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Diplomatie ou la culture du mensonge

Le mercredi 12 septembre 2018, Jovenel Moïse, le Président de la République, a reçu au Palais national, les lettres de créance de trois nouveaux ambassadeurs accrédités en Haïti. Il s’agit de Jose Gomez de la France, de Pedro Jose Sanz Serrano de l’Espagne et de Geneviève Federspiel Singh de la Suisse. Ces nouveaux ambassadeurs ont renouvelé leurs engagements de consolider la coopération entre Haïti et les pays qu’ils représentent. Le nouvel ambassadeur de France à Port-au-Prince, José Gomez, a entrepris officiellement le mercredi 12 septembre 2018 sa mission, après avoir remis ses lettres de créances au chef de l’État haïtien. Après la cérémonie protocolaire au Palais National, en présence du Chancelier haïtien, le successeur d’Elisabeth Béton Délègue, a fait la promesse de travailler au renforcement de la coopération franco-haïtienne. «La coopération française va se concentrer sur des secteurs où il y a une véritable valeur ajoutée par rapport à d’autres coopérations internationales», a martelé le diplomate français. À l’instar de son prédécesseur, M. Gomez a fait part de l’intensification des actions dans le secteur éducatif. «Nous pouvons parler par exemple du secteur de l’éducation. La jeunesse a besoin d’être éduquée pour avoir un avenir meilleur. Nous allons travailler dans l’éducation fondamentale, l’éducation technique, et même à l’université. Nous allons donc travailler avec les institutions haïtiennes, notamment avec le ministère de l’Éducation nationale», a-t-il fait savoir. En outre, il a dit que la France entend œuvrer au renforcement des capacités de l’État. «Nous allons également travailler sur la déconcentration, pour renforcer l’administration et aussi l’État de droit, les droits de l’homme et les institutions qui les défendent». Il a révélé que le gouvernement a déjà mobilisé des ressources, suite aux annonces des présidents François Hollande et Emmanuel Macron. « Le président Hollande avait en effet promis une aide de 50 millions d’euros à l’éducation. Cette aide s’étend de 2015 à 2020. Nous avons déjà engagé 37 millions d’euros. Nous développons une coopération très intense pour renforcer la qualité de l’éducation en Haïti et consolider l’apprentissage du créole et du français. Nous intervenons aussi dans l’éducation technique. Nous allons développer un enseignement sur les métiers de l’eau, et dans le domaine de l’automobile (mécanique et électronique) », a conclu le diplomate.

Par ailleurs, dans le même fil d’idée, il faut signaler l’arrivée de la nouvelle représentante de l’ONU en Haïti. Il s’agit de Mme Helen Meagher La Lime, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti (RSSG) et Cheffe de la Mission des Nations Unies pour l’Appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH). La nouvelle représentante de l’ONU est arrivée le mercredi 12 septembre 2018 à Port-au-Prince. Elle a succédé à sa compatriote, Susan D. Page à la tête de la MINUJUSTH. Susan D. Page a été chassée par le pouvoir de Jovenel Moïse et Alliés, du fait qu’elle avait appuyé la demande de certaines organisations pour que la lumière soit faite dans le dossier de la dilapidation des fonds PetroCaribe. Nommée par le Secrétaire général Antonio Guterres, le 1er août dernier, Mme Helen Meagher La Lime a conduit depuis, des consultations au siège à New-York et a participé à la présentation du rapport du Secrétaire général sur la situation en Haïti au Conseil de Sécurité le 6 septembre, aux côtés de la Sous-secrétaire générale aux opérations de maintien de la paix, Mme Bintou Keita. Dans son rapport, Antonio Guterres a exprimé sa gratitude à son Représentant spécial adjoint, Mamadou Diallo, de Guinée, qui a assuré l’intérim à la tête de la MINUJUSTH depuis février 2018. À en croire les informations, Mme La Lime a eu une carrière remarquable au Service américain des Affaires étrangères, ayant occupé plusieurs postes diplomatiques de haut niveau. Elle était, de 2014 à 2017, Ambassadrice des États-Unis en Angola et, de 2001 à 2013, Directrice chargée de la sensibilisation du public au Commandement américain pour l’Afrique, en Allemagne. De 1996 à 2011, elle a occupé plusieurs postes au sein du Département d’État, dont Chef de mission adjoint à l’Ambassade américaine en Afrique du Sud de 2008 à 2011; Consul général à Cape Town, de 2006 à 2008; Ambassadrice au Mozambique, de 2003 à 2006 ; Cheffe de mission adjointe au Maroc, de 2001 à 2003 et au Tchad, de 1996 à 1999. De 1999 à 2003, elle a été Directrice et Directrice adjointe du Bureau des affaires africaines du Département d’État. En plus, à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU, la MINUJUSTH a créé un mécanisme qui permet de surveiller les progrès accomplis dans la mise en œuvre d’une stratégie de sortie sur deux ans, assortie d’objectifs pour le passage à une présence des Nation-Unies en Haïti, autre qu’une opération de maintien de la Paix. En collaboration avec l’équipe pays des Nations-Unies et les parties prenantes haïtiennes, l’ONU a poursuivi la collecte et l’analyse des données relatives à 46 indicateurs qui montrent que les progrès accomplis dans la réalisation des 11 objectifs de la MINUJUSTH sont inégaux. La MINUJUSTH est consciente qu’il faut « redoubler d’efforts pour veiller à ce que les objectifs soient atteints et constituent une base solide permettant de renforcer l’état de droit, de consolider la stabilité et de progresser sur la voie du développement durable. »

Emmanuel Saintus

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