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PetroCaribe : démagogie pour faire diversion

L’orgueil et l’audace de Jovenel Moïse et de son Premier Ministre, Jean Henry Céant, sont partis en fumée. Il y a les provocateurs et ceux qui rient d’eux. C’est un vrai cauchemar pour les bluffeurs provocateurs qui cherchent à énerver le monde, en précisant que des millions d’Haïtiens qui revendiquent la restitution du fonds PetroCaribe sont payés pour le faire. User du langage des oiseaux en étant un coq, même un mouton le comprend. Le petit coq ne berne plus personne. Et en face, il y a les agneaux de Dieu qui peuvent se transformer en loups à leur guise, le temps d’une riposte, jamais d’une attaque. Il leur suffit juste quelques calembours pour agacer le coq. Mais que peut-il vraiment avec son bec, ce coq orgueilleux ? Jovenel Moïse et ses alliés se retrouvent aujourd’hui sur le fil du rasoir. Tant qu’il n’y aura pas d’arrestation des dilapidateurs du fonds PetroCaribe, aucune négociation n’est possible. Aujourd’hui, nous sommes dans une nouvelle situation. Il est bon d’écouter les appels au calme du Core Group, qui ne sont pas dus au réveil de la conscience de ces diplomates mais à la résistance des Haïtiennes et des Haïtiens et à l’échec du régime en place. Le Core Group a le droit d’être paniqué et de condamner les manifestations populaires. Il est quand même étrange qu’il ne réagisse pas aux scènes de tueries quotidiennes dans les quartiers populeux et qu’il ne se sente pas touché par la mort par balle d’un enfant à l’Église Perpétuel au Bel-Air, lors des funérailles des six manifestants abattus par balles par la police, au cours des manifestations du 17 octobre. Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Ocnam-Clamé Daméus, a émis des mandats d’amener à l’encontre de trois anciens directeurs du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD). Il s’agit de Michaël Lecorps, Eustache St-Lot, Patrick Noramé. Le BMPAD avait la charge d’exécuter les résolutions du Conseil des Ministres sur les projets financés dans le cadre de l’accord sur les produits pétroliers. Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince a mis en cause ces anciens directeurs du BMPAD pour : concussion, passation illégale de marchés publics, enrichissements illicites, abus de fonction, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. M. Patrick Noramé fait l’objet d’un mandat international et d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire, émise par le parquet au sujet des dépenses estimées à plusieurs millions de dollars américains du BMPAD. En ce qui a trait à M. Eustache St-Lot, il avait été placé en garde à vue au commissariat de Port-au-Prince, sur ordre du commissaire du gouvernement, Me Danton Léger, le vendredi 27 mai 2016. En plus, des anciens hauts fonctionnaires et anciens officiels des administrations de René Préval, Michel Martelly et Jocelerme Privert, impliqués dans la gestion du fonds PetroCaribe, sont dans le collimateur de Me Ocnam-Clamé Daméus. Le chef du Parquet de la capitale, qui a repris l’offensive dans le dossier PetroCaribe, a également lancé de nouvelles invitations aux anciens premiers ministres Laurent Salvador Lamothe et Jean Max Bellerive. Les auditions des ex-premier ministres sont fixées au 9 et au 13 novembre 2018. En ce qui a trait aux plaintes de la diaspora haïtienne, les plaignants : Maxi François, Tina Lorquet et Roland Sainristil, domiciliés aux États-Unis, seront interrogés prochainement au Cabinet d’instruction, dans le Cadre de la dilapidation des 3,8 milliards du fonds PetroCaribe. «Nous saluons la mobilisation de la Diaspora haïtienne qui a donné à ce dossier sa dimension internationale » a informé Me André Michel.

 

Mobilisation du 18 novembre

Selon le sénateur de l’Ouest, Antonio Chéramy, un ensemble de dispositions sont prises par le Pouvoir en place, pour tenter de boycotter la mobilisation citoyenne visant à demander de faire la lumière sur la dilapidation du fonds PetroCaribe. Il a également dénoncé l’intervention, le 31 octobre 2018, des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) à l’église Perpétuel Secours, dans le quartier de Bel-Air, à Port-au-Prince, lors des funérailles des personnes tuées au cours de la manifestation du 17 octobre 2018. Une trentaine de personnes avaient été blessées par balles, ce jour-là, dans le quartier de Bel-Air. «Ces dispositions visent à empêcher que justice soit faite dans ce dossier. À chaque fois que les citoyens gagnent les rues pour protester contre les dilapidateurs du fonds PetroCaribe, c’est comme s’ils dérangeaient le Pouvoir en place. Le Pouvoir aurait donné l’ordre de frapper, tuer, bombarder de gaz lacrymogènes et de jeter en prison les citoyens protestataires, sans le moindre respect pour la loi. Cela prouve que la vie des humains ne vaut rien pour les dirigeants du pays. Ceux qui sont supposés servir et protéger les citoyens haïtiens se convertissent en bourreaux», a critiqué le sénateur de l’Ouest. Le parti politique « PITIT DESALIN » croit que la bataille pour la reddition des comptes et le renversement du régime en place n’admet pas de pause : « Il faut agir sur tous les fronts », a dit l’ex-sénateur et candidat à la présidence. « La première manifestation se tiendra le 10 novembre prochain dans le Nord du pays », au nom de PITIT DESALIN, parmi les 10 annoncées à travers tout le pays. Ces rassemblements populaires s’étaleront sur la période du 10 au 21 novembre prochain. L’objectif : continuer d’exiger le départ du Pouvoir en place et la vérité sur l’utilisation du fonds PetroCaribe. Le leader de ce parti a dit accorder peu d’importance à tout éventuel remaniement ministériel, prôné par le Premier Ministre Jean Henry Céant. Certain du renversement du chef de l’État, Moïse Jean-Charles préconise la formation d’un gouvernement ayant à sa tête un membre de la Cour de cassation et comme Premier ministre un représentant de l’opposition.

Emmanuel Saintus

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