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Salaire minimum: augmentation de façade

« Nous rejetons ce salaire minimum fixé par le président. Nous n’allons pas accepter plus bas qu’entre 550 et 600 gourdes de salaire minimum. Sinon, on va maintenir la mobilisation pour l’étendre sur tout le territoire », a réagi Fignolé Saint-Cyr, l’un des responsables de la Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens (CATH). Le gouvernement Moïse/Céant vient de donner un coup de massue à la masse la plus pauvre sur le dossier de la révision de salaire minimum. En effet, dans un arrêté publié en date du lundi 8 octobre 2018 dans le journal officiel, Le Moniteur, le Président de la République et le Premier ministre, sur le rapport de la ministre des Affaires sociales et du Travail et après délibération en Conseil des ministres, fixent le salaire minimum entre 215 à 500 gourdes par journée de travail de huit heures. Le salaire minimum dans les factorys est passé de 350 à 420 gourdes, soit une augmentation de 70 gourdes. Selon le syndicaliste, Fignolé Saint-Cyr, le Conseil supérieur des salaires (CSS) avait proposé 400 gourdes de salaire de base, et le président Jovenel Moïse y a ajouté 20 gourdes, ce qui porte à 420 gourdes le salaire minimum. Une augmentation de façade rejetée par les syndicalistes du secteur des textiles. Les syndicalistes dans le secteur de la sous-traitance et du textile rejettent cet ajustement et maintiennent leur mouvement de protestation pour exiger entre 550 et 600 gourdes comme salaire de base. Dans ce secteur, la grogne se fait déjà entendre depuis des mois. Les ouvriers n’ont pas cessé de réclamer, depuis plus d’un an, un salaire minimum de mille gourdes. L’homme d’affaires Réginald Boulos avait proposé que le salaire minimum soit fixé, au moins, à 585 gourdes, dans le secteur de la sous-traitance. Ce, au regard de l’inflation et de la décélération de la gourde. De son côté, le patron de la SOGENER, Dimitri Vorbe, avait proposé un salaire de 600 gourdes.

 

Selon l’arrêté, à compter du 1er octobre 2018, le salaire minimum de référence est fixé à cinq cents gourdes (500.00 HTG), par journée de huit heures de travail, pour les entreprises faisant partie du segment A, c’est-à-dire : production privée d’électricité ; institutions financières (banques, maisons de transfert, sociétés d’assurance) ; télécommunications ; commerce import-export ; supermarchés ; bijouteries ; galeries d’art ; magasins de meubles, de mobiliers de bureau et d’appareils électro-ménagers ; magasins de matériel informatique ; entreprises de location de voitures ; entreprises de transport aérien ; entreprises de courrier, de transport de colis et de cargo ; entreprises de jeux de hasard (tenanciers de borlette, loterie, casino, etc.) ; concessionnaires d’automobiles ; communication, agence publicitaire et presse (écrite, électronique, parlée, et télévisée), sauf presse communautaire ; institutions scolaires privées ; institutions universitaires privées ; institutions de santé privées, cabinets de médecins, polycliniques, pompes funèbres ; agences maritimes et aéroportuaires ; cabinets de professionnels libéraux et de consultants ; agences de voyage ; hôtels avec 4 hibiscus et plus et agences immobilières.

 

Ensuite, le salaire minimum est fixé à 400 gourdes par journée de huit heures de travail, pour les entreprises faisant partie du segment B, c’est-à-dire : bâtiments et travaux publics (BTP) ; entreprises de location de camions et d’engins lourds ; entreprises de location de matériaux de construction ; entreprises de transport de matériaux de construction ; quincailleries ; autres institutions financières (coopératives / caisses populaires, institutions de microcrédit) ; commerce de gros ; magasins de produits cosmétiques et de vêtements ; commerce de livraison d’eau en vrac ; entreprises de transport terrestre ; hôtels avec 3 hibiscus et moins ; imprimerie, photocopie, infographie, lithographie et services informatiques ; salons de coiffure et de massage ; entreprises de nettoyage de vêtements (laundry and dry cleaning) ; industries extractives (mines et carrières) ; entreprises de transport maritime ; industries manufacturières, tournées vers le marché local, industries d’embouteillage de boissons gazeuses, de jus, d’eau traitée, brasseries.

S’agissant du segment C, le salaire minimum est fixé à 350 gourdes par journée de huit heures de travail, pour les secteurs suivants : restaurants ; agriculture, sylviculture, élevage et pêche ; industries de transformation de produits agricoles ; commerce de détail, sauf supermarchés, bijouteries, magasins de produits cosmétiques et de vêtements ; boutiques d’artisanat et maroquinerie ; presse communautaire ; autres services non marchands (organisations à but non lucratif, telles des organisations non gouvernementales d’aide au développement (ONG) nationales et internationales, des fondations, des associations, des coopératives de production et de services non financiers).

Dans le segment E, le salaire minimum pour huit heures de travail par jour est fixé à 215 gourdes pour le personnel de service à domicile (gens de maison).

Dans les segments F et G, les autorités fixent le salaire minimum pour huit heures de travail par jour à 400 gourdes. Il s’agit des entreprises suivantes : agences de sécurité privées ; entreprises de distribution de produits pétroliers ; écoles professionnelles privées ; institutions de santé privées employant plus de dix personnes et qui offrent des services d’hospitalisation.

Enfin, le salaire minimum pour huit heures de travail par jour dans le segment H est fixé à 420 gourdes pour les établissements suivants : industries d’assemblage tournées vers l’exportation et autres industries manufacturières tournées vers l’exportation.

Emmanuel Saintus

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