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Le CONATEL montre ses griffes

Plus d’une dizaine de stations de radio dans divers départements du pays ont été fermées par le Conseil national des télécommunications (CONATEL). Selon cet organisme, les radios concernées sont situées tant à Port-au-Prince que dans le Nord, l’Artibonite et le Sud-Est d’Haïti. « Cette série de fermetures entre dans le cadre de la « lutte contre l’insécurité hertzienne et audiovisuelle ambiante. Le CONATEL est à pied d’œuvre sur l’ensemble du territoire de la République, aux fins d’éradiquer le phénomène des stations de radio pirates. Ces dernières polluent le spectre radio électrique, causant ainsi des interférences nuisibles, non seulement aux stations de radio régulièrement installées, mais encore aux communications aéronautiques et à celles de la Police », a expliqué une note du CONATEL, en date du 14 mai 2018. Parallèlement, les responsables de l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) et l’Association des médias indépendants d’Haïti (AMIH) ont rejeté l’invitation du CONATEL à prendre part à un atelier. « Ni les entreprises communautaires, ni les entreprises privées qui constituent l’écosystème du monde de la radio télédiffusion en Haïti ne sont invitées à intervenir pendant l’atelier », ont fait savoir les responsables, dans une correspondance en date du 14 mai 2018. À cela, le CONATEL répond par lettre à ces deux associations que : « le motif évoqué à l’appui de votre position, selon lequel aucune place n’est faite au programme de l’atelier, pour vous permettre d’intervenir, relève d’une incompréhension déconcertante du jeu de rôle associé à la régulation des missions respectives des uns et des autres, ainsi que de l’objectif poursuivi par l’atelier ».

Les mardi 15 et mercredi 16 mai 2018, le Conseil national des télécommunications (CONATEL) avait organisé à Port-au-Prince, un atelier sur le thème : « Cadre de régulation de l’insécurité hertzienne et audiovisuelle ambiante, et Transition vers la télévision numérique en Haïti ». « La radiodiffusion en Haïti est à son point de saturation dans plusieurs zones géographiques du pays », a dit le directeur du CONATEL, Jean David Rodney. À en croire l’ingénieur Yves André César, un conseiller de l’Office national de l’aviation civile (OFNAC), cette saturation provoque des interférences qui nuisent, non seulement à la communication, mais qui pourraient aussi engendrer des pertes en vies humaines, surtout dans le service aéronautique où les perturbations de ce phénomène ont été ressenties. En ce sens, un cadre de régulation est nécessaire pour réduire « l’insécurité hertzienne et audiovisuelle » par rapport aux problèmes d’interférence, considérés comme « une entrave à la sécurité publique ». Moratoire sur les zones ayant déjà des stations de radio afin d’éviter la saturation, analyse approfondie concernant le renouvellement des fréquences, mémorandum consistant à mettre en exergue la justice, sont parmi les dispositions envisagées par le CONATEL pour réguler la radiodiffusion. Selon les responsables, plus de 350 stations de radio « illégales » sont identifiées à travers le pays. « Il y a, au total, 353 radios (dont 60 stations de radio communautaires) ainsi que 116 stations de télévision en ondes claires, qui sont autorisées à fonctionner dans les différentes zones de couverture géographique du pays. 92 stations émettent sur la bande Fm, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, alors qu’il devrait y avoir 33, fait remarquer l’ingénieur Junior José Jean-Baptiste, dénonçant un non-respect des normes techniques. Malgré les grands efforts déployés par le CONATEL, la grande majorité des stations de radios fonctionnent de manière irrégulière, sans autorisation et sans paramètres techniques, conformes à la fiche établie », a critiqué le directeur du CONATEL, Jean David Rodney.

Emmanuel Saintus

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