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Des quartiers populeux, toujours en proie à l’insécurité

Alors que l’affrontement armé entre les gangs rivaux dans le quartier populaire de Martissant, notamment à Cité-de-l’Eternel, se poursuit et que ces malfrats continuent à défier les forces de l’ordre en toute quiétude, le Chef du CSPN, le Premier ministre Jack Guy Lafontant, a minimisé les actes des bandits, faisant croire qu’il n’y a pas eu vingt morts parmi les paisibles citoyens dans ces quartiers, au cours de ces échanges de tirs nourris entre les gangs rivaux ou avec la police. Les quartiers de Portail Léogâne, Bicentenaire, Bolosse et Martissant, situés au sud de la capitale, se trouvent dans une situation d’insécurité qui dure depuis près de six (6) mois. Les gangs, notamment le groupe que dirige un certain Arnel, cambriole, séquestre des camions de nourriture, d’huile, de charbon. Il a déclaré qu’il a assez de nourriture et de moyens pour résister pendant des mois. En outre, face à la recrudescence de l’insécurité dans les quartiers populaires de la région métropolitaine et dans plusieurs autres villes en Haïti, le président Jovenel Moïse s’est montré inquiet et a exhorté les policiers à intensifier les interventions dans ces quartiers. « J’attends de la Police des actions intensives contre la violence urbaine, les trafics, la criminalité organisée, le grand banditisme, le cambriolage, le vol à main armée suivi de meurtre. « J’attends de la PNH des actions intensives contre tous ces faits déstabilisateurs de notre pacte social. J’appelle la PNH à resserrer les rangs et à redoubler d’efforts pour traquer les bandits et les criminels qui sèment le deuil et la terreur dans nos quartiers, d’où qu’ils viennent et partout où ils vont. La PNH doit avoir la persévérance et l’obstination dans la recherche des criminels et des délinquants pour les mettre hors d’état de nuire. Nous entendons tous les cris des habitants de certains quartiers de la capitale qui expriment leurs inquiétudes face à la recrudescence des actes de banditisme. Les batailles entre les gangs rivaux troublent, à maintes reprises, la circulation et les activités économiques et sociales au Bicentenaire et à Martissant », a fait savoir Jovenel Moïse, sur une note discordante par rapport à son Premier ministre.

Entre temps, Saint-Jean Romélien, alias Tèt Kale, le puissant chef de gang de Grand-Ravine a été libéré. Appréhendé par la police en décembre 2016, à l’aéroport international Toussaint Louverture, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour l’étranger, après avoir bloqué, dans un premier temps, l’ordonnance rendue en faveur du chef de gang par le juge Brédy Fabien (3 mai 2018), le Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Clamé Ocnam Daméus, a fait volte-face et ordonné sa libération, à la suite d’une ordonnance en date du 8 juin 2018. Le directeur du RNDDH, Pierre Espérance, a mis en cause les responsables du gouvernement et certains acteurs de la chaîne pénale qui seraient à la base de la libération de ce bandit réputé très dangereux. Le chef du Parquet dit avoir pris cette décision, parce que Tèt Kale n’avait fait l’objet d’aucune plainte, une allégation rejetée par le responsable du RNDDH. « Les autorités de la chaine pénale ne peuvent prétendre n’avoir aucun dossier criminel contre Tèt Kale », fustige le militant des droits humains. Saint-Jean Romélien est impliqué dans les actes d’assassinat de l’ancien coordonnateur de la plateforme POHDH, Daniel Dorsainvil, et de sa femme Guerdie Larèche. Plusieurs victimes ont porté plainte contre Tèt Kale après son arrestation. Où sont passées ces plaintes », se demandait Pierre Espérance du RNDDH ?

En plus, l’association « Kay La » a accusé le gouvernement d’être à l’origine de la recrudescence de l’insécurité dans le pays, notamment dans les zones dites de non droit. Reyneld Sanon, secrétaire exécutif de cette organisation, a fait savoir que la publication de l’arrêté présidentiel du 28 mai 2018, réduisant les attributions du directeur général de Police National d’Haïti (PNH), en est la preuve. Il a exhorté le directeur de la police, Michel-Ange Gédéon, à se rebeller contre cet arrêté. Reyneld Sanon a également critiqué le « rablableur », Joseph Guyler Delva, concernant sa tentative de justifier l’annonce de l’Exécutif, relative à la hausse des prix du carburant à la pompe, dans les prochains jours. « Le ministre de la Communication ne jouit d’aucune moralité lui permettant de savoir ce qui est bénéfique pour le peuple haïtien », a dit Reyneld Sanon, indiquant que Guyler C Delva a les mains trempées dans une attaque perpétrée, dans le passé, par des militaires américains contre l’organisation « Tèt kole Ti peyizan ».

Par ailleurs, le lundi 11 juin 2018, un incendie s’est déclaré au marché public, dénommé Bois, à proximité du marché du port, au bas de la ville (de Port-au-Prince). L’incendie a entraîné beaucoup de dégâts, en dépit de l’intervention des sapeurs pompiers de Port au Prince, renforcés par ceux d’autres communes de la zone métropolitaine. Le directeur général du ministère de l’Intérieur, Fednel Monchéry, a exhorté la mise en place de services de sécurité efficaces dans ce marché public, afin d’éviter que ce type de sinistre ne se reproduise. Néanmoins, c’est déjà le troisième incendie du genre, rien que pour cette année 2018 : le marché Hyppolite le 13 février 2018, le marché du port, le 18 février 2018 et le marché Bois, le 11 juin 2018.

Saintus Emmanuel

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