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Haïti : entre discours et réalité…

Alors que le président haïtien Jovenel Moïse s’étalait dans des discours, promettant de l’électricité 24/24 et de l’eau potable dans les ménages, un rapport publié par la Banque Mondiale a révélé les circonstances dans lesquelles le pays se trouve dans la réalité.  Le rapport qui s’intitule « Les villes haïtiennes : des actions pour aujourd’hui avec un regard sur demain » fait état que seulement 38% des foyers en Haïti avaient accès à l’électricité en 2012.  Les données historiques emmagasinées entre 1995 et 2015 par la Banque affirment qu’il existe un     « rapport positif » entre le Produit Intérieur Brut (PIB) et les niveaux d’urbanisations.  Parmi les 180 pays observés dans le rapport, on remarque qu’« Haïti s’est urbanisé sans croissance du PIB ».  Ces chiffres mettent également le pays en marge des voisins de la Caraïbe et de l’Amérique latine où au moins 96% de la population est couvert.  C’est une conséquence de « la fragilité et des chocs économiques dus aux catastrophes naturelles », d’après la Banque Mondiale.  Les 50% des zones urbaines actuellement couvertes n’améliorent pas les statistiques du pays.  Cette sous-consommation est la résultante des déficits d’approvisionnement de l’Électricité d’État d’Haïti (EDH). Les vieux dispositifs de l’institution lui permettent de fournir seulement environ quinze (15) heures d’électricité à Port-au-Prince et neuf (9) dans les villes de provinces avec une capacité de 250 à 400 mégawatts.  Cette situation affecte largement les activités économiques et la production locale, car « l’obtention d’une connexion électrique professionnelle coûte très cher ». « Depuis 2009, les tarifs appliqués aux clients commerciaux et industriels (notamment le secteur industriel et le secteur des transports) sont de $0,36 US le kilowatt/heure, ce qui représente le haut de la fourchette en matière de distribution dans les Caraïbes », a dit le rapport.

Dans le même cliché, Haïti est classée dernière de la région Caraïbes sur l’accès à l’eau potable. « Environ 35% des citadins n’avaient pas accès à l’eau potable », selon la Banque Mondiale. « Le nombre de foyers ayant une arrivée d’eau a nettement baissé entre 2000 et 2012, passant de 24% à 3%.  Pendant la même période, le nombre de familles jouissant de l’accès à une borne-fontaine publique a également diminué.  Il est passé de 65% à 21% ».  « En 2015, le nombre de personnes qui avait accès à l’eau potable provenant d’une source de qualité représentait 58%. Dans les plus petites villes, 45 % des familles n’ont pas le matériel pour faire bouillir l’eau », a dit le rapport. Et de poursuivre que « les systèmes d’assainissement actuels sont inadaptés pour servir la population urbaine.  Deux tiers (66 %) des citadins n’ont pas d’assainissement amélioré ».

Par ailleurs, dans un autre rapport de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), intitulé « Chaque vie compte : le besoin urgent de mettre fin à la mort des nouveau-nés ».  Haïti annonce le plus grand taux de mortalité infantile de la région, avec 1 décès pour 41 nouveau-nés. Il est suivi par la Dominique (1 sur 42), de la Guyane (1 sur 50) et de la Bolivie (1 sur 53).  Par contre, Cuba est le pays ayant le plus faible taux de mortalité néonatale avec 1 décès pour 417 nouveau-nés.  Il est suivi d’Antigua-et-Barbuda (1 sur 264), d’Uruguay (1 sur 200) et du Chili (1 sur 186) et le Costa Rica (1 sur 176).

Emmanuel Saintus

 

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