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Les cancers qui gangrènent Haïti

 

Voilà les grandes questions auxquelles nous sommes appelés à débattre avec toute la jeunesse haïtienne qui se trouve être la première victime dans un système où dominent ces deux fléaux : la corruption et la mauvaise gouvernance. La mauvaise gouvernance et la corruption sont deux fléaux qui nuisent à l’émergence d’Haïti sur les plans économique, politique et social, depuis plus de trois décennies. Et ces deux fléaux prennent de plus en plus de l’ampleur en Haïti car, les autorités étant impliquées aussi, elles engagent peu d’action pour lutter contre ces maux. Et le plus grave, c’est que même certains secteurs sensibles, comme la justice, en sont atteints. Le coupable est celui qui circule librement et l’innocent est celui qui est en prison, le voleur de poule passe sa vie en prison et le ministre ou président, voleur des biens du peuple et qui a trahi la nation, finit sa vie dans son château. Ces deux facteurs sont, pour l’essentiel, responsables des inégalités, des injustices et des frustrations de la population. Ils évoluent comme une maladie qui gagne tout le corps d’un malade. Plus on ne fait rien, plus ces maux tuent la société haïtienne, de telle sorte que chacun se dit contraint de corrompre pour aussi avoir satisfaction.

À l’initiative de l’Université Quisqueya, de concert avec 1804 Institute, une organisation basée aux États-Unis, un colloque international sur la corruption a été organisé sur le campus de cette université, les jeudi 3 et vendredi 4 mai 2018. Ces deux journées de réflexions ont été organisées sur la corruption et la transparence, sur le thème : « Corruption et transparence : mécanismes et enjeux ». En marge de ces deux journées, quatre thématiques ont été débattues, il s’agit :

  • Des caractéristiques de la Corruption : « La corruption, de quoi s’agit-il » ?
  • Les dispositifs de lutte contre la Corruption : « Comment fonctionnent les mécanismes mis en place » ?
  • L’économie de la corruption : « Comment évolue l’économie haïtienne dans ce contexte mondial de corruption ? »
  • Et la sociologie de la corruption : « Quelles sont les spécificités haïtiennes ? Pouvoir, Culture et Corruption ».

 

Haïti est dotée de nombreux mécanismes de lutte contre la corruption dont : l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC), l’Unité centrale de Renseignements financiers (UCREF), ainsi que de lois contre la corruption (2014) et le blanchiment d’argent (2001 et 2016). Haïti a aussi signé des conventions internationales, en particulier la Convention des Nations-unies contre la corruption (2009). Et tout cela n’a rien changé. On constate le laxisme des responsables des institutions pour lutter contre ces mauvaises pratiques, du fait qu’ils ont été nommés par des corrompus, eux-mêmes. L’idée première de ce colloque était de dépasser le cadre normatif et institutionnel de la lutte contre la corruption pour s’intéresser aux méthodes et valeurs que la société dans son ensemble doit mettre en place pour combattre ce fléau. Pour remédier et pour combattre ce fléau, d’abord le peuple doit apprendre à sanctionner ses leaders politiques corrompus, le peuple doit sortir manifester contre toutes les politiques politiciennes menées par les gouvernements, notamment le gouvernement Jovenel / Lafontant qui protège les dilapidateurs, les kidnappeurs, les voleurs du Fonds PetroCaribe. Il faudrait qu’ils sentent une menace pour changer les choses. On doit se doter d’un mécanisme de contrôle de l’action gouvernementale, autre que celui du Parlement, car au Parlement, c’est toujours la même majorité gouvernementale et, de ce fait, les élus d’un même parti politique ne sanctionneront jamais leurs camarades au gouvernement. C’est ce qu’on appelle souvent la dictature des partis politiques qui sont les vrais acteurs de la mauvaise gouvernance. Ce sont des voleurs, des corrompus également.

Emmanuel Saintus

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