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Le système de santé haïtien : entre grève, dysfonctionnement et malheur

L’Hôpital Universitaire de La Paix (HUP) est paralysé par un mouvement de grève débuté le lundi 27 août 2018.  Le syndicat de l’hôpital revendique un changement au niveau de la direction de l’HUP. En dépit de ce mot d’ordre de grève observé, des malades en quête de soins ont quand même afflué au centre hospitalier à Delmas 33.  Le président des travailleurs de l’Hôpital Universitaire de La Paix, Patrick Destiné, a fait savoir que cet arrêt de travail annoncé est le signe de dénonciation des pratiques frauduleuses au niveau de l’administration de ladite institution.  « Plusieurs fonds alloués au bon fonctionnement de l’Hôpital universitaire ont été détournés », a déclaré Patrick Destiné. Aussi, a-t-il exigé la nomination de plusieurs employé(e)s en situation irrégulière. Il a, en outre, précisé que la grève pourrait s’étendre jusqu’à deux semaines, si les autorités sanitaires ne font rien pour remédier à la situation.  Ne disposant pas de moyens pour se tourner vers des structures sanitaires privées, des demandeurs de soins se sont plaints amèrement de cette situation. «Nous en avons assez d’être les éternelles victimes des crises au sein des hôpitaux publics », ont martelé certains.

Bien qu’il n’y ait pas de grève à l’HUEH lui-même, les services y laissent toujours à désirer.  En effet, pour mieux gérer l’état catastrophique du fonctionnement des services, de nouvelles norme sont mises en vigueur. « Accès interdit aux journalistes et les malades sont invités à ne pas parler à la presse », figurent parmi les nouvelles normes établies au service de dialyse de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH).  Les patients souffrant d’insuffisance rénale qui ont convié la presse pour déplorer les mauvaises conditions de fonctionnement du service, étaient contraints d’exprimer leur ras-le-bol. Un agent de sécurité portant son uniforme crème et vert, sécurise l’intérieur du bâtiment. Deux autres hommes sans uniforme sont installés devant l’entrée.  « Qu’est-ce que vous venez faire, monsieur. Journaliste ? Non, vous ne pouvez pas entrer », balance l’un deux d’un ton cynique. Qui a donné cet ordre ? « Il provient de l’administration de l’hôpital », lance un malade dans une atmosphère de brouhaha provoquée par des journalistes, des gardes-malades frustrés et des organisateurs de la conférence de presse.  « On veut nous clouer le bec », fustigent certains patients. Le service de dialyse de l’hôpital, depuis quelques semaines, est hanté par ses vieux démons : problèmes de machine d’hémodialyse pour effecteur les séances, climatiseur en panne, problèmes de matériels et d’équipements…

Malgré cette situation,  une étude montre que les principaux problèmes de santé répertoriés sont les suivants.

Sur un total de 2 404 femmes interviewées, 49% souffrent d’hypertension artérielle élevée et, chez les hommes, 38% sont hypertendus, selon le rapport de la sixième édition de l’EMMUS-VI, présenté mardi dernier à Pétion-Ville.  

Environ ¼, soit 25% des femmes, ont une tension artérielle légèrement élevée et 11 % ont une tension sévèrement élevée.  Chez les hommes, ces niveaux sont plus faibles, respectivement 21% et 6%.

Selon l’EMMUS-VI, «que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, la prévalence de l’hypertension augmente avec l’âge.  Elle varie de 39% chez les femmes de 35-44 ans, à 60% chez celles âgées de 55-64 ans. Chez les hommes, elle varie de 28% à 51% pour les mêmes groupes d’âge ».

L’enquête menée auprès d’un échantillon de 13 405 ménages a aussi démontré que la prévalence de l’hypertension est plus élevée chez les fumeuses de tabac que les non-fumeuses.  « Chez les femmes, la prévalence est estimée à 58% pour les fumeuses contre 49% pour les non fumeuses. Par contre, chez les hommes, il n’y a pas d’association entre l’hypertension et le tabagisme », lit-on dans le rapport qui n’a cependant pas mesuré les facteurs de risque tels que la sédentarité, la consommation d’alcool et la mauvaise alimentation.  Le tabagisme et la consommation excessive d’alcool font partie des comportements à risque qui provoquent des effets néfastes sur la santé et qui constituent des facteurs de risques des principales maladies non transmissibles comme l’hypertension artérielle ou les maladies cardiovasculaires.

Altidor Jean Hervé

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