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Le président dégoûte son voisinage à Pèlerin 5

Instruit par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, le directeur départemental de l’Ouest de la Police nationale a procédé au déguerpissement de plusieurs familles vivant dans la zone de Pèlerin, un quartier limitrophe de la résidence privée du président de la République. Cette opération a créé un vent de panique dans la zone et a paralysé la circulation pendant plusieurs heures.  Manifestation, jets de pierres, barricades enflammées, détonations d’armes à feu, voiture de police incendiée…Une vive tension a régné le mercredi 4 juillet 2018 dans la zone de résidence du président de la République à Pèlerin, un quartier dans la commune de Pétion-Ville. Selon le responsable de la Police nationale dans le département de l’Ouest, il y a des constructions anarchiques dans les hauteurs de la résidence privée du président de la République.  Berson Soljour a indiqué que, malgré l’interdiction de la mairie de Pétion-Ville, les constructions se sont poursuivies. Le commissaire divisionnaire a souligné que sous réquisition du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, il y a eu une opération de déguerpissement à Pèlerin contre cinq ou six maisons construites illégalement dans la zone. Il y a eu une situation de trouble à l’ordre public au niveau de Pèlerin 5 jusqu’à Laboule 12, a précisé le commissaire Berson Soljour.  Il a dénoncé toutefois le fait que les gens aient attaqué des policiers qui se trouvaient à Pèlerin 5 et incendié une voiture de police dans la même zone. Un trentenaire, requérant l’anonymat, a expliqué que cette opération est l’aboutissement de plusieurs mois de tractations et d’intimidation. Selon lui, les autorités leur reprochent d’avoir construit de manière anarchique. « Regardez où se situent les maisons qu’ils ont détruites. Elles sont en amont par rapport à celle où habite le président.  Celle-ci est construite sur le passage d’une ravine. C’est elle qu’on devrait démolir comme construction anarchique », estime-t-il. Les riverains ont dénoncé l’implication d’Yves Léonard, propriétaire de la maison où vit le président, dans cette opération. Selon eux, c’est ce propriétaire qui a demandé au commissaire du gouvernement de démolir les maisons. « Ocnam Clamé Daméus déclare que les maisons concernées sont construites sur le domaine privé de l’État. C’est faux. Il ne l’a jamais prouvé.  Nous avons acheté nos terres des mêmes héritiers qui ont vendu à Yves Léonard. Si nos maisons sont sur les domaines privés de l’État, il en est de même pour la maison d’Yves Léonard, où vit le président », a déclaré un autre habitant. Celui-ci dénonce les responsables de la DGI qui ont marqué « À démolir » sur les maisons alors que les riverains regardaient le match Brésil Vs Mexique. « Pas moins de 7 maisons ont déjà été détruites. Les occupants sont dans la rue. Nous sommes mobilisés pour empêcher qu’on démolisse les autres maisons du quartier sur lesquelles la DGI a estampillé également « À démolir ».  « Il faut qu’il y ait un jugement pour parler de déguerpissement a fait savoir l’avocat Patrick Laurent. Une simple note ne suffit pas », a indiqué l’homme de loi qui a aussi insisté sur le fait que la plupart des maisons sont habitées. Il pense que cela aurait pu se faire seulement dans le cas où des gens ont pris d’assaut le terrain. Mais, s’ils sont déjà établis, cela sous-entend que les gens avaient soit affermé ou acheté et que les autorités étaient bien au courant. Il pense que les autorités ne peuvent pas décider un bon matin de détruire des maisons. « Vu la requête adressée au commissaire du gouvernement par le directeur général de la Direction générale des Impôts (DGI) en date du 2 juillet 2018, dénonçant des individus qui occupent de manière illégale des espaces faisant partie intégrante des domaines privés de l’État ; vu que l’espace occupé illégalement est à proximité de la résidence officielle de la famille présidentielle; vu que l’occupation illégale de cette portion de terre, domaine privé de l’État, menace la vie et la sécurité de la famille présidentielle; le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince vous requiert de prendre toutes les mesures jugées utiles et nécessaires pour que ces occupants illégaux du domaine privé de l’État soient immédiatement délogés afin que la sécurité des honnêtes gens de la zone soit convenablement assurée », lit-on dans la note du commissaire du gouvernement.  On entend par domaine privé de l’État, tous les biens dont dispose l’État et sur lesquels il peut transiger, c’est-à-dire les vendre ou les louer. Il peut s’agir d’un terrain ou d’un bâtiment qui sont tombés dans le domaine privé, obtenus suite à une confiscation pour une raison quelconque, a expliqué Patrick Laurent.

Altidor Jean Hervé

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