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La corruption ou  le perpétuel dossier

Depuis quelques temps, le dossier de la corruption reste l’un des dossiers brûlants de l’actualité.  Que ce soit l’État, l’opposition ou encore la communauté internationale, tous veulent guérir ce mal. Et le dossier des fonds PetroCaribe dilapidés à plus de 3 milliards de dollars, est l’un des sujets de la corruption le plus en vue dans le pays.  « Rien ne pourra arrêter la marche du procès » concernant le dossier de dilapidation des Fonds PetroCaribe, estime l’avocat et militant politique, André Michel.  Il n’y a aucune porte de sortie pour les personnes impliquées dans ce dossier qui prend une ampleur internationale, soutient l’homme de loi.  Le parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, qui tentait de bloquer le dossier pendant deux mois, a finalement décidé de le retourner au cabinet d’instruction, avec ses conclusions. Me Michel dit se réjouir de l’avancement du dossier par-devant le cabinet d’instruction dans la juridiction de la capitale, ainsi qu’à la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSC-CA).  Une résolution du Sénat, publiée le vendredi 16 février 2018 dans le journal officiel « Le Moniteur », par le président Jovenel Moïse, avait transféré le rapport PetroCaribe à la CSC/CA, en vue d’une vérification et d’une analyse approfondies sur ce dossier.  Les sénateurs de l’opposition avaient qualifié la résolution de hors-la-loi et de procédé dilatoire.  « Nous sommes en train de voir aussi comment saisir la justice américaine, dans le cadre de cette affaire, puisque les dilapidateurs des fonds PetroCaribe achètent des maisons et font des transferts d’argent aux États-Unis d’Amérique », déclare Me André Michel.  De son côté, l’Observatoire haïtien des Droits humains (OHDH) suggère aux avocats qui accompagnent les plaignants dans l’affaire de la dilapidation des fonds PetroCaribe de porter la question par-devant la justice américaine. Face au laxisme et à la lenteur de la justice haïtienne, « les avocats qui accompagnent les plaignants doivent changer de stratégie » en portant plainte aux États-Unis, suggère Me Joinet Merzius, coordonnateur général de l’OHDH.  Pour lui, la dilapidation de 3 milliards de dollars des fonds PetroCaribe constitue un crime transnational, au même titre que le trafic de la drogue. Puisqu’à travers les transferts, les transactions illicites concernant ces fonds sont susceptibles d’entrer dans le champ financier des États-Unis, ou d’impliquer le fisc américain, il est opportun de porter plainte dans le droit américain contre tous les dilapidateurs supposés, explique-t-il.  L’avantage, précise-t-il, est que le dossier sera effectivement pris en main et restera ouvert et actif pendant 10 ans, laissant, entre autres, la possibilité d’interpeller tout suspect voyageant ou résidant aux Etats-Unis. Pour sa part, Vincent Degert croit qu’il ne peut y avoir de lutte contre la corruption sans la mise en place d’un système judiciaire efficace, a déclaré l’ambassadeur de l’Union Européenne en Haïti.  Le diplomate a une fois de plus insisté sur la nécessité de sanctionner les corrupteurs et les corrompus. Les citoyens de tous les pays réclament la reddition de compte, a dit M. Degert pour qui les hommes politiques ont compris qu’on n’échappe pas à la lutte contre la corruption. On veut savoir où vont les fonds publics, qu’il s’agisse des ressources financières nationales ou de l’aide financière internationale gérée par le gouvernement, a-t-il martelé, plaidant pour la mise en place d’institutions, dans le cadre d’un système de lutte contre la corruption.  De plus, il recommande un système judiciaire qui fonctionne efficacement. Toutefois, il paraît que le diplomate ne voit pas l’appui que la communauté internationale donne à ce pouvoir bourré de corrompus et de corrupteurs, empêchant tout progrès réel dans le pays.

Altidor Jean Hervé

 

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