien n’a été fait pour changer les conditions de vie de la population. Rosemond Pradel croit que c’est le système qu’on doit changer. « La crise est l’expression de l’insatisfaction de la population », a-t-il dit.

Joanas Gué, l’un des dirigeants de la plateforme VERITE, fait partie du gouvernement Céant. Toutefois, il estime que la situation actuelle du pays est « extrêmement compliquée. » Pour lui, ce n’est pas un remaniement qui va changer les choses. L’ancien ministre de l’Agriculture de René Préval croit que l’Exécutif devrait engager un dialogue avec tous les acteurs, « pour arriver à une vraie cohabitation politique. »

Emmanuel Saintus

 

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