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Justice : l’attitude des autorités

Ceux qui sont là pour protéger la population contre les bandits et les contrebandiers ont dû se mettre à couvert, du fait de l’impuissance de la justice face au pouvoir des malfrats. L’impuissance et le laxisme des autorités judiciaires sont palpables face aux malfrats qui, en plus d’être bien monnayés, ont généralement la couverture soit d’un haut dignitaire de l’État, soit d’un député ou d’un sénateur.  En effet, un agent de police affecté au BLTS (Bureau de Lutte contre le Trafic illicite de Stupéfiants) a pris le maquis, après plus d’un an d’attaques et de menaces contre sa personne et sa famille.

Augustin Angelot a dû se réfugier dans sa ville natale à Trou-du-Nord avec sa famille pour éviter les menaces proférées à son endroit par les malfrats.  En marge d’une interview accordée à la Radio Vibration FM à Trou-du-Nord (département du Nord-Ouest), M. Angelot a déclaré que ses problèmes ont commencé au cours de l’année 2017, après qu’il eut dirigé deux opérations qui ont déclenché les hostilités contre lui et sa famille.       « Parmi une centaine d’autres, il y a eu une fouille dans une voiture de location au cours de laquelle une arme illégale a été saisie sur l’ordre de notre supérieur hiérarchique.  C’est alors que j’ai appris que la personne impliquée dans cette histoire est la femme d’un député.  Depuis, je n’ai cessé de recevoir des messages qui m’empêchent d’avoir la quiétude d’esprit nécessaire à l’accomplissement de ma tâche.  J’ai reçu un appel le 29 décembre 2017, à la rue Dr Audain, à Port-au-Prince.  (Au cours de) cet appel de 17 secondes, j’ai entendu à l’autre bout du téléphone des propos hostiles du genre : sa w fè a w ap peye l.  Avan lontan n ap koupe tèt ou mete sou vant ou », a déclaré le policier, Augustin Angelot.  « La brigade à laquelle j’appartiens a subi plusieurs attaques en 2017 qui auraient pu nous coûter la vie, mes collègues et moi.

Le problème, ce n’est pas les attaques, mais plutôt le fait de se sentir seul face à des bandits spécialisés dans la contrebande.  Je me sens particulièrement concerné pour avoir dirigé, à titre de superviseur du groupe A, plusieurs opérations visant à saisir armes et drogues des contrebandiers ».  Angelot poursuit pour dire qu’à la suite de l’arrestation d’une dame pour blanchiment des avoirs provenant de la drogue et d’autres infractions graves, selon ce qu’il a relaté, il se sentait de plus en plus exposé aux attaques les unes plus virulentes que les autres.  Malgré que son superviseur ait pris le dossier en charge, le mari de la concernée – un député de la 50e législature –  n’a pas voulu lâcher prise.  « Il a juré de me faire payer mon impertinence ».  La situation s’est aggravée le lundi 12 février.

Aux environs de 3 heures 28 du matin, il a entendu des bourdonnements inhabituels dans la cour de sa maison.  « Un voisin m’a appelé pour m’avertir de la présence d’intrus dans ma maison.  J’ai demandé à ma femme d’amener les enfants dans une douche pouvant les éloigner de toutes éventuelles attaques.  Ensuite, j’ai appelé un policier qui habitait le quartier.  Ce dernier a fait quelques coups de semonce.  Les bandits, en entendant la riposte du policier, ont tiré à tort et à travers sur ma maison, avant de prendre la fuite ».  Après plusieurs plaintes déposées sans aucune réaction des responsables, Augustin Angelot s’est réfugié dans sa ville natale.

Par ailleurs, le mercredi 21 février 2018, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Miragoâne (Département des Nippes) pour exiger que justice soit rendue à la famille Amatas.  Dans la soirée du jeudi 15 février 2018, des bandits armés, identifiés comme étant des proches du PHTK, ont attaqués la résidence privée d’Amatas Jean-Philippe, un partisan du sénateur Nènèl Cassy.  « Les bandits, dans leur forfait, ont tué par balle un jeune garçon de 16 ans, Robenson François, et grièvement blessé une fillette de 6 ans, Léonicka Mie Yaley Jean-Phillipe, fille de M. Amatas Jean-Phillipe.  À leur sortie, ils ont tiré sur un jeune homme, Désilus Fritzner, qui, pour l’instant est hospitalisé avec la fillette à l’hôpital Sainte-Thérèse », avait dit une note de presse du bureau du Sénateur Nènèl Cassy.  En marge de cette manifestation, une délégation de l’opposition a fait le déplacement, en solidarité avec ce responsable local, Amatas Jean-Philippe, après que sa maison eut été attaquée à coups d’armes par de présumés partisans du PHTK.

Sur un autre volet de la criminalité, une petite fille de neuf ans a été violée par son propre père, âgé de 40 ans, dans la commune de Lascahobas.  L’incident s’est produit le 19 janvier 2018, dans un jardin à Beaudouin, une localité de Juampa, située dans la 2e section communale de Lascahobas, dans le département du Plateau Central.

Emmanuel Saintus

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