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Les bandits ne chôment pas, et la justice en a plein les bras…

Le phénomène de l’insécurité continue de faire des victimes innocentes dans diverses régions et recoins du pays.  En effet, des bandits armés ont ouvert le feu sur la voiture de l’ancien candidat à la présidence et actuel secrétaire général du parti Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), Éric Jean Baptiste.  L’incident s’est produit à Carrefour-Feuille, alors que Jean-Baptiste s’apprêtait à amener ses enfants à l’école, le lundi 1er octobre 2018.  La victime a reçu une balle à son bras et sa voiture a été trouée de plusieurs projectiles.  

 

Au Cap-Haïtien (Département du Nord, deuxième ville du pays), une équipe de la voirie de la ville, qui assurait le ramassage des ordures a été la cible des bandits non identifiés au niveau de la rue 2, le samedi 29 septembre 2018.  Selon l’administration municipale, une femme a été tuée et une autre est portée disparue, à la suite de cette attaque.  « Cet acte lâche et incompréhensible nous révolte tous.  Notre ville n’a pas la réputation d’une ville où règne l’insécurité. Nous sommes en pourparlers depuis plusieurs semaines avec la Police Nationale d’Haïti (PNH) au niveau départemental et avec la justice.  Nous devons trouver une solution à cette situation d’insécurité grandissante dans la ville. Nous présentons nos sincères condoléances à la famille de la victime et nous ferons tout notre possible pour que lumière soit faite sur cet acte barbare, » a fait part l’administration municipale.

 

Le mercredi 26 septembre 2018, plusieurs commerçants ont fermé les portes de leurs magasins pour protester contre le phénomène de kidnapping qui fait rage dans la commune de Léogâne. Quatre commerçants ont été kidnappés ces derniers jours dans la commune de Léogâne, puis libérer après avoir payé une rançon à leurs ravisseurs.  La technique utilisée par les kidnappeurs est simple : ils se font passer pour des agents de la DCPJ et font croire à leur proie que la police judiciaire souhaite les entendre dans le cadre d’un dossier.  Puis, ils font croire aux proches du kidnappé qu’il a endommagé une voiture au cours d’un accident et qu’ils doivent apporter telle somme pour la réparation, sans quoi il ne sera pas libéré, a révélé l’un des commerçants requérant l’anonymat.  En signe de protestation, plusieurs commerçants ont entrepris de fermer leurs magasins au marché public, le mercredi 26 septembre 2018. « Nous sommes tous ciblés et fonctionnons la peur au ventre. Nous resterons au chômage jusqu’à ce que les autorités policières, judiciaires et municipales nous garantissent un climat propice aux affaires.  L’État doit comprendre combien notre présence est importante pour la commune. Nous créons de nombreux emplois directs et indirects. Nous permettons aux marchands de ne plus risquer leur vie en allant s’approvisionner à Port-au-Prince. Par ailleurs, nous leur permettons d’acheter à crédit. Des mesures doivent être prises pour garantir notre sécurité car, si nous décidons de nous installer ailleurs, ce sera un gros coup pour l’économie locale », ont fait savoir les commerçants.  

 

En outre, le vendredi 28 septembre, Clamé Ocnam Daméus, le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, a procédé à l’arrestation de 2 des 5 policiers ayant filmé dans la soirée du 15 septembre dernier, à la rue Camille Léon, un couple en plein ébats amoureux dans une voiture (et ayant diffusé le vidéo sur internet).  Il s’agit des agents Joassaint Estafort et Bombay Jean-Michel. De plus, ces deux (2) policiers qui auraient soutiré la somme de 2 500 gourdes au couple, seront poursuivis pour concussion et attentats aux mœurs.

 

Par ailleurs, à la veille de la rentrée judiciaire (1er octobre 2018), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a publié un rapport de 37 pages, détaillé et sans concession sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire haïtien pour l’exercice 2017-2018. Des ordonnances d’interdiction de départ contre d’anciens ministres, le renvoi du maire de Pétion-Ville par devant la juridiction de répression, la libération de détenus par le Parquet de Port-au-Prince, l’affaire des destruction de maisons à Pèlerin 54 (proche de la résidence de Jovenel Moïse), les scandales au sein de l’appareil judiciaire, entre autres : l’affaire du gang Galil, Clifford H. Brandt, le bilan des assises criminelles, la liste des individus condamnés pour crimes sexuels (et leurs peines), les affaires qui ont défrayées la chronique judiciaire, notamment : l’assassinat de trois (3) jeunes femmes sourdes-muettes, l’Intervention de la PNH à Grand-Ravine, l’assassinat du père Joseph, l’affaire PetroCaribe et celle de Jean-Claude Duvalier et consorts sont quelques-uns des aspects sur lesquels le RNDDH a enquêté, mettant au grand jour avec beaucoup de précisions, de nombreuses zones d’ombres et de défaillances du système judiciaire haïtien… On y apprend également que le nombre de personnes en détention préventive entre le début de l’année judiciaire (2017-2018) et la fin de cette même année, au-delà de la démagogie du Ministère de la Justice et du Gouvernement, n’a baissé que de 42 personnes en un (1) an, passant de 8,767 détenus à 8.725, sur une population pénitentiaire totale de 11 979 détenus.

Emmanuel Saintus


 

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