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Éducation : des fraudes à grande échelle

Les examens de fin d’études secondaires (baccalauréat unique-philo et permanent) ont débuté, comme prévu, le lundi 25 juin 2018, sur tout le territoire national et, ont pris fin le jeudi 28 juin. En marge des épreuves, notamment pour la première journée des épreuves, dans la matinée du lundi 25 juin, de nombreux cas d’irrégularités ont été enregistrés, notamment dans certains centres d’examens. Plus de 5 000 cas de candidats ont été redirigés vers des centres spéciaux, du fait qu’ils ne remplissent pas les conditions de validation. «Avec de fausses fiches et des dossiers irréguliers, plus de 4 000 candidats avaient réclamé leur participation aux examens du bac de cette année. On était en présence d’une situation qui exigeait une prise de décision rapide. En ce sens, j’avais mobilisé cinq (5) nouveaux centres pour accueillir ces candidats sans permis. Les dossiers sont analysés cas par cas. Ceux-là qui sont légaux, seront considérés à la fin du processus, mais les autres seront mis à l’écart. Cette situation serait due à une sorte de manipulation et en raison de la malhonnêteté de certains corrompus dans le secteur, en complicité avec des employés du ministère. C’est une pratique très ancienne et bien montée pour créer des troubles, lors des examens d’État», a dit Agénor Cadet. Le responsable du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Pierre Agénor Cadet, a poursuivi que «le lendemain, soit le mardi 26 juin, environ 60 % de ces gens qui réclamaient leur participation aux examens ne revenaient plus. C’est parce qu’ils savaient qu’ils n’étaient pas en règle et cela montre aussi qu’ils étaient manipulés. Sur un échantillon de 401 candidats prélevés des cinq centres où ils étaient répartis, seulement 33 de ces cas remplissent les conditions de validation par le MENFP », a révélé le ministre. Josué Agénor Cadet a mis en cause les 34 écoles qui ont été indexées et sanctionnées pour fraude et corruption au cours de l’année. « Ces écoles avaient perdu leur licence de fonctionnement et elles avaient l’habitude d’inscrire le plus grand nombre de bacheliers aux examens d’État. Après l’analyse des dossiers de ces jeunes qui venaient d’un peu partout des dix (10) départements du pays, nous avons constaté que ces établissements scolaires, par l’entremise de leur directeur, sont en partie responsables de ce qui s’était passé le premier jour des évaluations», a dénoncé Pierre Josué Agénor Cadet.

 

Des portes de certains établissements scolaires, verrouillés

En effet, le MENFP et la justice ont fermé les portes du Collège Dafinus Novel, à Delmas 33, le jeudi 28 juin 2018. «Le censeur et la secrétaire du Collège Dafinus Novel ont été arrêtés pour fraude. De fausses fiches d’examen ont été remises à certains candidats aux examens du baccalauréat. Les deux membres de la direction de l’école ont été arrêtés au cours d’une opération du commissaire du gouvernement et de plusieurs policiers. Le directeur de cet établissement qui se trouve à Delmas 33, tout près de l’église Shalom, a eu le temps de prendre la poudre d’escampette. Quand nous sommes arrivés à cet établissement, nous avons tout vu, sauf ce qui a véritablement rapport avec une école», a fait savoir le ministre. Agénor Cadet a dit qu’il a été mis au courant quand des élèves de ce prétendu établissement scolaire se sont rendus à la direction départementale de l’Ouest pour présenter leurs doléances. « Sur leur fiche, leur nom, leur prénom, leur date de naissance et la photo ne sont pas concordants », a fait savoir le ministre, avant d’ajouter que le directeur leur avait demandé de ne rien dire à personne, d’aller subir normalement les examens et qu’il règlerait tout ça après. Également, deux jeunes filles de cet établissement accusent le directeur qui avait pris la poudre d’escampette, d’abus sexuel, rapporte le ministre. «L’une d’elles m’a montré un billet sur lequel était inscrit un endroit où le directeur lui avait fixé rendez-vous, sous prétexte qu’il allait lui remettre sa fiche », a déclaré le ministre Pierre Josué Agénor Cadet. Et de poursuivre que ce directeur dont l’école porte le nom, avait été déjà en prison pour des actes condamnables. Il n’arrive pas à croire que cette école ait pu fonctionner.

Par ailleurs, la mauvaise organisation de la première journée des examens du baccalauréat (session de juin 2018) démontre l’irresponsabilité des dirigeants, a blâmé le responsable de l’UNNOH, lors d’un point de presse, le lundi 25 juin 2018. L’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (UNNOH) et l’Union nationale des normaliennes/normaliens et éducatrices/éducateurs d’Haïti (UNNOEH) dénoncent des irrégularités au niveau de l’organisation de la première journée (de la session ordinaire) des examens du baccalauréat, le lundi 25 juin 2018. «Des centres d’examens inappropriés, des fautes glissées dans certaines copies et la circulation de textes de chimie, via des téléphones, sont parmi ces irrégularités. Le système éducatif haïtien est corrompu. Des parlementaires imposent le choix des surveillants, des superviseurs et des correcteurs incompétents», a critiqué le coordonnateur de l’UNNOH, Josué Mérilien. Les gens, qui assurent le leadership au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), seraient plutôt motivés par les tournées médiatiques, au lieu de résoudre les problèmes auxquels font face le système, a, de son côté, déploré l’UNNOEH. « Nous avons besoin de gens, ayant le courage de former un noyau consciencieux pour dénoncer les autorités concernées qui exécutent les ordres de parlementaires, sans se soucier du bien-être du système », a expliqué le coordonnateur de l’UNNOEH, Georges Wilbert Franck.

Saintus Emmanuel

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