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La FASCH sous les bottes…

Les membres du conseil de l’Université d’État d’Haïti ont décidé de transformer les facultés en Commissariats. C’est ce qui semble se dessiner car, à la suite d’une résolution du conseil de l’Université d’État d’Haïti, prise le 27 décembre 2017, demandant une présence policière dans les entités en crise, les agents du Corps d’Intervention et de Maintien de l’Ordre (CIMO), une unité d’élite de la police nationale d’Haïti, ont occupé les locaux de la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), le jeudi 25 janvier 2018. Selon les responsables, cette mesure survient après plusieurs échecs dans le processus de réouverture de la Faculté. Les dirigeants ont réclamé les bras de la PNH pour passer en force contre les étudiants contestataires. Les forces de l’ordre ne peuvent y intervenir sans l’accord du Conseil de l’Université. La responsable administrative, Nora Brutus, dit que « cela ne devrait étonner personne, puisque le Conseil de l’Université avait déjà averti qu’il avait sollicité l’aide de la police ». Ces interventions se feront également à la Faculté d’Ethnologie où les activités sont paralysées, depuis que le doyen, Jean Yves Blot, a percuté un étudiant avec sa voiture, à en croire Mme Brutus.

Féguenson Hermogène, un étudiant, a pris le contre-pied de cette mesure initiée par les responsables de l’université, qui lui rappelle les manœuvres dictatoriales des Duvalier contre l’Université d’État d’Haïti. « Ce n’est pas nouveau. Roger Lafontant plaçait continuellement des milices au sein de l’espace universitaire, dans le but de contrôler ses composantes. Il n’existe pas de trop grandes différences, sinon que « les actuels dirigeants ont préféré faire venir les forces armées de l’extérieur, alors que les espions des Duvalier se cachaient sous un statut d’étudiant », a dit Féguenson Hermogène. Il a fait savoir que ces formes d’intervention se font, non seulement dans le but « de borner l’espace, mais aussi les idées qui s’y dégagent ». C’est la raison pour laquelle l’École Normale, les Facultés des Sciences Humaines et d’Ethnologie sont les entités ciblées, selon lui.

Cette mesure divise la communauté estudiantine. Pour cet étudiant rencontré sur la cour de la Faculté et qui veut garder l’anonymat, il était temps que les responsables passent à l’action. « Seules les forces de l’ordre peuvent apporter une solution à la crise », lance le jeune homme. Selon lui, ces mesures ont été prises avec l’accord du délégué des étudiants, Jean-Pierre Éderson. Il estime que c’est un bon début, puisque « ce ne sont que 19 étudiants qui paralysent le fonctionnement des activités ». Ces mesures ont ravivé ses espoirs, quant à l’avenir de la Faculté, lui à qui il ne manque que quatre (4) cours pour terminer son cursus. « Les étudiants choisissent paisiblement leurs cours, les noms des 19 protestataires sont affichés à l’entrée. Ils sont donc interdits de fouler l’espace » termine-t-il.
Emmanuel Saintus

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