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L’église Shalom veut donner à César ce qui est à César

Une affaire mettant aux prises la Direction Générale des Impôts (DGI) et le pasteur André Muscadin, a éclaté. Le leader de l’église Shalom Tabernacle de Gloire qualifie de persécution, la décision de l’État haïtien de saisir les comptes de l’institution pour des taxes non payées entre 2010 et 2015, évaluées à 3 557 569,69 de gourdes. Dans une correspondance en date du 24 novembre 2016 circulant actuellement sur les réseaux sociaux et portant la signature de son avocat, Jacques Lochard, le pasteur Muscadin avait donné « la garantie » de payer la somme d’impôts que lui réclamait l’institution. « Le révérend pasteur André Muscadin, représentant légal de l’église Shalom Tabernacle de Gloire, a le plaisir de vous informer qu’il est prêt à payer les impôts tels que calculés par la DPME, en référence à la note de vérification directe et assimilée, au bas de laquelle il a apposé sa signature », lit-on d’emblée dans la lettre. Dans la foulée, l’homme de foi avait même proposé un plan de versement en trois étapes, selon ce qu’indique le document, soit un million de gourdes (1 000 000) pour les deux premiers versements et 1 981 463, 25 gourdes pour le troisième. Une somme avoisinant les 3 557 569,69 gourdes d’impôts qu’exige la Direction Générale des Impôts à la Radio Télé Shalom. Après être monté au créneau pour dénoncer les mesures de la DGI, Muscadin a décidé d’entamer les démarches, en vue de se mettre en règle avec le fisc, selon nos dernières informations. Le pasteur de la plus grande église d’Haïti, André Muscadin, affirme être en négociation avec les autorités haïtiennes pour résoudre le conflit. Nous n’avons plus de problème avec les autorités et nous n’étions jamais impliqués dans un conflit politique. Je n’ai pas été manipulé. L’église accorde la parole à tous les leaders politiques, a dit M. Muscadin qui avait exprimé des positions hostiles au gouvernement, le week-end écoulé. Le pasteur Muscadin a eu des rencontres avec le Président Jovenel Moïse et le Premier Ministre Jean Henry Céant, afin de rechercher une solution au conflit qui opposait la Mission Shalom à la DGI. «Tout est bien. Nous sommes sur la voie d’une entente avec la DGI, » a dit pasteur Muscadin, lors de la réunion de prière, le mardi 16 octobre 2018. Il soutient qu’il a fait état de ses revendications lors d’une rencontre avec M. Miradin Morlan, le directeur général de la DGI. «Je salue le directeur Morlan. Ce n’est pas le type de personne qu’on croyait,» a-t-il dit. Le pasteur Muscadin a admis, qu’en tant que citoyen, il doit payer des impôts mais rappelle que l’église doit être exemptée. Ce changement d’attitude est occasionné par la rencontre qu’il a eue avec le Président de la République, Jovenel Moïse et le Premier ministre, Jean-Henry Céant. « Je demande un temps de pause sur le soulèvement que nous devrions entamer dès demain, les autorités ont répondu à l’ultimatum que je leur ai lancé ce week-end », a lancé le chef de l’église devant un public scandant des « Amen ». André Muscadin se vante d’avoir pu rencontrer les plus hautes instances de l’État, comme il l’avait souhaité. L’église Shalom a bénéficié de l’appui de la Fédération Protestante d’Haïti et de la Fédération des Églises du Grand Nord dans ce dossier. « Le pasteur Muscadin a décidé de payer à César ce qui est à César », a lancé Sylvain Exantus, sans préciser ce qui s’est réellement conclu entre les deux entités. Il a félicité André Muscadin et Miradin Morlan, Directeur de la DGI, qui ont trouvé une issue paisible à cette affaire.

Altidor Jean Hervé

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