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Insécurité : les bandits changent de casaque

Alors que les quartiers populeux de Martissant continuent d’être sous la coupe des bandits armés qui terrorisent de jour en jour la population, les autorités gouvernementales, notamment le chef du CSPN, Jack Guy Lafontant, minimisent la situation tandis que les bandits, de leur côté, jouent au plus fin avec la police. En marge des interventions effectuées par la PNH dans le quartier populeux Cité-de-Dieu pour traquer le chef de gang Arnel et ses bandes, aucune arrestation n’a été effectuée et les bandits continuent de défier la police. Maintenant, ils (les malfrats) passent à un nouveau plan, ils incendieraient les maisons abandonnées par les paisibles citoyens qui fuient leurs terreurs. De nombreuses maisons abandonnées par des familles ont été brûlées par les malfrats qui exigeraient une rançon de trente mille (30 000) gourdes pour déménager. Ceux qui n’ont pas ces moyens ont dû partir en laissant tous leurs bagages. Le Président du Conseil Supérieur de la Police Nationale a dit donner la garantie que les individus armés qui sèment le trouble dans la région métropolitaine seront bientôt arrêtés et déférés par devant la justice. Jack Guy Lafontant a fait cette déclaration lors d’une séance de travail le mardi 19 juin avec la commission Justice, Sécurité et Défense nationale du Sénat de la République. « Les bandits seront traqués dans leur dernier retranchement », a dit Jack Guy Lafontant qui, dit-il, disposerait d’assez d’informations. Jack Guy Lafontant avait pourtant minimisé l’ampleur des actes des malfrats dans les quartiers populeux. « Il aurait pu y avoir plus de dégâts. Mais jusqu’à présent, grâce à Dieu, il n’y a pas trop de dégâts. On peut toujours entendre des coups de feu. Mais on ne peut pas dire qu’il y a 10 ou 20 morts », avait déclaré le premier ministre, en conférence de presse, le 14 juin écoulé. Le directeur départemental de l’Ouest de la PNH, Berson Soljour, a fait savoir que la police renforce sa présence en déployant des unités spécialisées de la Police dont CIMO, UDMO et BOID, pour prévenir les violences des gangs dans les quartiers de Cité-de-Dieu et de Martissant. « Les agents de l’ordre sont sur le terrain afin de maintenir le calme. La population ne doit pas s’inquiéter et peut vaquer librement à ses activités», a dit Soljour, ajoutant que les forces de l’ordre disposent de moyens supplémentaires pour augmenter les patrouilles dans ces zones réputées pour des actes de violences perpétrés régulièrement.

La New England Human Rights Organization (NEHRO) a critiqué, avec ardeur, le climat d’insécurité qui s’abat sur le pays. L’organisation a appelé les autorités haïtiennes à prendre toutes les dispositions légales, nécessaires afin de maîtriser les bandits et les criminels qui sèment le deuil dans de paisibles familles haïtiennes. «Cette brutale et grave détérioration de la situation politique, économique et sociale du pays devrait interpeller les dirigeants d’Haïti à trouver des solutions urgentes pour redresser la barque nationale sévèrement menacée par ceux-là mêmes qui sont placés pour la défendre et la protéger. Il est insupportable, voire inacceptable, qu’une population, déjà exsangue et aux abois, puisse être l’otage de bandits, de criminels et des assassins, sous le regard complice des autorités étatiques, violant ainsi le droit à la libre circulation des personnes, les droits à l’intégrité physique et à la protection. L’heure est grave ! Nous en appelons à toutes les filles et fils d’Haïti à travailler pour sauver ce qui peut être encore sauvé», a dit le NEHRO.

Par ailleurs, le premier ministre Jack Guy Lafontant est attendu au Parlement haïtien, à la suite de l’interpellation du groupe de 16 députés de l’opposition. En effet, une correspondance du bureau de la Chambre basse, en date du 21 juin, a été adressée au chef du gouvernement, en vue de l’informer de cette décision, lui demandant de se présenter à la salle de séance de ladite Chambre, accompagné de son cabinet ministériel. Ces députés associent la mauvaise gouvernance du pays au manque de leadership du Premier ministre, dont le gouvernement est entaché de quelques cas de corruption. Ces députés évoquent les articles 129.2, 129.3 et 129.5 de la Constitution ainsi que les articles 222, 223, 224, 225 du règlement intérieur de la Chambre des députés, pour justifier leur intention d’interpeller le Chef du gouvernement. Rappelons qu’une séance d’interpellation doit aboutir nécessairement par un vote de censure ou de confiance envers le Premier ministre. La séance d’interpellation du premier ministre Jack Guy Lafontant et des ses ministres, est fixée au jeudi 28 juin 2018. L’ex-sénateur du Sud-Est, Edwin Zenny alias «EDO», dit appuyer la décision des 16 députés de l’opposition d’interpeller le Premier Ministre, si cette interpellation n’est pas partisane mais collective.

Saintus Emmanuel

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