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Gabriel Fortuné n’en peut plus et s’en va

Le maire principal des Cayes, Gabriel Fortuné, a remis sa démission, à la suite de multiples manifestations menées contre de son administration et des menaces proférées contre sa fille, dit-il. Un acte de grandeur pour certains mais une stratégie politique pour d’autres qui croient que M. Fortuné vise plus haut dans l’échelle du gouvernement. La démission du maire des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, a été officialisée lors d’une interview accordée à une station de radio de la capitale, dans laquelle il a fait savoir qu’il n’expédierait pas les affaires courantes pendant longtemps. L’ancien sénateur qui avait déjà annoncé par deux fois son départ de la mairie des Cayes, au cours de ces derniers mois, semble être plus déterminé cette fois. Il a justifié cette décision qu’il déclare irrévocable, par le fait que sa fille aurait été attaquée, jusqu’à l’intérieur de son école, a-t-il dit, lors d’une manifestation le 1er juin, pour réclamer son départ ainsi que celui du président Jovenel Moïse, ce dernier, pour promesses non tenues. Cette information n’a pas pu être confirmée jusqu’ici auprès de la direction de l’école que fréquente la fille de M. Fortuné. Le maire démissionnaire pointe du doigt le secteur économique et l’élite de la ville des Cayes qu’il accuse de financer la fronde contre lui. Gabriel Fortuné, un des plus grands supports du Pouvoir Tèt kale dans le Sud, accuse aussi l’opposition d’avoir profité de la situation, pour s’en prendre au président Jovenel Moïse. Il affirme aussi qu’on aurait tenté de piller sa maison. En réalité, cependant, les problèmes de M. Fortuné remonteraient à beaucoup plus loin. Ses menaces de mort contre le journaliste Jean Nazaire Jeanty qui avait critiqué, à tort ou à raison, l’insalubrité de la Plage de Gelée, n’avaient certainement pas arrangé les choses pour lui. «Pourquoi ne doit-il pas mourir s’il a osé faire savoir que la Plage de Gelée est sale», avait fulminé M. Fortuné, en toute impunité, au début du mois d’août dernier, ajoutant que «s’il y avait un service secret dans le pays, Jean Nazaire Jeanty (alors employé de Lebon FM et correspondant de Caraïbes FM) devrait être mort». Mais, le coup fatal pour le maire a été son annonce de délocalisation des commerçants du Marché Public et de démolition du bâtiment, sans accepter de construire au préalable un nouveau marché. L’actuel marché en mauvais état avait été bâti au Centre de la ville, en face de l’Église du Sacré-Cœur, sous Jean-Claude Duvalier. À la suite de la démission du maire des Cayes, le nouveau coordonnateur général de l’OPL, Edgard Leblanc Fils, condamnait les violences ayant émaillé les manifestations et ayant contraint le maire principal de la ville des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, à la démission ainsi que les attaques perpétrées contre la fille de ce dernier. « Rien ne peut justifier ces violences », a dit le dirigeant de l’Organisation du peuple en lutte. L’ex-sénateur Edgard Leblanc souligne, par ailleurs, que le Conseil municipal des Cayes devient automatiquement caduc après la démission du maire principal, Jean Gabriel Fortuné. De son côté, le président de la Fédération nationale des maires d’Haïti (FENAMH), Jude Edouard Pierre, également maire de Carrefour, dit regretter la démission du maire principal des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, invitant le gouvernement à ne pas accepter cette démission. Le maire Jean Gabriel Fortuné faisait face à la grogne de manifestants, notamment des commerçantes et de commerçants du marché en fer des Cayes, qui dénonçaient le projet du maire de les délocaliser sans leur offrir une perspective de relocation.

Altidor Jean Hervé

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