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Des nombreuses arrestations pour des prisons déjà surchargées

À la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ), Gary Desrosiers, le porte-parole adjoint de l’institution policière, a présenté le bilan des différentes opérations menées par l’institution au cours de ce premier mois de l’année 2018. Le document révèle qu’en 31 jours, 3 kilogrammes de cocaïne, 95 kilogrammes de marijuana, 78 743 dollars USD, 1 245 cartouches, 3 véhicules et 3 armes ont été confisqués. On relève 32 arrestations pour trafic de drogue, vols de véhicule, assassinats, vols à main armée, etc. », a indiqué Gary Desrosiers. Le porte-parole est également revenu sur les trois dimanches pré-carnavalesques qui ont déjà eu lieu et a brossé le tableau des dispositions de sécurité en vue dernier à venir, celui du 4 février. « Nous continuons à prendre des dispositions fermes pour protéger tous ceux qui y prendront part », réagit-il, avant de demander aux « jeunes femmes revenues de l’ambiance, de prendre des mesures de précaution en rentrant chez elles ». « Au lieu de regagner seules et à pied votre maison, au risque de vous faire violer par des bandits de grand chemin, il est préférable de se rendre à un poste de police jusqu’à la levée du jour », prévient-il, informé de l’insécurité qui sévit en Haïti. Dans cette journée-bilan, trois individus arrêtés le 18 janvier 2018, à Fleuriot et à Tabarre 27, ont été présentés à la population. Gernaut Sanon, Kerby Israël et Jean Ernest Alexis seraient des récidivistes impliqués dans le braquage de personnes revenant de la banque. « Ils sont retenus pour tentative d’assassinat et vol à main armée », informe Desrosiers, précisant que ce sont des « spécialistes du braquage » qui ont déjà fait l’objet d’accusation du meurtre de Ionel Malbranche, assassiné le 4 décembre 2017 à Tabarre 68.
D’autre part, le ministère de la Justice condamne le comportement du commissaire du gouvernement, Ocnam Clamé Daméus, en ce qui concerne la manière de traiter des dossiers relatifs à la détention préventive prolongée. Le traitement des dossiers par le commissaire du gouvernement laisse à désirer, critique le Ministère, dans une note en date du 25 janvier 2018. Il fait référence aux instructions qui avaient été données aux chefs des différents parquets de la République, dont Daméus, à la fin de l’année écoulée. « Ce n’est pas sans peine de constater que, dans la majorité des cas ayant été soumis à son attention (Daméus), il s’agit de personnes qui avaient terminé de purger leur sanction et que, par la faute de (son) administration, elles étaient gardées encore en prison », argue-t-il. Le ministère de la Justice dit sanctionner dûment le comportement du commissaire qu’il juge « préjudiciable et, pour le moins, blâmable », dans ce dossier.
Dans un souci d’améliorer le système judiciaire, une importante rencontre a eu lieu entre les représentants des deux pouvoirs. «Il n’y aura pas de développement sans une justice forte et équitable», a rappelé, d’entrée de jeu, le président Jovenel Moïse, à cette importante rencontre entre les représentants des deux pouvoirs qui ont profité de l’occasion pour discuter du rôle fondamental de la Justice dans la lutte contre l’impunité, la surpopulation carcérale et la corruption qui constitue un obstacle majeur au développement du pays. Pendant les discussions, le président Jovenel Moïse a plaidé pour l’harmonie entre les pouvoirs exécutif et judiciaire, en vue d’apporter des réponses concertées aux problèmes du pays. «Cette rencontre est un message envoyé au peuple haïtien pour signifier que les trois pouvoirs de l’État entendent travailler ensemble pour solutionner les problèmes du pays», a insisté le numéro 1 de la Nation. Cette rencontre vient à point nommé, puisque le magazine Forbes vient de classer Haïti #1 au monde avec la plus grande densité de population carcérale. Les institutions carcérales haïtiennes opéreraient à 454% de leur capacité d’accueil, d’après le classement de l’organisation, relayé par Forbes. En conséquence, ce surpeuplement au niveau des prisons en Haïti donne naissance à un grand nombre de violations quotidiennes des droits de la personne que des instances internationales dont l’ONU et des organisations de défense des droits de l’homme ne cessent de dénoncer. Malnutrition, propagation de maladies, décès sont, entre autres, les réalités auxquelles doivent faire face des dizaines de prisonniers entassés, certaines fois, dans une même cellule. Cet état de fait n’est pas détaché du phénomène de la détention préventive prolongée, quotidiennement dénoncé dans le pays. Il en serait même une résultante, la majorité des prisonniers gardés depuis des années n’étant pas réellement reconnus coupables d’un crime. Dans le document de la WPB, après Haïti vient les Philippines (436,0%), El Salvador (348,2%)… Les États-Unis occupent la 113e place (en matière de surpopulation carcérale) avec environ 2,2 millions de prisonniers, selon le Bureau of Justice Statistics. Sur 100 000 habitants, il a 481 d’incarcérés, au point que, fin 2014, 18 États de la fédération américaine avaient déclaré avoir utilisé plus de 100% de leur capacité.

Aux Philippines, la prison n’est pas non plus le paradis. Le centre carcéral de «Quezon City» par exemple, est construit pour accueillir 262 détenus, alors qu’il en héberge actuellement plus de 3 000, selon un rapport de «ABC News», cité par Forbes.
Altidor Jean Hervé

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