accueilActualitéCoup d'oeil sur le mondeEn bref

La voracité du pouvoir….

La cupidité de Jovenel Moïse et consorts les rend sans pitié face à une population déjà appauvrie. Ne pouvant pas honorer ses promesses, Jovenel Moïse entend étrangler, par tous les moyens, la population haïtienne, notamment les couches les plus défavorisées. Ces dernières semaines, on constate une hausse des prix des produits de première nécessité sur le marché local. En plus, l’insécurité, la misère, le chômage font rage. Jovenel Moïse et son équipe vorace veulent augmenter, une fois de plus, les prix des produits pétroliers. Pour arriver à ses fins, l’équipe de Jovenel Moïse a déclenché une campagne de propagande mensongère, par le biais de son ministre, illégalement nommé, de la Culture et de la Communication, Guyler Cius Delva. Selon ce ministre mal nommé, l’ajustement des prix des produits pétroliers, prévu par le gouvernement pour le mois prochain, est inévitable. « L’État ne peut plus continuer à subventionner le pétrole, alors que les retombées ne sont pas en faveur des plus vulnérables de la population. La « subvention » du pétrole réduit considérablement les recettes de l’État. Pour l’exercice fiscal en cours, l’État a déjà enregistré une perte de 7 milliards de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 85,00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1,60 gourde aujourd’hui). D’ici la fin de l’exercice, cette perte s’estimera à environ 13 milliards de gourdes si le gouvernement ne prend pas des mesures appropriées », a justifié Guyler C Delva. Cerise sur le gâteau, l’économiste haïtien, Eddy Labossière, a fait savoir que dès l’annonce de l’approbation, en février 2018, par le gouvernement haïtien du nouveau programme (« Staff-Monitored Program ») du Fonds monétaire international (FMI), il avait attiré l’attention sur la situation sociale difficile qui pourrait en résulter. « Ce nouveau programme prévoit l’élimination de la subvention des produits pétroliers et de l’électricité. L’élimination des subventions aura un coût social pour la population, car le prix des produits pétroliers à la pompe augmentera de toute façon », avait déclaré l’économiste Labossière, dans une interview accordée à AlterPresse.

Dans une lettre du gouvernement haïtien adressée à la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, il a fait état du fait que le gouvernement s’est engagé à faire progresser le secteur de l’énergie. « Dans le cadre du Staff Monitored Program, nous publierons un budget complet pour l’Ed’H, nous augmenterons le taux de facturation de 40 à 50%, et avant fin août, le gouvernement sélectionnera des opérateurs à offres viables pour la fourniture d’électricité pour la production, la distribution, la commercialisation, afin de remplacer les contrats de fourniture d’électricité déjà arrivés à terme », ont écrit le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, et le gouverneur de la Banque centrale, dans cette correspondance. Cette décision a été bien vite saluée par des fournisseurs privés. « Cette annonce est reçue avec enthousiasme par des fournisseurs privés de courant électrique à l’État haïtien. J’ai lu la lettre et supporte à 100 % les intentions du gouvernement pour le secteur de l’électricité. En fait, ces intentions reprennent jusqu’à présent à l’identique, ce que nous, à E-Power, nous n’avons pas arrêté de prêcher depuis plusieurs années. Il faut améliorer la facturation et la collection du service d’électricité de l’Ed’H. Il faut mieux gérer les ressources de cette compagnie d’État », a exprimé Carl Auguste Boisson, manager général de E-Power. « Si l’État essaye de rendre l’Ed’H plus efficiente, plus efficace et rentable, c’est une bonne chose. C’est noble. C’est même obligatoire que l’Ed’H soit beaucoup plus efficiente. Sinon, la compagnie continuera à être un poids pour le Trésor public en termes d’obtention de financement public », a pour sa part déclaré Dimitri Vorbe, l’un des responsables de la SOGENER.

Par ailleurs, des secteurs socio-économiques ont pris le contre-pied de toute éventuelle augmentation des prix des produits pétroliers, par le gouvernement, d’ici la fin du mois de juin 2018. Le président de la Confédération des travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, Jean Bonal Fatal, croit que cette hausse va donner lieu à une situation d’insécurité. En outre, Nouvelle Alternative Populaire (NAP) a pris position, dans une note en date du 15 mai 2018, contre une éventuelle hausse des prix de l’essence. « Après avoir soumis la population à un régime de taxation sévère dans le budget de l’exercice fiscal en cours, la Nouvelle Alternative Populaire a appris avec stupéfaction, que le gouvernement Moïse/Lafontant qui avait augmenté les prix de l’essence au début de l’année 2017, se prépare à revenir à la charge au mois de juin de cette année, prétextant la hausse des prix du pétrole sur le marché international. NAP dit haut et fort que ce motif mis en avant par le gouvernement pour appuyer sa décision ne saurait être retenu puisque les baisses enregistrées sur les prix du pétrole dans les temps antérieurs n’ont jamais été, en principe, répercutées sur le marché domestique. Cette décision à laquelle s’oppose la quasi-totalité de l’opinion, ne fera qu’aggraver la situation de la population en général et des couches défavorisées en particulier, qui croupissent dans une pauvreté extrême », a dit la note.

Paradoxalement, des parlementaires proches du pouvoir en place montent également au créneau contre la hausse prochaine des prix de l’essence. Le député de Kenskoff, Alfredo Antoine, estimait récemment que les autorités, pour augmenter les recettes fiscales doivent combattre l’évasion fiscale et exercer un meilleur contrôle sur les franchises douanières accordées à des nombreux entrepreneurs. « Il y a des gaspillages dans les rubriques d’exemptions d’impôts », a expliqué le parlementaire qui exhorte l’inspection générale des finances à vérifier le nombre d’emplois réels, créés grâce aux franchises douanières. Pour sa part, le député de la 2e circonscription de Port-au-Prince, Jean René Lochard, a dit qu’il ne votera pas un budget qui prend en compte une hausse des prix du carburant.

Emmanuel Saintus

Related Articles

Close
%d bloggers like this: