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Les dessous du remaniement ministériel

Les dessous du remaniement ministériel

Le Gouvernement Moïse-Lafontant est critiqué de tous bords et de tous côtés. Même ses alliés font partie de ceux et de celles qui émettent des commentaires négatifs par rapport à son fonctionnement.  Le pouvoir se livre uniquement au dilatoire pour tromper la vigilance du peuple ; il ne compte nullement reculer. Jovenel Moise n’arrêtait pas de provoquer la population et les leaders de l’Opposition à travers des initiatives fantoches et des déclarations intempestives. Il continue de chanter que ceux qui critiquent le pouvoir représentent la minorité et qu’il est soutenu par la majorité silencieuse. Aujourd’hui, on constate une lutte entre les clans PHTK, alliés et amis du Pouvoir pour le contrôle du gâteau. Certains députés PHTK et alliés ainsi que des amis du Pouvoir font semblant de tourner casaque allant même jusqu’à donner 72 heures à Jovenel pour procéder à un  remaniement ministériel. Une situation qui a mis le Président dans ses petits souliers face à ses amis et consorts du fait qu’il essaie de ménager la chèvre et le chou. «Le Président a trop traîné sur ce remaniement très souhaité par la majorité à la Chambre basse. Si le Président tient vraiment à garder son poulain à la tête du gouvernement, qu’il se hâte d’opérer les changements exigés. Sinon les députés vont réagir et couper la tête du Premier ministre », a averti le député de Thomassique, Franscique de la Cruz. « Le président doit respecter les sénateurs de la majorité et comprendre qu’il doit diriger avec eux pour conserver leur solidarité », a lancé pour sa part le sénateur Kedler Augustin, un défenseur aveuglé du Pouvoir.  Le chef de file de la majorité au sénat a appelé le président Moïse à tenir compte de la réalité politique haïtienne dans le processus de formation d’un nouveau gouvernement. «Au cours des dernières années, les parlementaires ont été impliqués dans la désignation de plusieurs ministres. C’est la réal politique tandis que la constitution accorde au chef de l’État et au Premier Ministre la prérogative du remaniement ministériel. Aucun gouvernement ne peut survivre sans le support d’une majorité solidaire au Parlement», a conseillé le sénateur Kedler Augustin à Jovenel Moise. En outre, le mercredi 18 avril 2018, le président de la Chambre Basse, Gary Bodeau, a rencontré les dirigeants de la Plateforme du secteur populaire. Cette rencontre a été tenue au parlementaire en présence de plusieurs autres collègues parlementaires. « Les membres de la plateforme ont parlé de la recrudescence de l’insécurité et de l’inflation qui sévit dans le pays. Ils ont aussi fait des recommandations. Ils souhaitent que certains ministres du Gouvernement soient tout bonnement remplacés. Certains ont même exigé que tout le gouvernement soit changé», a dit Gary Bodeau.

Ainsi en fin de soirée du 23 avril, un léger remaniement ministériel a vu le remplacement de 5 ministres sur 18. Il s’agit du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Max Rudolph St-Albin, du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Heidi Fortuné, du ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Carmel Béliard, du poste de ministre des Haïtiens vivant à l’étranger longtemps géré par Stéphanie Auguste et du ministre de la Culture et de la Communication, Limond Toussaint. Reynaldo Jean-Marie Brunet est ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Jean Roudy Aly devient ministre de la Justice et de la Sécurité publique. Jobert C. Angrand prend place au sein du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Guy André Junior François au ministère des Haïtiens vivant à l’étranger et le journaliste, Guyler C. Delva, au ministère de la Culture et de la Communication.

Emmanuel Saintus

 

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