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Certains problèmes de l’éducation identifiés, et les syndicalistes protestent…

Plusieurs syndicats d’enseignantes et d’enseignants projettent une marche, le vendredi 5 octobre 2018, à Port-au-Prince, à l’occasion de la Journée internationale des enseignants, qui sera célébrée cette année sous le thème : « Droit à l’enseignement de qualité ».  Cette marche entend exiger de meilleures conditions de travail pour les professionnels de l’éducation, notamment un environnement répondant aux normes et standards internationaux. C’est ce qu’a indiqué Wilbert Franck, coordonnateur de l’Union nationale des normaliennes/normaliens et éducatrices/éducateurs d’Haïti (UNNOEH). L’État devrait d’abord penser à financer la formation des enseignants dans le système éducatif, avant de penser à l’implémentation du nouveau secondaire, estime-t-il.  De nouvelles réformes relatives à la mise en œuvre du secondaire rénové ont été annoncées dans le système éducatif haïtien, particulièrement au niveau du secondaire. Franck déplore également le manque de travaux de réhabilitation au niveau des écoles affectées par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, plus de huit ans après. Il cite les cas des lycées Jean-Jacques Dessalines, Marie-Jeanne et du Cent-cinquantenaire, situés à la capitale, Port-au-Prince. La Journée mondiale des enseignants 2018 marquera le 70e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) qui inscrit l’éducation parmi les droits fondamentaux et proclame le droit à un enseignement gratuit et obligatoire, ainsi qu’un accès équitable et inclusif à l’éducation pour tous les enfants. Célébrée chaque année le 5 octobre depuis 1994, la Journée mondiale des enseignants commémore la signature de la Recommandation OIT/UNESCO, concernant la condition du personnel enseignant de 1966.  La Journée est coorganisée en partenariat avec l’UNICEF, le PNUD, l’Organisation Internationale du Travail, entre autres. Le thème retenu pour cette année : « Le droit à l’éducation, c’est aussi le droit à un personnel enseignant qualifié », devra rappeler à la communauté internationale que le droit à l’éducation ne peut pas s’exercer sans le droit à des enseignants formés et qualifiés. Voulant exiger le respect de leurs droits, Angeline Cherfils, coordonnatrice des affaires féminines de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (UNNOH), souligne que la tournée entamée le 20 septembre par les enseignants, en vue de sensibiliser la population sur la condition des enseignants en Haïti se poursuit et atteindra les 10 départements géographiques du pays.

Les taux d’échec successifs au niveau des examens officiels ont fait l’objet d’une étude, et les résultats dévoilent que le rendement scolaire s’amenuise, ces dernières années. Recommandée par l’Office National de Partenariat en Éducation (ONAPE), cette étude sur les « déterminants du rendement scolaire en Haïti » a scruté les résultats des examens officiels sur les 10 dernières années, et ils laissent voir un niveau généralement « faible pour l’ensemble de la population, avec des taux d’échec très élevés. »  Les taux de réussite ou d’échec montrent de grandes variations d’un département à l’autre et d’une année à l’autre. Les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les établissements scolaires, ainsi que les conditions socio-économiques des parents d’élèves, ont des incidences sur le rendement scolaire en Haïti. Depuis plus de deux décennies, il y a une « dégradation notable des rendements scolaires », traduits notamment par les résultats aux examens officiels, mais aussi par les « taux élevés des redoublements et des abandons scolaires. »  Les experts qui ont mené cette étude estiment que la dégradation est souvent expliquée par les problèmes sur « le plan de l’offre, de l’efficacité interne, de la qualité, de l’efficacité externe et de la gouvernance. » Pour l’année académique 2017-2018, le taux de réussite à l’échelle nationale est évalué à 41,69 %. Pendant la période que couvre (2005-2015), les taux de réussite nationale aux examens officiels des sessions ordinaires des classes terminales étaient tous supérieurs à 50%. Le ministère de l’Éducation nationale a mis en place des programmes visant à augmenter les taux de scolarisation.  Alors, il se pose, à ce niveau, le problème de la qualification des enseignants, car le rendement scolaire est conditionné par le rôle qu’ils tiennent. Le Plan opérationnel 2010-2015, qui sera remplacé par le plan décennal d’éducation 2018-2028, présente en ces termes la situation de la qualification du personnel enseignant du système : « la majorité des enseignants du préscolaire et des deux premiers cycles du fondamental sont sous-qualifiés. Au niveau secondaire, le faible niveau de qualification des enseignants ne leur permet pas de développer ou de pratiquer des approches pédagogiques facilitant aux élèves de faire l’acquisition de nouvelles compétences dans un contexte favorable à l’apprentissage.  De plus, les professeurs n’ont pas toujours, à leur disposition, les matériels et les équipements pédagogiques adéquats pouvant faciliter l’apprentissage », précise le rapport.

Emmanuel Saintus

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