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Du mouvement dans les ambassades et consulats, après la crise

 

 

Les représentations diplomatiques en Haïti annoncent la reprise de leurs activités interrompues à la suite des émeutes du 6 juillet 2018. L’Ambassade des États-Unis reprend les services de visas pour immigrants et non-immigrants, le lundi 16 juillet 2018. L’Ambassade américaine à Port-au-Prince est ouverte aux services de routine et d’urgence aux citoyens américains. Les personnes qui ont raté leur rendez-vous, doivent envoyer un courriel à acspap@state.gov pour demander un nouveau rendez-vous. Toutefois, l’avis de voyage pour Haïti continue d’être au niveau 4, c’est-à-dire, recommandant de ne pas voyager en Haïti.

 

Par ailleurs, le gouvernement français déconseille également tout projet de voyage en Haïti. Le ministère français des Affaires étrangères impose des restrictions à tous les citoyens français souhaitant se rendre en Haïti, à la suite de la flambée de violence. « Les vols des compagnies aériennes (Air France, Air Caraïbes) ont repris » depuis le 10 juillet 2018. Les autorités françaises demandent aux citoyens « de rester vigilants dans leurs déplacements, tout particulièrement en province où des barrages peuvent subsister avec des éléments opportunistes pratiquant le racket des véhicules de passage ». « Il est donc préférable de suspendre, sauf raison impérative, tout projet de voyage en Haïti, et pour les personnes sur place, de faire preuve de la plus grande prudence ». En outre, l’ambassadeur de France à Port-au-Prince, Élisabeth Beton Délègue, confie que le pays est très complexe. Arrivée en fin de mission dans la seule république francophone de la caraïbe, le diplomate a concédé qu’elle n’avait pas réussi à comprendre le pays. Haïti, c’est une grande leçon d’humilité, a soutenu Mme Délègue, intervenant à l’émission : Le Point, de Télé Métropole. Elle justifie ses propos par la nécessité pour les occidentaux de se dépouiller de leur a priori, afin de mieux cerner les divers aspects de la réalité haïtienne. Il ne faut pas regarder le pays avec les lunettes occidentales, dit-elle, faisant allusion à la capacité de l’Haïtien de se débrouiller seul, en raison de la faiblesse des institutions. Les discours sur la démocratie doivent tenir compte de la réalité locale, prévient-elle. Haïti est très complexe, il faut des lunettes haïtiennes, parce que le pays vit dans la précarité alors que les Européens sont dans le confort, a-t-elle laissé entendre. Dans le même temps, elle soutient qu’Haïti est fascinant (e), avec une richesse humaine incroyable. La diplomate attire l’attention, notamment sur la créativité artistique. Il y a un grand nombre d’écrivains haïtiens qui remportent des prix importants. D’autre part, l’ambassadeur Elysabeth Beton Delègue exhorte les acteurs politiques haïtiens à œuvrer pour la stabilité socio-politique. Qualifiant les émeutes des 6 et 7 juillet 2018 de « graves », la diplomate française plaide pour que la stabilité institutionnelle soit préservée. Dans l’instabilité, on ne peut rien faire, a martelé Mme Delègue, faisant valoir qu’après la longue période de gestation électorale, il y a une stabilité institutionnelle. Dans l’instabilité, on ne peut pas faire la politique, ni attirer des investisseurs, encore mois faire venir les touristes, a-t-elle rappelé. La stabilité a été ébranlée par une inflammation soudaine et brutale, a insisté la diplomate française qui s’est gardée de faire des recommandations aux autorités haïtiennes. Elle appuie l’appel au dialogue lancé par plusieurs secteurs de la vie nationale. Mme Délègue s’est gardée de tout commentaire sur la démission du Premier Ministre, Jack Guy Lafontant. La communauté internationale ne gère pas Haïti et ne se prononce pas sur les mesures à adopter, dit-elle. Toutefois, par décret en date du 6 juillet 2018, José Gomez a été nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République d’Haïti, par le Président Emmanuel Macron. Monsieur Gomez succédera en septembre prochain à Mme Élisabeth Beton Delègue, appelée à d’autres fonctions. Ancien professeur de philosophie en France, à Singapour et au Liban (1981-1991), M. Gomez a ensuite rejoint le ministère des Affaires étrangères où il a entamé une carrière largement consacrée à l’Amérique latine et aux Caraïbes. M. Gomez a ainsi servi à La Havane, comme Premier secrétaire (1993-1996), à Bogota, comme Conseiller culturel et de coopération (2000-2004), et à Caracas, comme Premier conseiller (2004-2007). De retour à Paris, il a assumé au Quai d’Orsay les responsabilités de Sous-directeur pour le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes (2007-2010), puis d’Inspecteur des Affaires étrangères (2010-2013) et de Directeur-adjoint des Amériques et des Caraïbes (2013-2015). M. Gomez était Ambassadeur de France auprès de la République Dominicaine depuis septembre 2015.

Altidor Jean Hervé

 

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