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Liberté de la parole, déguisée

Bien que des lois continuent de s’accumuler contre la liberté d’expression, pourtant, le 3 mai de chaque année (depuis 1993), on célèbre la Journée internationale de la liberté de la presse. La presse et les principaux médias sont sous la coupe des hommes d’affaires et de la mafia dans le monde. La liberté de la presse est tombée à son point le plus bas. Dans de nombreux pays du monde, les forces politiques criminelles ont tenté de prendre le contrôle et de faire taire les médias. En Haïti, beaucoup de journalistes ont été menacés ou violement attaqués, tués ou sont portés disparus. Un des problèmes les plus sérieux s’est manifestés ces derniers temps par la mise à pied de nombreux journalistes pour leurs prises de position par les patrons de médias. La compréhension qu’ont les chantres de la démocratie sur la liberté d’expression est très différente de l’esprit des lois qui, dans presque tous les pays démocratiques, sont censées l’encadrer. En 2017, une loi sur la diffamation a été votée au Sénat, prévoyant de lourdes peines contre les journalistes Haïtiens. La loi scélérate, sur le bâillonnement de la presse et de la liberté d’expression, vise à faire peur aux journalistes, notamment les journalistes d’opinion. Cette loi scélérate, passée au Sénat de la République, vise à empêcher la presse libre et la population de s’exprimer sur les allégations de vol, de blanchiment des avoirs et également sur la dilapidation des fonds PetroCaribe. Dans le classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2018, Haïti est classée 60e sur 180 pays. Haïti a ainsi perdu sept (7) places dans le nouveau classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2018 de Reporters sans Frontière (RSF). De la 53e position en 2017, Haïti est classée en 60e position, avec un score 26,82. « Malgré la récente évolution des lois relatives à la liberté de la presse, les journalistes haïtiens sont toujours victimes d’un cruel manque de ressources financières, de l’absence de soutien de la part des institutions et d’un accès difficile à l’information. Certains subissent encore des intimidations et des agressions. Les médias privés, très liés aux intérêts de leurs actionnaires, peinent à exprimer leurs points de vue sans autocensure. En 2017, un projet de loi sur la diffamation a été voté au Sénat, prévoyant de lourdes sanctions contre les journalistes », a relaté RSF, dans rapport annuel. De son côté, l’Office de la protection du citoyen (OPC), dans une note en date du jeudi 3 mai 2018, publiée à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, exhorte l’État haïtien à travailler davantage afin de garantir la liberté de la presse en Haïti. Dans sa note, l’OPC a mis l’accent sur le rôle prépondérant des médias « dans le contexte actuel », dans les revendications des citoyennes et des citoyens.

Emmanuel Saintus

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