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Mobiliser le peuple, Grenadiers à l’assaut…

Dans ce contexte de durcissement de la politique sociale et de la marginalisation des plus pauvres, la mobilisation des masses est souvent l’ultime recours des personnes vivant une extrême marginalisation.  C’est une des rares expressions où les pauvres peuvent recouvrir une autonomie suffisante pour revendiquer et exercer les droits qui sont ceux de tous les citoyens. Refusant d’être réduit à la fonction de sous-traitant d’un État qui voudrait se débarrasser à bon compte de ses responsabilités à l’égard des plus défavorisés,  le peuple s’est mobilisé pour dénoncer les incohérences d’un système qui nie les besoins physiologiques, culturels et sociaux les plus élémentaires de la personne. Jovenel Moïse oriente la société vers le modèle dualiste où le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de s’élargir. D’un côté, le petit groupe des oligarques, bien intégré dans le pays, qui jouit d’un niveau de vie confortable ; de l’autre, la foule de ceux qui n’ont pas accès à l’emploi, qui subissent la précarité financière, l’isolement, la non-participation à la vie sociale.  Il faut reconnaître que les logiques qui régissent la société haïtienne sont génératrices d’exclusion et d’appauvrissement économique. Jovenel et consorts ne cessent pas de prendre des mesures contre la masse la plus défavorisée. Il défend et protège les dilapidateurs du fonds de PetroCaribe, les voleurs et les kidnappeurs.

L’insécurité, le chômage, la vie chère font rage dans le pays. Les autorités gouvernementales n’ont rien pour stopper la hausse des prix des produits de premières nécessités qui grimpent de jour en jour dans le pays. Depuis plusieurs mois, les ouvriers réclament une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail.  Jovenel Moïse reste insensible face à leurs revendications. Jovenel Moïse ment à tort et à travers à la population haïtienne. La goutte d’eau qui a renversé le vase, c’est la décision de Jovenel d’augmenter le prix des produits pétroliers. En dépit de l’appel de la population à Jovenel, de ne pas tenter pour la deuxième fois d’augmenter le prix des produits pétroliers, ce dernier est resté insensible à sa demande. Le jeudi 5 juin 2018 Jovenel Moçise a ordonné la publication du communiqué annonçant la hausse des prix des produits pétroliers. Cette mesure a soulevé la colère de la population qui est partie à l’assaut des criminels au pouvoir, des dilapidateurs du fonds de PetroCaribe.  C’est certainement un crève-cœur pour Jovenel Moïse de se faire à l’idée que la population haïtienne ne restera pas de nouveau sans réaction contre cette mesure criminelle. C’est la décision qui sonne le glas de l’équipe Tèt Kale, deuxième version.  Quatre jours après le début du soulèvement populaire déclenché par l’annonce de la hausse des prix des carburants et malgré la suspension samedi de cette décision, la situation demeure toujours tendue et confuse à Port-au-Prince et dans certaines villes de provinces.  De nombreux axes routiers étaient toujours impraticables.  Les manifestants ont fait peu de cas de l’appel au calme du Chef de l’État et des avertissements du ministère de la Justice et de la Police Nationale d’Haïti (PNH).  Les activités économiques ont été paralysées dans la zone métropolitaine. Quelques marchandes de trottoir tentaient courageusement de reprendre un semblant d’activité, comme c’est le cas des taxi-moto, même si les clients étaient rares et que l’on entendait des tirs sporadiques.  Malgré une présence policière en certains endroits, de nouvelles scènes de pillage ont été rapportées dans la capitale et dans la commune de Delmas où des commerces ont été attaqués et pillés (magasins d’alimentation, entreprises de vente de matériaux de construction et magasins de vêtements).  Très agressifs et menaçants, certains individus portant cagoule, foulard ou casque de moto, étaient armés de machettes et de couteaux.  Des barricades de pneus enflammés étaient consolidées, d’autres nouvelles étaient érigées dans les diverses artères de la Capitale, mais aussi à Carrefour, Delmas et Pétion-ville entre autres. De plus, la population réclame maintenant le départ du Chef de l’État et de son Gouvernement.  Par ailleurs, des discussions entre les blocs parlementaires sont en cours pour déterminer la suite à donner à la crise, certains exigent la démission immédiate du Premier Ministre. « […] Je salue la décision du Gouvernement de suspendre l’ajustement des prix des produits pétroliers qui a soulevé la colère de la population. J’en ai moi-même fait part au Président Jovenel Moïse, aux noms des pères conscrits » a déclaré Joseph Lambert, Président du Sénat.  Dans une note, le Député de Delmas Gary Bodeau, Président de la Chambre basse, devant la situation chaotique et les émeutes qui secouent le pays, demande une réunion d’urgence entre les trois (3) pouvoirs de l’État, soulignant l’insuffisance du retrait de la décision d’augmenter le prix des carburants à la pompe,  « au regard des conséquences désastreuses que son annonce a causées au peuple haïtien, à la classe des affaires et aux paisibles citoyens ».

Saintus Emmanuel

 

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