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Carnaval : étonnante mesure contre Sweet Micky…

Les festivités pré carnavalesques battent déjà leur plein dans diverses grandes villes en Haïti. Des milliers de carnavaliers ont pris part au défilé des DJs, notamment dans la capitale, Port-au-Prince, les dimanches 14, 21 et 28 janvier 2018. Toutefois, une étonnante décision a été prise par le comité du carnaval aux Gonaïves, de mettre de côté Sweet Micky, pour des propos malsains et irrévérencieux sur les parcours du carnaval. Cette décision a été confirmée par le président du comité du carnaval à la Cité de l’Indépendance, Réginald Jean-Baptiste, le mercredi 24 janvier 2018. Il a fait savoir que l’éviction de Sweet Micky, le groupe de Michel Martelly, au défilé, a été prise dans l’idée d’organiser dans la municipalité un carnaval sain et sans heurt, qui sera à la hauteur des attentes de la communauté. La nouvelle est tombée après une rencontre qui a eu lieu à la mairie des Gonaïves avec le collectif « Les indépendants » qui ne digère pas la présence du chanteur Martelly sur le parcours. Les citoyens ont fait savoir que ce dernier « n’est pas un bon modèle, il conduit la jeunesse à la dépravation ».

Leur soulèvement a fait tache d’huile. Beaucoup de personnes ont été sensibilisées. Les sponsors, qui devaient payer Sweet Micky et équiper son char, se sont rétractés. Ils estiment que les messages de Michel Martelly vont à l’encontre des valeurs sociales. Réginald Jean-Baptiste a dit que, face aux différents obstacles qui surgissent, le comité se voit obligé de rayer Sweet Micky de la liste. En vue de combler le vide, le choix a été porté sur l’artiste en puissance, Roody Roodboy, qui a déjà fait ses preuves au carnaval de Port-au-Prince. Ce chanteur a rejoint les neuf autres groupes et artistes, dont : Frajil Mizik, Barikad Crew, T-vice, Djakout #1 et Mass Konpa qui animeront le béton les 2, 3 et 4 février prochains. Réginald Jean-Baptiste a confié que tous les groupes retenus ont paraphé leur contrat. De son côté, le maire des Gonaïves, Neil Latortue, dit regretter le fait que le comité du carnaval des Gonaïves ait décidé d’écarter Michel Martelly et son groupe Sweet Micky. « J’ai toujours souhaité la présence de l’ex-président au carnaval des Gonaïves, cette année », a déclaré Neil Latortue.

D’autre part, la Mairie de Port-au-Prince salue tous les milliers de carnavaliers et les DJs qui ont pris part au défilé sur le Champ-de-Mars et aux activités pré-carnavalesques, le dimanche 21 janvier. L’Administration Communale, à travers ses trois (3) Postes Médicaux Avancés (PMA), a rapporté un total de 32 cas de blessures diverses, dont plusieurs par arme blanche, ce qui est nettement supérieur au 5 blessés rapportés lors du premier dimanche. Par ailleurs, après l’amende infligée au DJ Steezy le 14 janvier 2018, deux DJs : Chaloska (DJ Bullet) et Bmix, ont été sanctionnés le dimanche 21 janvier, pour avoir proféré des propos malsains et irrévérencieux sur le parcours, et ont reçu une amende de 50 000 gourdes à acquitter avant la prochaine sortie, s’ils veulent continuer de participer aux activités.

La Mairie rappelle une fois de plus aux DJs et animateurs les accompagnant, que les propos obscènes sont totalement interdits sur le parcours du carnaval et que tout contrevenant sera sanctionné. Par ailleurs, elle rappelle que les véhicules non-autorisés ne peuvent pas circuler dans le parcours. Les véhicules garés à l’intérieur du parcours du défilé, ne seront autorisés à se déplacer qu’après le passage du dernier char musical. La même restriction s’applique aux marchands ambulants, ces derniers doivent être stationnaires. En plus, le vendredi 19 janvier, la Mairie de Port-au-Prince avait tenu une importante réunion avec les Disc Jokeys (DJs) autorisés à défiler durant la période pré-carnavalesque dans la commune.
Cette réunion qui avait été présidée par Mme Anne-René Louis, la Directrice Générale de la Mairie, a été l’occasion de rappeler une fois de plus que les propos obscènes demeuraient strictement interdits sur tout le parcours, sous peine d’amende allant jusqu’à l’exclusion totale des activités pré-carnavalesques pendant au moins 3 ans. Les deux DJs qui avaient enfreint les règlements institués par la Mairie de Port-au-Prince : DJ Bullet de Chaloska et Bmix, ont régularisé leur situation en payant leur amende et ont présenté leurs excuses envers les organisateurs, leurs fans et le public, pour les propos vulgaires. Mme Anne-René Louis a rappelé aux DJs participants que ces règles restent et demeurent les mêmes pour tous, et rappelle également à ceux qui ont déjà transgressé les règles, qu’une prochaine amende les éliminera du défilé.

Entre-temps, le Comité du Carnaval du Cap-Haïtien et les responsables départementaux ont réalisé une rencontre de planification au bureau régional du ministère du Tourisme, le vendredi 26 janvier 2018. Les échanges portaient sur la sécurité, l’assainissement et la participation citoyenne. En plus, les festivités carnavalesques 2018 au Cap-Haïtien vont bon train. La construction du stand officiel devant l’Hôtel de ville est à 65 % finalisée, le projet du Carnaval avait été déjà envoyé à Port-au-Prince, accusant ainsi un budget de 38 millions de gourdes. Le Comité Local du Carnaval a déjà travaillé sur la programmation et le marketing des festivités.

Emmanuel Saintus

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