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Consultations ou marchandages politiques

Comme l’avait annoncé Jovenel Moïse, des consultations se poursuivent avec des secteurs de la vie nationale. Au Palais national, Jovenel Moïse a rencontré de nombreux secteurs, notamment des responsables de partis politiques proches ou alliés du pouvoir Tèt Kale deuxième version. Les rencontres entre les dirigeants sont fréquentes et se sont intensifiées, ces derniers jours, alors que le peuple reste sur ses gardes. La révolte populaire du 6 et du 7 juillet a changé la donne et a poussé l’équipe au pouvoir à revoir sa stratégie. À la suite de la démission du Premier ministre Jack Guy Lafontant, le pion de Jovenel, des consultations sont en cours avec différents secteurs pour trouver le prochain Premier ministre. À l’exception du secteur démocratique de l’opposition, Jovenel Moïse a déjà rencontré de nombreux secteurs proches ou alliés du pouvoir. Ces marchandages se font du fait que Jovenel Moïse s’est vu confronter aux protestations de plusieurs secteurs et aux manifestations de l’opposition qui réclament sa démission. « Je salue l’implication des Chambres de Commerce et d’Industrie du pays dans le processus de dialogue national. Ma rencontre cette semaine avec ces entités a été fructueuse. Les propositions qui ont été émises concernant l’avenir de la Nation nous permettront, tous ensemble, de gagner le pari », a déclaré Jovenel Moïse, après sa rencontre avec le secteur des affaires. Le jeudi 19 juillet 2018, le chef de l’État a rencontré les représentants des différents syndicats du pays, autour des défis que confronte Haïti, dans l’actuel contexte socio-politique. Jacques Anderson Desroches, un responsable de syndicat dans les transports en commun, a rapporté que lors de la rencontre du chef de l’État avec les responsables des syndicats le jeudi 19 juillet, la question de l’augmentation des prix du carburant à la base des émeutes et de la démission du gouvernement n’a pas été évoquée. «Le chef de l’État a surtout parlé du choix d’un nouveau Premier ministre et de la formation du gouvernement», a expliqué Jacques Anderson Desroches qui dit avoir fait remarquer à Jovenel Moïse que lui et son gouvernement sont à la base de la crise. Il affirme avoir aussi dit au Président que les syndicats des transports en commun vont porter plainte à la justice contre l’État haïtien pour le forcer à dédommager les propriétaires de véhicules, victimes lors des émeutes. Pour le porte-parole de la Conférence épiscopale d’Haïti, le père Loudeger Mazile, il a fait savoir que les évêques catholiques ont rencontré le chef de l’État à titre de pasteurs pour parler de la situation de crise qui sévit dans le pays, non comme des acteurs pour discuter de la formation du gouvernement. Il a expliqué que les évêques ont exhorté Jovenel Moïse à prioriser un dialogue plus inclusif pour créer un apaisement social. Ces évolutions prouvent bel et bien que Jovenel Moïse est aux prises avec une véritable crise. Autrement dit, il ne sait plus sur quel pied danser pour justifier son existence et gérer sa présence dans le pays. Ces tractations se font au détriment de la masse défavorisée. Mais cette apparente neutralité de Jovenel Moïse masque en réalité un processus de tractations entre le pouvoir politique et les intérêts financiers de groupes d’intérêts. Le Président Jovenel Moïse rencontrait presque chaque jour les mêmes secteurs. Un jeu convenu pour manipuler encore l’opinion, comme ils savent si bien le faire. Personne ne s’y trompe. Dans la lutte pour la démocratie, il est des cas où le vin ne peut être bu qu’à l’état pur. Du vin coupé d’eau n’est plus du vin dans ces cas, mais du n’importe quoi. Le peuple haïtien veut rappeler cette règle générale de la vie de tous les jours qui dit qu’il vaut toujours mieux rester sur ses gardes, même lorsque tout semble aller bien, et qui devrait également être respectée dans le monde de la politique.

Emmanuel Saintus

 

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