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Vague d’augmentations du coût de la vie

Depuis des mois, Haïti est confrontée à une situation inédite. La cherté du coût de la vie, le chômage et l’insécurité font rage. La population haïtienne dénonce l’augmentation du coût de la vie, alors que l’économie est au ralenti. Le consommateur haïtien n’arrive plus à subvenir à ses besoins. Les salaires sont bloqués depuis longtemps, le chômage est galopant. Le gouvernement Moïse / Lafontant n’a même pas une politique de défense des consommateurs. Chaque jour, le coût de la vie est de plus en plus élevé. L’annonce de l’augmentation à venir par le gouvernement prix des produits pétroliers, a impacté l’augmentation du prix des produits de premières nécessités. Le lundi 11 juin, des milliers d’ouvriers du secteur textile ont été dans les rues pour demander de meilleures conditions de travail ainsi qu’un salaire journalier de 1 000 gourdes, vu l’augmentation du coût de la vie. Mais les contestations ont été violemment réprimées par la police. L’application par le gouvernement Moïse / Lafontant de certaines mesures d’austérité pour 2018, a poussé beaucoup plus la hausse des prix et la pauvreté dans le pays. Selon des informations recueillies par AlterPresse et AlterRadio, le niveau des prix actuels de tous les produits essentiels à la consommation quotidienne, représente un fardeau pour les citoyennes et citoyens qui n’ont pas les moyens suffisants de s’en procurer. Pour le mois de juin 2018, la petite marmite de riz, très consommé par les ménages, depuis plusieurs années coûte environ 50 gourdes, contre 30 gourdes qu’elle coûtait auparavant. La petite marmite de maïs moulu, qui variait entre 22 et 25 gourdes, est passée aujourd’hui à 35 gourdes. La petite marmite de petit mil (très utilisé dans la production de bière et d’autres produits) est vendue à 60 gourdes, au lieu de 30 gourdes. La petite marmite de pois noir est actuellement débitée à 70 gourdes, contre 35 gourdes, il y a quelques mois. Le gallon d’huile (comestible) de cuisine (3,78 litres) est vendu, aujourd’hui, jusqu’à 450 gourdes, contre 225 gourdes auparavant. La petite marmite de sucre brun (sik krèm) est passée de 20 à 35 gourdes. Le lot (ou pil ze en Créole) de trois (3) œufs (3 unités) coûte aujourd’hui 30 gourdes, contre 18 gourdes auparavant. Trois petites boîtes de lait concentré (169 gr = 160 ml) varient entre 65 et 75 gourdes, alors qu’elles pouvaient être obtenues à 50 gourdes, il y a quelques mois. La barre (bâtonnet) de savon de lessive, qui était vendue à 15 gourdes, coûte maintenant 30 gourdes. En plus, un ménage a besoin d’au moins 125 gourdes pour se procurer un plat chaud (qui peut comprendre de la salade, quelques légumes, un peu de viande, du riz ou du maïs moulu, de la sauce de pois). La même ration de plat chaud était obtenue à 75 gourdes, il y a quelques mois. Beaucoup de citoyennes et de citoyens acquièrent les plats de manje kuit dans des restaurants populaires, fixes ou ambulants, dénommés anba dra, akoupi m chaje w, bann apye, chen janbe, restoran bagi, et autres. Pour répondre aux besoins des plus vulnérables, de petites commerçantes ambulantes, des livreuses de nourriture, courent les rues, avec leurs rations de manje kuit sur la tête ou placées sur des brouettes. Ces plats peuvent être obtenus à meilleur marché, entre 10 et 15 gourdes. Ce type de service est généralement critiqué pour les conditions suspectes de préparation, qui seraient non hygiéniques et sanitaires. Par ailleurs, le rapport de classification de l’insécurité alimentaire, selon le Cadre intégré́ de Classification de la Sécurité́ alimentaire « CIPC1 » publié en octobre 2017 par la Coordination Nationale de la Sécurité́ Alimentaire (CNSA) a classé les départements du Nord-Est et les zones montagneuses de la Grand-Anse en phase de crise, tandis que le reste du pays était classé en phase de stress. On avait évalué à environ 1,32 million de personnes la population en situation de crise ou d’urgence pour la période d’octobre 2017 à février 2018. Par rapport au financement, 10,7 millions de dollars ont été reçus par les organisations, soit 14% de l’enveloppe totale. Le rapport anticipait une détérioration de la situation de la sécurité alimentaire pour la période allant de mars à juin 2018, dans certaines zones, en raison de la période de soudure. De ce fait, en plus des deux zones classées en phase de crise pour la période précédente, les communes côtières de la Grand-Anse allaient passer en phase de crise.

Saintus Emmanuel

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