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Agitation de la commune de Maïssade contre l’État

Comme la plupart des communes reculées de la zone métropolitaine, celle de Maïssade se voit, elle aussi, oubliée par l’État et les élus. Sans route, ni hôpital, ni école classique sérieuse, aucune université, cette commune située à 16 kilomètres de Hinche, chef-lieu du département du Centre, s’est agitée le mercredi 16 mai 2018 pour exiger de l’État, particulièrement du président Jovenel Moïse, de jeter un coup d’œil sur la ville et d’honorer ses promesses d’avant et d’après l’élection. Plusieurs centaines de personnes, dont certaines issues des organisations populaires de base, des personnalités importantes et la jeunesse de la commune de Maïssade, ont manifesté dans les rues de la commune, exigeant la construction des 16 kilomètres du tronçon de route reliant Hinche à Maïssade, l’implantation d’écoles et d’universités sérieuses dans la commune, l’irrigation du bassin KAV et un hôpital pour leurs soins de santé, un service inconnu dans la commune. « Fòk Mayisad chanje. Aba Divizyon. Nou pa bezwen manje, nou vle wout, lopital, lekol. Nou pa vle fo pwomès … » sont, entre autres, quelques slogans utilisés par les manifestants pour exprimer leur mécontentement.

Pierre Vital de JDM (Jeunes Dévoués de Maïssade) a fait savoir qu’il n’existe aucun service de base dans la commune. C’est pourquoi, selon lui, ils ont décidé de manifester, réclamant du président de tenir ses promesses. « La jeunesse s’est soulevée parce qu’on a besoin de routes, des ponts que le président nous a promis. Nous n’avons même pas un bon centre de santé dans la commune. Il faut beaucoup d’argent à une personne pour appeler un hélicoptère de Port-au-Prince, pour aller se faire soigner, en cas de maladie ou d’accouchement » a déclaré M. Vital qui affirme ne pas sentir les effets de la Caravane du Changement dans la commune. De son côté, Jimmy Michel a avoué que les élus locaux n’ont rien fait pour forcer la main à l’Exécutif, afin d’inscrire Maïssade dans son agenda. Outre la construction du tronçon de route Hinche-Maïssade qui est réclamée, les manifestants demandent aussi d’autres services de base qui ne sont pas disponibles dans la circonscription. Il affirme que si dans trois mois rien n’est toujours fait, ils vont passer à des manifestations plus violentes et à toutes autres formes de revendication pouvant forcer le président à respecter sa parole. « L’objectif de cette manifestation est de réclamer la construction du tronçon de route Hinche/Maïssade que le président avait promis de commencer, quelques semaines après sa prise de fonction, ainsi que le drainage de la ville, la construction d’un hôpital », a affirmé le représentant du collectif des jeunes étudiants de Maïssade.

D’autre part, Michel Pierre a déclaré ne pas sentir l’effet de la Caravane du Changement du président de Jovenel Moïse qui, pour eux, reste un concept. En d’autres mots : « Karavàn lan a loral ». Selon les protestataires, cette manifestation est un début des activités de protestation qu’ils comptent entreprendre, et souhaitent que les élus parmi lesquels : les maires, le député de la circonscription et les sénateurs du Plateau Central, tous du PHTK mais qui ne s’entendent pas, puissent laisser leurs différends de côté, pour porter leurs revendications sur la table du gouvernement Moïse-Lafontant, afin d’obliger Jovenel Moïse à respecter ses promesses d’avant et d’après la campagne. Notons que dans le tableau de projets planté à l’entrée de la route, il est mentionné que c’est un projet de réhabilitation des points critiques de la route qui est prévu, un projet financé par le ministère de l’Économie et des Finances, et non la construction de la route, comme l’exige la population.

Altidor Jean Hervé / Wilkenson Garçon

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