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Le chantage de Jovenel Moïse à Marchand-Dessalines

Le mercredi 17 octobre, jour de la commémoration du 212e anniversaire de l’assassinat de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, les cérémonies se sont déroulées en deux endroits. Tout d’abord, à Pont-Rouge où le Président Jovenel Moïse, accompagné de son épouse, Martine, du Premier Ministre, Jean Henry Céant, de Hauts Dignitaires de l’État, du Haut État-major de la Police Nationale et des membres du Haut État-major de l’Armée, a déposé une gerbe de fleurs au pied du monument érigé à la mémoire du Père de la Nation, puis le Chef de l’État s’est rendu à Marchand-Dessalines où il a participé à une messe d’action de grâce en l’honneur du Fondateur de la Nation, à l’Église Paroissiale Sainte-Claire, de Dessalines, avant de se rendre sur la place Dessalines pour une minute de recueillement au pied de la statue de l’Empereur et présenter son message à la Nation. Au Pont-Rouge, Jovenel Moïse qui voulait montrer sa prétendue popularité, a mis en colère la population. Le Président Jovenel Moïse a été la cible de tirs d’armes à feu et des jets de pierre, alors qu’il déposait une offrande florale en hommage au Père de la Nation, le mercredi vers 9h30 du matin à Pont-Rouge. En marge de ces incidents, ses gardes du corps ont empêché tout déplacement du Président Jovenel Moïse qui n’a pas été touché, jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de le conduire en toute sécurité dans un autre lieu. Deux des agents de sécurité du Président Moïse, de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN) ont été blessés, dont un à la tête par un jet de pierre. «Il est sorti indemne de la fusillade qui a eu lieu dans la première partie de la cérémonie » a précisé le sociologue Gilbert Mervellus qui a déclaré que ce jour était un jour difficile pour la Nation, « c’est-à-dire que le programme de l’opposition ne fait que commencer, car on s’attend à de nombreuses manifestations dans toutes les régions du pays, aujourd’hui.» Malgré l’incident montrant à Jovenel Moïse que le peuple en a assez de ses mensonges, il a tout de même continué sa journée en se rendant à Marchand-Dessalines où il a participé à une messe. Dans son message à la nation, Jovenel Moïse a dit que : « le 17 octobre est une date sacrée pour Haïti. C’est un moment où nous commémorons un triste événement dans l’histoire du pays, une tache qui est collée dans l’histoire d’Haïti. Comme peuple libre qui a lutté pour donner au monde entier un exemple, nous avons montré à tous les peuples de la terre que l’esclavage est une mauvaise pratique qui doit s’arrêter quelle que soit sa forme ou le lieu. C’est la plus grande leçon dans l’histoire d’Haïti, c’est une des plus grandes leçons pour l’humanité, quand nous avons montré au monde entier ce que nous pouvons faire dans l’union. La République d’Haïti est la référence pour tous les peuples sur la terre qui aiment la liberté, qui veulent travailler pour la dignité, pour la paix, pour l’union, la justice, le respect des droits de tous, pour l’inclusion, pour le progrès, comme une bonne éducation pour tous les enfants, tous les jeunes, pour tous les citoyens qui vivent sur cette terre. C’est ce que Dessalines avait comme projets. C’est sur ces projets que je regarde pour aller plus de l’avant. Après avoir fini de lutter pour notre liberté, malheureusement, nous avons pris un autre chemin, le chemin de la division, de la lutte, les uns (envers) les autres, du cassage, de la trahison. Aujourd’hui, c’est le jour où nous tous, Haïtiens, quel que soit l’endroit, nous devons prendre conscience de la situation et de l’avenir de notre pays. Nous sommes tous d’accord que nous devons changer la façon dont nous vivons dans le pays pour que tous les Haïtiens puissent vivre dans la Paix, pour que nous puissions travailler pour que le pays puisse utiliser toutes ses ressources, pour que tous ses enfants puissent mieux vivre […] », a rabâché Jovenel Moïse.

 

De son côté, le Premier Ministre Jean Henry Céant n’entendait pas laisser passer l’occasion sans mettre ses petites cerises sur le gâteau. «Aujourd’hui, un mois après ma déclaration de politique générale devant la Chambre, je pense qu’il est important que je vienne vous parler. Ceci est très important car dans une démocratie, les citoyens doivent entendre leurs dirigeants. Les dirigeants doivent entendre leurs citoyens. Aujourd’hui est un jour spécial, c’est l’anniversaire de la mort de notre Père, Jean-Jacques Dessalines. C’est la veille du jour où nous devons tous nous rappeler ce que l’Empereur a représenté pour nous, comment ses idées sont restées vivantes, jusqu’à aujourd’hui. Solidarité les uns avec les autres, unité nationale, inclusion des enfants du pays, pour la relance de l’économie du pays. Mais je dois aussi dire que certains de nos compatriotes veulent profiter de cette occasion pour manifester, faire entendre leur voix sur des questions importantes pour la vie du pays. C’est leur droit. Ils ont le droit de le faire, dans la paix et l’ordre. C’est pour ce droit que beaucoup se sont battus, beaucoup d’entre nous vont continuer à se battre. C’est l’un des droits que la Constitution garantit. De même, cette Constitution garantit également que chaque personne dans le pays puisse vivre dans la paix, la sécurité et la paix dans tout le pays. Ces droits signifient que personne ne devrait craindre les gens. Ni dans ce qu’ils disent, ni dans ce qu’ils font. Se respecter, c’est assurer la paix sociale, permettre aux entreprises de fonctionner, que les jeunes hommes et de jeunes femmes trouvent du travail. C’est de permettre aux touristes de visiter le pays, permettre aux agriculteurs de vendre leur production, permettre ainsi aux opérateurs d’opérer. La paix sociale est bonne pour tout le monde, pour tout le pays. Sous le leadership de Jovenel Moïse, le Gouvernement que je dirige a décidé d’accompagner tous les citoyens qui décideraient de manifester pour défendre leurs idées. La police accompagnera toute manifestation respectant les règles du jeu. Notre police nationale protégera tous les citoyens qui décident de vivre en Paix. Toute personne a le droit de manifester, mais cela doit être fait dans le respect les uns envers les autres. C’est la règle de la démocratie. Mais les forces de l’ordre sont également tenues d’appliquer ce que la loi prévoit à tous ceux qui ont décidé de propager la tourmente dans la vie du pays, à travers des actes de violence. La police ne tolérera ni la violence sur les personnes ni la violence sur les biens. La police a reçu des instructions pour mettre l’ordre dans le désordre. Un pays ne peut pas vivre dans l’instabilité ni dans l’atteinte (contre la sécurité) de personnes ou de biens. Nous savons que les gens font de grands sacrifices pour ouvrir une entreprise, acheter une voiture, construire une maison. La police ne tolérera pas qu’un groupe de personnes décide de supprimer ces sacrifices. Les personnes qui prennent la responsabilité de l’organisation d’une manifestation, prennent la responsabilité que cette manifestation se déroule bien. Ils prennent leurs responsabilités lorsqu’ils déposent les papiers pour la manifestation. Ce qu’ils doivent dire à toutes les personnes qui manifesteront, c’est de le faire en respectant la loi. S’il y a des dérapages, les organisateurs de ces manifestations sont responsables des dégâts. La responsabilité personnelle est engagée », avait parlé Céant.

Emmanuel Saintus

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