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L’armée « Rose » d’Haïti se complète…

Le gouvernement a procédé à la mise en place du haut état-major des Forces armées d’Haïti (FAD’H), officiellement remobilisées le 18 novembre 2017.  Le président Jovenel Moïse a nommé six (6) personnes devant constituer ce haut état-major des FAD’H, indique le ministère de la Défense, dans un communiqué du mardi 13 mars 2018.  Cette nomination a été effectuée conformément aux engagements matérialisés dans les deux (2) arrêtés du 16 et du 17 novembre 2017, portant respectivement sur le rétablissement des Forces Armées d’Haïti et la nomination du commandant en chef intérimaire, rappelle-t-il.  Sadrac Saintil qui occupait la fonction de général de brigade des Forces Armées d’Haïti est nommé au poste de chef d’État-major général. Les colonels Jonas Jean, Jean-Robert Gabriel, Derby Guerrier, Joseph Jacques Thomas et Fontaine Beaubien sont nommés, respectivement, aux postes d’Inspecteur général, d’assistant chef d’État-major G1/ G3, d’assistant chef d’État-major G2 / G4, de secrétaire de l’État-major général et membre de l’État-major personnel du commandant en chef.  Le 15 novembre 2017, Jovenel Moïse avait pris un arrêté présidentiel, mettant en place un commandement intérimaire pour les FAD’H.  Ce commandement, ayant à sa tête un ancien officier, Jodel Lesage, nommé « lieutenant-général » par Jovenel Moïse, était chargé de conduire les travaux liés au rétablissement, à l’organisation et au fonctionnement de la nouvelle armée.  Un premier défilé de l’armée a été effectué le samedi 18 novembre 2017, au Cap-Haitien, à l’occasion du 214e anniversaire de la Bataille de Vertières.  Haïti, État-major de l’armée ou l’art d’accepter délibérément d’être les dindons de la farce.  Aucune leçon, semble-t-il, n’a été tirée de la débâcle de 1995.  Même corporatisme, même conservatisme, avec le même aplomb.  Les signes du re-démantèlement sont déjà là », a tweeté Mario Andrésol, mercredi 14 mars 2018, quelque vingt-quatre heures après la publication du communiqué de presse du ministre de la Défense, Hervé Denis.  Lui-même, ancien capitaine des Forces Armées d’Haïti et ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti, Mario Andrésol connaît bien l’institution qui lui a donné le goût du métier des armes.  Contacté par le journal après son tweet, Mario Andrésol, jeune officier au moment du renvoi des FAD’H en 1995 et directeur de la PNH pendant deux mandats consécutifs, n’a rien ajouté.  Il s’en tient à son tweet assez explicite. « Nous sommes revenus à 23 ans en arrière.  L’État-major est constitué d’anciens officiers supérieurs de la promotion qui a suivi celle de Raoul Cédras. Jean Robert Gabriel qui aujourd’hui fait partie de cet État-major, était membre de l’État-major personnel de Cédras.  Ils étaient tous là pendant la période du coup d’État.  Le Bureau des avocats internationaux (BAI), dans une note de presse rendue publique a indiqué prendre acte de la nomination d’un soi-disant haut État-major des Forces armées d’Haïti par l’administration Moïse/Lafontant.  « Le BAI ne s’étonne pas de ce que, sans égard pour les victimes nombreuses et innocentes du coup d’État sanglant du 30 septembre 1991, monsieur Jovenel Moïse prend la responsabilité de nommer un « haut État-major » composé des personnes au passé sulfureux, dont le colonel Jean Robert Gabriel, militaire tortionnaire, jugé par contumace au procès du massacre de Raboteau, aux Gonaïves, le 16 novembre 2000 », selon cette note de presse.  « L’administration Moïse/Lafontant, notamment le soi-disant ministre de la Défense, monsieur Hervé Denis, ne peut prétexter ignorance du jugement et de la condamnation par contumace du colonel Jean Robert Gabriel, puisque ledit jugement a été publié dans les colonnes du journal officiel de la République, Le Moniteur du jeudi 23 novembre 2000, 155e année, numéro 92 », lit-on dans la note signée par Me Mario Joseph pour le BAI.  « Par-dessus la justice, l’administration Moïse/Lafontant se solidarise avec le colonel criminel alors que, par l’effet de sa condamnation par contumace, ce dernier perd la jouissance de ses droits civils et politiques (article 364 du Code d’instruction criminelle annoté par Jean Vandal) », a indiqué la note de presse du BAI.  « Le BAI rappelle que, par application de l’article 372 du Code d’instruction criminelle annoté par Jean Vandal, le contumace ne bénéficie d’aucun droit de recours : « Le recours en cassation ne sera ouvert contre les jugements de contumace qu’au ministère public et à la partie civile, en ce qui la regarde », selon cette note de presse.  « Cette nomination vient confirmer une fois de plus que les forces armées remobilisées par le pouvoir Tèt Kale est bien une milice dont la mission cachée est de faire revivre au peuple haïtien les heures les plus sombres du duvaliérisme sanguinaire.

Emmanuel Saintus

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