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Le financement des partis divise…

L’administration Moïse-Lafontant commence à faire des heureux au sein des partis politiques. Trois mois de financement dans un seul chèque ont été remis symboliquement à quatre partis politiques, lundi, au cours d’une cérémonie à la Primature. Les chèques des 53 autres organisations politiques, éligibles au financement public sont disponibles au ministère des Finances. Vous êtes responsables d’un parti politique et votre parti a au moins un élu dans n’importe quel poste électif ? Si oui, il y a de l’argent qui vous attend au ministère des Finances. Beaucoup d’argent, selon le nombre d’élus que vous avez eu lors des dernières élections. Pour preuve, le parti au pouvoir, le PHTK, a la part du lion puisqu’il détient le plus grand nombre d’élus au Parlement et dans les collectivités territoriales. Le parti de Jovenel Moïse a donc un chèque de plus de 19,8 millions de gourdes qui l’attend bien au chaud au ministère des Finances.

Ensuite, VERITE a plus de 13,4 millions de gourdes à sa disposition ; KID plus de 10,4 millions de gourdes ; OPL plus de 10 millions de gourdes ; AAA plus de 9,2 millions de gourdes ; Bouclier environ 8,8 millions ; INITE plus de 8,6 millions de gourdes ; Fanmi Lavalas plus de 6 millions de gourdes ; Pitit Dessalines plus de 4,2 millions de gourdes ; LAPEH plus de 4,2 millions de gourdes. Le parti politique ayant le plus petit nombre d’élus, le Parti Fédéraliste avec uniquement un député, a une enveloppe de 597 618 gourdes. Renmen Ayiti, Bouclier, Conscience patriotique et le Mouvement de Solidarité pour l’Avancement du Nord-Ouest d’Haïti (MOSANOH) sont effet les premiers bénéficiaires de ce processus débuté en 2017 et que certains acteurs commençaient à critiquer en raison du retard dans l’émission des chèques.

Le parti Bouclier a reçu environ 8 871 315 gourdes lors de la cérémonie. Pour sa part, Renmen Ayiti a bénéficié d’un montant de 3 235 782 gourdes. Environ 250 millions de gourdes seraient déjà disponibles sur 572 millions prévues, selon les informations de Mathias Pierre, président du comité de suivi pour le financement des partis politiques (COSFIPP). Sur Twitter, il parle de franchissement d’ « une étape importante », dans le cadre de cette démarche que certains acteurs commençaient à critiquer, il y a quelques jours. Prenant la parole lors de la cérémonie au nom du Premier ministre, le Ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, a tenu à rappeler aux représentants des partis politiques que la mise à disposition de l’argent des contribuables requiert également le sens de responsabilité et n’implique nullement une allégeance au gouvernement.

Plus de 10 millions de gourdes sommeillent dans les caisses administratives de l’organisation actuellement. « Nous avons accepté le chèque du financement des partis politiques parce que notre préoccupation a toujours été de trouver les moyens financiers pour la maintenance de notre famille politique », renseigne Yrvelt Chéry, le remplaçant du professeur Sauveur Pierre Etienne à la tête de la coordination de l’OPL depuis janvier 2017. L’ancien sénateur s’insurge contre tous ceux pressés de critiquer vertement les structures qui ont accepté ce financement. « Quand d’autres profitent des caisses de l’État sans scrupule, comme ils veulent, qu’en disent-ils ? » « C’est une bouffée d’oxygène pour les partis qui souhaitent se réorganiser », soutient le coordonnateur. Le coordonnateur s’attaque également aux arguments ‘’farfelus’’ qui veulent noyer les vrais problèmes du pays. « Pour empêcher le décaissement des fonds, ils soutiennent que l’argent devrait être utilisé dans la construction d’hôpitaux, des toilettes modernes pour la population ».


Les organisations politiques Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines refusent d’accepter le financement de l’administration Moïse-Lafontant qui met en application, depuis le 21 janvier dernier, la loi du 16 janvier 2014. Pour ces partis constituant l’opposition radicale au régime en place, il s’agirait d’une tentative de corruption bien pensée par l’équipe au pouvoir, pour faire taire les critiques et les dénonciations. Durcissant leur position, Moïse Jean-Charles et Schiller Louidor mettent au défi quiconque s’aviserait d’obtenir de l’État, de l’argent au nom de leur structure politique. Des 57 partis politiques éligibles à se partager les 571 millions de gourdes, dans le cadre du financement, Pitit Dessalines et Fanmi Lavalas sont les seuls à refuser cet argent. Lors de la cérémonie tenue à la Primature, lundi dernier, le titulaire du ministère de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, avait fait savoir que les fonds refusés par ces Partis seront reversés au Trésor public. Notons que la distribution des chèques par l’État divise la plateforme VERITE. Deux élus de cette structure politique, Antonio Chéramy et Jerry Tardieu prennent leurs distances par rapport aux autres membres qui décident de s’aligner à l’initiative du pouvoir en place.
Emmanuel Saintus

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