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Une épidémie de corruption sévit au sein des institutions

by Emmanuel Saintus

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a récupéré plus de 122 millions de gourdes de « chèques zombis » (chèques émis à l’ordre des personnes décédées au profit d’une tierce personne) dans la lutte contre la corruption au sein dudit ministère. Cette information a été communiquée par le titulaire du MENFP, Pierre Josué Agénor Cadet, lors de la conférence de presse du mardi 27 mars 2018. Quatre employés du MENFP sont sous les verrous, dans le cadre d’une affaire de détournement de chèques de subventions accordées à plus de 8 000 enfants pour leur permettre d’aller à l’école, précise-t-il. Jonas Métellus, Harrison Matthieu, Chériza Lunic et Jacques Junior Divers sont les quatre employés affectés au service de budget du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), épinglés dans des affaires de corruption, de détournement de fonds et d’association de malfaiteurs. Ils étaient au total 24 employés affectés au service de budget du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle qui ont été convoqués par le ministre Pierre Josué Agénor Cadet pour répondre aux questions du commissaire du gouvernement, Clamé Ocnam Daméus. Après les avoir auditionnés dans l’enceinte dudit ministère, le commissaire du gouvernement a décidé de se rendre au parquet avec quatre d’entre eux, jugés très concernés par cette question de corruption, en vue de vérifier, dit-il, la pertinence des informations. Des arrestations peuvent s’enchaîner d’un moment à l’autre, car les 20 autres employés affectés à ce service sont sur la sellette de la justice, selon les affirmations du commissaire du gouvernement, Me Ocnam Daméus, qui a ordonné l’arrestation de ces employés le lundi 26 mars 2018. « Ils sont également impliqués dans le vol de subvention destinée aux enfants démunis du secteur éducatif », a fait savoir le chef de la poursuite. « Après avoir recueilli les premières informations, j’ai décidé d’arrêter ces quatre (4) employés parce que leurs déclarations sont jugées incohérentes et certains d’entre eux ont même fait des aveux », précise le commissaire du gouvernement qui promet une suite à cette affaire. Parmi les accusés, certains sont chef de service, assistant chef de service et coordonnateur du budget. Selon les estimations, plus de 8 000 enfants ont reçu des subventions du ministère, cette année. Pourtant, des parents se plaignaient de ne pas en avoir bénéficié pleinement, a déploré le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Agénor Cadet. En effet, à la suite d’une enquête administrative, menée par le ministère dans le cadre de la lutte contre la corruption, le titulaire du ministère a découvert le pot aux roses. « Tout se joue au service du budget dudit ministère. Certains d’entre eux falsifient les feuilles de route à leur profit. Quand je signe une feuille de route concernant un dossier, ils changent le nom et le numéro du NIF du bénéficiaire pour y ajouter un autre », a expliqué Agénor Cadet, lors d’un point de presse.

Par ailleurs, les sénateurs Ricard Pierre, Évalière Beauplan, Nènel Cassy et Antonio Chéramy souhaitent avoir les résultats des enquêtes menées sur les différents scandales de corruption enregistrés dans le pays. Ils font notamment référence aux dossiers de corruption qui ont éclaté aux ministères des Affaires sociales et du Travail (MAST) et de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), en ce qui concerne, respectivement, des kits scolaires et des chèques falsifiés. Roosevelt Bellevue, titulaire du MAST, avait été démis de ses fonctions, le 29 août 2017, après avoir été soupçonné de « surfacturation », dans le dossier de kits scolaires. Des faussaires ont réussi à soutirer plus de 19 millions de gourdes du trésor public, en imitant la signature du titulaire du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), Max Rudolph Saint Albin, et celle du comptable public, afin d’encaisser ces chèques falsifiés, d’après une correspondance du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), en date du 12 octobre 2017. En outre, les quatre (4) sénateurs dénoncent également la mauvaise utilisation des fonds du trésor public par le gouvernement, pour financer les partis politiques, et ce, en violation de la loi sur le financement des partis politiques et de la loi du 1er janvier 2017 sur l’élaboration du budget.

Emmanuel Saintus

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