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Le mieux-être du secteur sanitaire haïtien traîne encore

Le secteur sanitaire haïtien reste et demeure la réalité la plus compliquée à comprendre. Si, d’une part, certains disent faire des efforts pour améliorer les services sanitaires, d’autre part, c’est le silence total sur ce qui se fait réellement et qui le fait effectivement. Toutefois, bien des promesses sont lancées sur un mieux-être dans se secteur. Les gouvernements se succèdent mais la réalité ne fait qu’empirer pour ceux qui ont le malheur de tomber malade, qu’on soit fortuné ou pauvre. Bien que certains centres ou hôpitaux comme OFATMA disent faire beaucoup d’efforts, à Delmas 2, c’est la réalité contraire qui se dessine dès le moment où l’on attrape une maladie. En effet, le Directeur Général de l’Office d’Assurance d’Accidents du Travail, Maladie et de Maternité/Coordination Nationale de l’Assurance d’Accidents du Travail, Maladie (OFATMA/CONAM), Dr Agabus Joseph, a présenté le bilan des trois (3) centres de dialyse (Ouest, Nord et Sud), le projet de construction de l’Hôpital de l’OFATMA et le recrutement de jeunes dans tout le pays comme agents dépisteurs. Organisme autonome à caractère administratif, créé par la loi organique du 28 août 1967, l’OFATMA est placé sous la tutelle du Ministère des Affaires Sociales. Sa mission consiste à:

  • assurer la gestion des programmes d’assurances d’accident du travail, des maladies et de la maternité ;
  • organiser les structures de fourniture des services de santé de qualité pour assurer la population en général.
  • Selon le Directeur Général de l’OFATMA, les trois centres de dialyse situés dans les départements de l’Ouest, du Nord et du Sud, fonctionnent de façon permanente depuis leurs inaugurations, respectivement le 17 mai, le 11 et 14 août 2017. « Plus de 3 542 séances pour 136 patients ont été réalisés par ces trois centres de dialyse depuis leur inauguration », a affirmé le Dr Agabus Joseph. « Kat Pam », ce nouveau produit de l’OFATMA est une stratégie s’inspirant de la Caravane du Changement du Président de la République, Jovenel Moïse. Cette stratégie permet aux employés de la CONAM de se rendre dans les institutions et entreprises privées, en vue de faire in situ les cartes d’adhésion et de réaliser les photos. Un double avantage se présente aux bénéficiaires grâce à ce nouveau produit, notamment : éviter aux assurés de se déplacer et corriger sur place toutes éventuelles erreurs. En termes de perspectives, beaucoup de projets sont en cours, tels que:
  • la création de guichet unique pour le paiement des droits de construction et des frais d’accidents du travail, en partenariat avec les mairies;
  • le renforcement des services de l’OFATMA à Port-au-Prince;
  • la construction d’un centre hospitalier de l’OFATMA à la SONAPI, à CARACOL
  • et la construction d’un hôpital moderne d’une capacité de 120 lits à Port-de-Paix avec l’appui de la coopération Taïwanaise.Tout ceci survient au moment où le taux de personnes vivant avec le SIDA augmente considérablement dans tout le pays, surtout dans le département de l’Artibonite. Des dix départements géographiques du pays, l’Artibonite concentre le plus de porteurs de VIH (2,7%), a indiqué l’Enquête mortalité, morbidité et utilisation des services (EMMUS-VI) publiée en août dernier, à un moment où l’HUEH ne fonctionne presque pas, où les hôpitaux des Médecins Sans Frontières se ferment progressivement et où les accidents de circulation sont de plus en plus fréquents.
  • Altidor Jean Hervé
  • Ce sont des avancées considérables pour l’OFATMA mais qui ne changent pas la réalité dramatique du secteur, puisque le Centre des urgences de Delmas 2 qui a été construit pour décongestionner le service des urgences de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) est inopérant. Ce Centre des urgences est équipé et dispose d’un plateau technique moderne mais cela fait plus de quatre ans que son ouverture traîne. L’accès est toujours interdit à tout venant, sauf aux chefs, aux dirigeants du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et aux responsables du chantier. Le Nouvelliste qui a visité le chantier n’a remarqué aucun changement depuis sa dernière visite en mars 2018. Lors d’une conférence de presse au mois d’août dernier, le directeur général du MSPP, le Dr Lauré Adrien, avait expliqué qu’à la base du blocage, figurent les dettes de loyers impayées par l’État haïtien. « Il s’agit d’une question de bail. Avec le temps, les dettes accumulées deviennent plus importantes », avait expliqué le Dr Lauré Adrien, ajoutant que l’État haïtien a pris des dispositions. Le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a adressé une correspondance au bailleur qui a financé la rénovation et l’achat des équipements de l’hôpital, en vue de permettre le déblocage de la situation. « Le ministère des Finances et le bailleur sont en train de travailler sur un processus, et je crois que le processus avance… afin que le MSPP prenne possession du Centre des urgences de Delmas 2 », avait assuré le DG du MSPP, le 13 août dernier.

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