accueilActualitéCoup d'oeil sur le monde

Énex Jean-Charles dit tout…

Être Premier Ministre vous permet d’être le centre de l’État, et quand un ex-premier ministre veut faire des aveux, il peut soit nous dire 100% de vérité soit nous rouler dans la farine. Longtemps resté dans le silence, l’ancien premier ministre Énex Jean-Charles a signé son come back avec plusieurs révélations et pas des moindres, pour l’ancien chef de la Primature. En effet, dans une vidéo circulant sur la Toile, on peut voir celui qui a codirigé l’Exécutif avec Jocelerme Privert, se confier au micro de Luckner Désir, au moment où celui-ci tournait son émission « Matin-Débat » à Bassin-Bleu. L’authenticité du document a été confirmée par l’ancien patron de la Primature joint par téléphone. Dans cet entretien, Énex Jean-Charles a soutenu l’idée que le pays n’ira nulle part. Pour étayer ce point de vue, il a livré ses expériences durant son mandat d’un an comme Premier Ministre. « Pour avoir été au pouvoir au cours de la période des élections, j’ai vu la quantité de plaies qui existent dans ce pays. Quel que soit celui qui remporte les élections, il ne peut se réaliser à cause des barricades qui s’érigent partout à travers le pays. On n’ira nulle part. Je parle en fonction de mes expériences. Il y a des groupes qui sont spécialisés dans le blocage du pays. Il y a d’autres groupes qui ne défendent que leurs intérêts. Ils sont prêts à gâcher tout ce qui ne va pas dans le sens de leurs intérêts mesquins », a-t-il fait savoir. Selon l’ex-PM, celui qui remporte les élections ne doit pas se comporter en super-président. « Il doit réunir tous les acteurs autour de la table », conseille-t-il. Ces déclarations viennent justifier ce que tout le monde savait déjà. On sait que la gestion du pays est déjà minée par un environnement trop épineux pour n’importe quel président et premier ministre. Par ailleurs, Énex Jean-Charles a également révélé que certains secteurs ont tenté de le forcer à influencer le résultat des élections de 2016. Ce que lui et Jocelerme Privert ont refusé de faire, a-t-il souligné. « J’ai été Premier ministre avec les menottes dans les bras. J’ai été témoin de beaucoup de choses. J’ai dit au président Privert que nous ne devions pas prêter attention à ceux qui voulaient que nous influencions le résultat des élections dans un sens comme dans l’autre. Nous étions clairs là-dessus. Et nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour que les élections soient crédibles et transparentes. Le vrai gagnant l’a emporté. Je peux affirmer avec force que Jovenel Moïse avait remporté les élections », a-t-il avancé. Des allégations un peu tardives, vu que Jovenel Moise est et sera toujours un président contesté comme la grande majorité des élus issus des scrutins de 2016. L’ex-Premier ministre explique que les tentatives d’influence sont orchestrées par des menaces et des offres d’avantages. « On peut vous promettre de vous maintenir au pouvoir si vous dirigez dans un sens. On peut vous menacer de vous destituer également. Un soir, je suis allé me coucher en pensant que je me réveillerais en président de la République le lendemain. On m’avait offert le poste de Président. Il y a eu un communiqué signé des Présidents des deux Chambres, Cholzer Chancy et Ronald Larèche, déclarant que le mandat du Président (était) terminé et que j’étais dorénavant en charge de l’Exécutif. Des idées qui peuvent faire grossir la tête d’un PM qui dit (qu’il) ne s’est pas laissé tenter. Il s’agissait d’un document officiel. À l’époque, poursuit-il, le pays avait la chance d’être dirigé par deux responsables qui n’avaient pas d’ambitions de pouvoir. Je n’ai pas accepté, parce que je savais que cela n’allait rien apporter au pays. De plus, en acceptant ce poste, je serais sorti immédiatement de l’engagement que j’avais pris devant le Parlement. Cela ne m’aurait rien rapporté de parvenir à la présidence à tout prix », a-t-il rapporté. Dans son entrevue avec le journal, il a rappelé que ce document avait constaté la fin du mandat de Jocelerme Privert et exigé l’application de la Constitution, selon laquelle, le PM devrait assurer le pouvoir exécutif. « Le document avait été publié dans la presse », a-t-il fait remarquer. L’ex-PM a expliqué que les tentatives d’influences venaient des parlementaires, du secteur privé, de syndicats, de partis politiques, de la communauté internationale, entre autres. « Il y a des tentatives directes, il y en a qui étaient voilées », a-t-il confié au Nouvelliste. Il a affirmé n’avoir jamais cédé aux pressions. « J’ai pris la précaution de me conformer à la loi. J’avais fait en sorte que je ne sois impliqué dans aucun dossier qu’on pourrait utiliser pour ternir mon image. Je me suis assuré de remplir, dans le cadre de la loi, la mission qui m’a été confiée », a-t-il dit. À la suite de ces affirmations de l’ex-premier ministre de Jocelerme Privert et des récentes déclarations d’un autre ancien premier ministre, Laurent S. Lamothe, tout laisse croire que le pays a réellement besoin d’un amendement constitutionnel, d’un vrai dialogue ou des états généraux permettant au pays de se sortir de la situation de prise en otage de toute sorte dont il est victime de la part de la communauté internationale, des ennemis d’Haïti, du secteur privé, des parlementaires ou encore des partis politiques.

Altidor Jean Hervé

Related Articles

Close
%d bloggers like this: